Le FMI demande au Maroc plus de réformes et de compétitivité
Première revue des résultats économiques du Maroc dans le cadre de la Ligne de précaution. Satisfecit mesuré du FMI.
Le 6 février, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé la première revue des résultats économiques que le Maroc a obtenus dans le cadre d’un programme appuyé par un accord de 24 mois au titre de la ligne de précaution et de liquidité (LPL).
Pour pérenniser les gains récents dans les domaines du budget et des déficits extérieurs, le FMI considère qu’il reste“prioritaire d’exécuter des réformes structurelles visant à rehausser la compétitivité“. Un assouplissement du régime de change est également recommandé, ainsi que de continuer la réforme du marché du travail et faire aboutir celle des retraites.
L’accord au titre de la LPL a été approuvé en juillet 2014 pour un montant équivalent à environ 5 milliards de dollars, ou 550 % de la quote-part du Maroc au FMI. Le premier accord biennal LPL en faveur du Maroc avait été approuvé le 2 août 2012.
Les autorités marocaines ont déclaré qu’elles considéreront cet accord comme un accord de précaution, comme elles l’avaient fait avec l’accord LPL de 2012, et qu’elles n’ont pas l’intention d’effectuer de tirage au titre de l’accord à moins que le pays soit confronté à un besoin de financement de la balance des paiements à cause d’une détérioration notable des conditions extérieures.
La LPL a été mise en place en 2011 de manière à répondre plus souplement aux besoins de liquidités de pays membres qui affichent des paramètres économiques fondamentaux solides et de bons antécédents en matière d’exécution de la politique économique, mais qui restent vulnérables.
À la suite des débats du Conseil d’administration sur le Maroc, Naoyuki Shinohara, Directeur général adjoint du FMI et Président par intérim du Conseil d’administration, a fait la déclaration suivante :
«En dépit des vents contraires en provenance de l’environnement extérieur, l’action résolue des autorités a contribué à rééquilibrer l’économie marocaine et à réduire la vulnérabilité budgétaire et extérieure. Néanmoins, il subsiste des risques extérieurs considérables, et il est essentiel d’exécuter les réformes de manière soutenue pour consolider la stabilité macroéconomique, ainsi qu’accélérer la croissance et mieux en partager les bienfaits. L’accord au titre de la LPL, que les autorités considèrent comme un accord de précaution, a contribué aux efforts déployés par les autorités en offrant une assurance contre ces risques.
«Le déficit budgétaire a diminué en 2014, pour atteindre 4,9 % du PIB, soit l’objectif fixé par les autorités. Des progrès louables ont été réalisés dans la réforme des subventions, avec l’élimination des subventions à tous les produits pétroliers liquides, tandis que l’aide accordée aux populations les plus vulnérables a été accrue. La nouvelle loi organique relative à la loi de finances devrait renforcer le cadre budgétaire lorsque les commentaires du Conseil constitutionnel auront été pris en compte. Il est urgent d’opérer la réforme paramétrique du régime de retraite public pour en assurer la viabilité. Il est important aussi de poursuivre la réforme fiscale pour accroître la contribution du secteur budgétaire à la croissance.
«Le déficit des transactions extérieures courantes s’est contracté sensiblement en 2014, tandis que les réserves de change ont augmenté, profitant principalement de l’expansion des secteurs exportateurs développés récemment et d’une évolution favorable des termes de l’échange après la baisse des prix internationaux du pétrole. Pour pérenniser ces gains, il reste prioritaire d’exécuter des réformes structurelles visant à rehausser la compétitivité. Un assouplissement du régime de change serait utile aussi. Le climat des affaires s’est amélioré, mais il reste beaucoup à faire pour améliorer la transparence et la gouvernance. La nouvelle loi bancaire vient à point nommé pour pérenniser la solidité du secteur bancaire. Il convient de continuer de réformer le marché du travail pour faire reculer le chômage.»
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