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ECONOMIE

Le Maroc, 5e destination préférée des jeunes ingénieurs français

Opportunités économiques, proximité et dispositif incitatif expliquent le choix des jeunes diplômés.

Le Maroc, 5e destination préférée des jeunes ingénieurs français
Jamal Amiar
Le 5 février 2015 à 12h19 | Modifié 5 février 2015 à 12h19

Sur 3.000 ingénieurs français nouveaux diplômés chaque année, plus de 3,9% d’entre eux choisissent de travailler au Maroc pour deux ou quatre ans, voire plus longtemps. 3,7% choisissent la Chine, 3,1% le Canada, 2,7% l’Espagne et 2,5% le Brésil. Le Maroc est, de très loin, la première destination des jeunes ingénieurs français au sud de la Méditerranée et au Moyen-Orient.

Signe de l’attractivité importante des chantiers marocains pour les jeunes Français, ils sont également plus nombreux à choisir Casablanca, Tanger ou Marrakech que Rio, New Delhi, Barcelone, Shanghai ou Montréal.

Toutefois, le Maroc n’est qu’en 5e position après l’Allemagne, la Suisse, le Royaume-Uni et la Californie qui constituent les quatre premières destinations des ingénieurs français à l’étranger selon des chiffres communiqué par la Conférence des Grandes Ecoles (CGE) et l’association Ingénieurs et Scientifiques de France (IESF).

Selon la CGE sur 770.000 ingénieurs diplômés d’écoles françaises en 2013, 117.000 exerçaient à l’étranger.

Selon des cadres français établis sur la région de Tanger, « la diversité industrielle, la proximité géographique et culturelle, le niveau de vie modéré, la beauté et la diversité du pays ainsi que des conditions matérielles légèrement meilleures que pour le même emploi en France » constituent les facteurs classiques du choix du Maroc.

Pour Baptiste Portebois de la société ER-Ingénierie, « nous nous sommes installés au Maroc pour saisir les opportunités dans le secteur automobile ». « Nous faisons des machines sur mesure. Nous les concevons, les fabriquons, les testons, les installons chez le client et formons le personnel ».

ER-Ingénierie est présente à Nancy et à Tanger emploie 45 personnes pour un chiffre d’affaires de 5 M d’euros en 2013. Tous ses ingénieurs marocains sont aussi formés à l’usine de Nancy.

Arrivé à Tanger en 2013 pour créer la filiale marocaine d’ET-Ingénierie,  Baptiste Portebois rejoindra le siège lorrain en juin prochain. En 24 mois, il aura recruté, démarché des clients et cherché des partenaires et des fournisseurs.

Le cœur de métier d’ER-Ingénierie est l’électricité industrielle, les automatismes, l’informatique industrielle, la mécanique des fluides et la robotique.

Tout le monde y trouve son compte

Ce que l’on sait moins, c’est que l’expatriation des ingénieurs français pour une durée d’un,  deux ans ou quatre ans est encouragée par les pouvoirs publics français et les entreprises du CAC 40 mais pas seulement. La majorité de ces contrats relèvent du volontariat international en entreprise (VIE) qui est rémunéré.

Ainsi, une source de la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc (CFCIM) explique à Médias 24 qu’Ubifrance est chargée de gérer des contrats de 12 ou 24 mois renouvelables une fois. Leur nombre est illimité et tout le monde y trouve son compte.

Ubifrance est un organisme public français chargé de soutenir les entreprises de l’Hexagone dans leurs initiatives et projets à l’export.

Si la France reste le premier partenaire économique du Maroc, il faut également savoir que la CFCIM est la première chambre de commerce française à l’étranger en ancienneté,  en nombre de membres et en activités.

Ainsi,  le nouveau diplômé trouve un emploi a l’international, ce qui constitue un plus ; ensuite il apporte son expertise à une entreprise française ou marocaine installée au Maroc et contribue à la formation des jeunes salariés et techniciens embauchés localement.

Les entreprises françaises installées au Maroc qui emploie des ingénieurs sous contrat Ubifrance bénéficient également d’avantages fiscaux côté français. Au Maroc, c’est la CFCIM et Ubifrance qui gèrent ces contrats.

Le jeune ingénieur qui débute avec un tel contrat touchera au maximum 25.000 euros sur 13 mois avec en général des indemnités de transport et/ou de logement de la part de son employeur. Ces salaires sont de 30 à 50% moins importants qu’un premier emploi ou deuxième emploi en France.

Reste à trouver un job en France sans compter le bénéfice d’une expérience internationale.

A titre de comparaison un ingénieur avec plus de 15 ans d’expérience que Veolia ou Bouygues expatrieraient au Maroc pour deux ou quatre ans reviendrait à au moins 60.000 euros par an

L’autre tendance dans le chapitre de l’engouement des ingénieurs français pour le Maroc réside dans la création de sociétés d’ingénierie au Maroc par des cadres français ou marocains. Le Maroc connaissant un déficit chronique en nombre d’ingénieurs formés, l’appel à des Français est indispensable.

Depuis plus de 50 ans, ingénieurs marocains et français ont également appris à se connaître. Outre les fréquentations communes à X, Ponts, Arts et Métiers, Supelec ou dans les classes préparatoires, les lauréats des écoles Hassania et Mohammadia ont la possibilité de poursuivre leur formation à Paris ou ailleurs en province. Au-delà du business, la proximité culturelle et  l’« interculturalité » restent un atout majeur dans le bon fonctionnement de tout processus d’échange.

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Jamal Amiar
Le 5 février 2015 à 12h19

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