Le label terroir “Made in Morocco” tente un positionnement délicat à l'international
Le pari du marché international semble plus que jamais d'actualité pour les produits de terroir, cette gamme d'ingrédients typiquement marocains ancrés dans les traditions séculaires de la société.
Huile d'argan, Safran, poterie, eau de rose et savon noir sont des dons purs de la terre qui arrivent à franchir la frontière après, souvent, un patient travail de labellisation et de certification, non sans difficultés.
C'est un constat qu'on peut dresser au sein de la plus grande foire commerciale de suisse qui s'est ouverte vendredi à Bâle (nord), où une quinzaine d'exposants marocains font la promotion de leurs "marques" auprès d'une clientèle très sensible à la qualité.
"Notre marchandise est plutôt bienvenue chez des Suisses clairement passionnés des produits tirés de la pure nature", estime Asmaâ Gouraich, directrice d'une société casablancaise spécialisée dans la production et la commercialisation de produits de terroir et dérivés.
A l'entrée du Salon, le visiteur ne peut rester indifférent face à ses échantillons présentés d'articles cosmétiques bio, tirés de l'arganier, du cactus et de l'eau de rose.
De l'avis de Mme Gouraich, l'on peut mesurer dans une foire à l'étranger à quel point le marketing et la publicité jouent un rôle déterminant dans toute action de fidélisation. "C'est un défi assez compliqué qui demande beaucoup de moyens", a-t-elle déclaré à la MAP.
A juste titre, l'accès régulier au marché international et la régularité de l'approvisionnement requièrent des filières structurées autour de plateformes logistiques qui soient en mesure de pallier la faible capacité de production et de stockage des coopératives.
"Une fois la matière première assurée en quantités suffisantes, on doit se pencher sur le casse-tête de la certification", un processus laborieux souvent associé à la labellisation d'un produit selon une démarche scientifique approfondie, note Mme Gouraich.
Mais, à ses yeux, c'est sur le marché que s'engage le véritable combat pour la survie du label, celui de gagner la confiance d'une clientèle qui, comme en Suisse, se montre le plus souvent méfiante à l'égard d'objets aussi authentiques que sont les produits de terroir.
Juste en face, se dresse le stand de la société Jardin d'Oléane, basée à Bouskoura qu'est le premier fabriquant marocain de cosmétiques bio à être certifié Halal, ce label très sollicité à l'échelle surtout du Moyen-Orient.
Son directeur Salim Benjelloun se dit "confiant dans la capacité du label terroir du Royaume à se tailler une place de choix sur le marché international tant que l'on respecte les normes de qualité".
"Si on a un produit naturel de terroir fabriqué sous système de certification BPF, en vigueur au Maroc, il n'y a pas de risque pour les producteurs", soutient-il. C'est, selon lui, une condition sine qua none pour qu'un produit puisse traverser les frontières, d'autant plus que le client exige partout qu'une telle marchandise soit certifiée.
Il déplore toutefois que "le marché local regorge encore d'une multitude de produits avec plusieurs niveaux de prix, en dehors de tout contrôle et sans respect des normes de la qualité". "Des gens vendent parfois des produits sans mention des ingrédients sur l'emballage et, dans le cas contraire, on y trouve même de fausses interprétations", précise-t-il.
Toujours est-il que les exposants marocains tirent un bilan positif des trois premiers jours de contact direct avec des clients suisses et européens dans la plus vielle foire grand public de la confédération helvétique.
Au cœur du pavillon marocain de 500 m2, une société pionnière dans la production et la commercialisation du safran de Taliouine (région de Taroudant) fait sensation auprès du public par la présentation novatrice et esthétique de ses filaments d'"or rouge" authentique, avec à la clé un thé vert aux multiples avantages médicinaux.
Force est de constater l'engouement particulier des visiteurs pour le safran dont le prix varie entre 2,30 euros/le gramme en vrac et plus de six euros/le gramme emballé.
A l'échelle nationale, le ministère de l'Agriculture entreprend depuis des années un ambitieux projet visant à organiser les coopératives en groupements d'intérêt économique (GIE) qui sont à leur tour incités à s'ériger en consortiums pour pouvoir exporter leurs produits de terroir, mais aussi les écouler sur le marché local.
Par Abdellah Chahboun (MAP)
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