Les deux nouvelles ambitions de Tanger
Une place financière et une bourse des matières premières: le Centre régional de l’investissement (CRI) de Tanger a lancé cette semaine deux appels d’offres qui ne laissent pas indifférents.
L’un porte sur une «étude de benchmarking du positionnement financier de la ville de Tanger», le second concerne une « étude d’opportunité pour la création d’une place des matières premières».
Le premier marché 03/CRITT/2015 est une étude de benchmarking. Son objectif est de «construire un écosystème complet» autour d’entreprises financières, des prestataires de services professionnels, de sièges de multinationales et de holdings. Il s’agit de «drainer les investissements étrangers et en particulier ceux du Golfe» et de spécialiser la place de Tanger sur la région MENA, Moyen-Orient et Afrique du Nord.
Des sources proches du dossier, prudentes, précisent à Médias 24 qu’«il s’agit d’une étude de benchmarking, d’un comparatif, et pas d’une décision de créer une nouvelle place financière marocaine».
L’analyse économique contenue dans le dossier du CRI reste approximative. Extrait: «La région [MENA] a connu une croissance instable lors de ces dernières années. Les bonnes performances sont principalement réalisées par uniquement quatre pays de la région à savoir, l’Arabie saoudite, la République islamique d’Iran, l’Algérie et les Emirats arabes unis».
Dans la section «contexte et enjeux de l’étude», le document rappelle les efforts du Maroc en la matière qui datent de plus de 20 ans depuis la loi 58-90 (Bulletin officiel du 18 mars 1992) portant création de «la place financière offshore de Tanger».
La «place financière offshore de Tanger» avait vu la création de plusieurs entités bancaires offshore dans les années 1990 avant qu’elle ne rétrécisse et renaisse à Casablanca.
Malgré cela, un embryon de place financière continue d’exister sur Tanger. Pour accompagner les activités de la Tanger Free Zone, les banques marocaines de la TFZ disposent des moyens réglementaires pour travailler avec leurs clients.
L’étude de benchmarking vise à cerner jusqu’où les autorités marocaines pourrait développer la place de Tanger alors que celle de Casablanca commence à prendre forme. L’idée est d’y adosser une activité de négoce international de matières premières vue la proximité du port de Tanger-Med, la place de l’Afrique dans le commerce des matières brutes et la croissante présence bancaire marocaine au sud du Sahara. La présence bancaire marocaine au sud du Sahara constitue également un atout.
Matières premières: objectif Afrique
Le marché 04/CRITT/2015 a pour objectif la réalisation «d’une étude d’opportunité pour la création d’une place des matières premières à Tanger».
Son objet est de «dresser un état des lieux des marchés des matières premières mondiaux avant d’élaborer un benchmark des principales expériences récentes avec un focus sur le continent africain».
Dans cette optique, il s’agirait de prendre des parts de marché du négoce international des matières premières africaines contrôlées par des entreprises anglo-saxonnes, françaises et suisses. En Afrique, seule Johannesburg dispose d’une bourse des matières premières.
Comme à Genève, à Londres, à New York ou encore à Chicago, les bourses de matières premières sont toujours adossées à des places financières puissantes. Ces bourses se trouvent également où sont les grands marchés de consommation et de production mondiaux ou régionaux. Londres, New York ou Johannesburg en font partie. La construction de ces places boursières remonte à deux, voire trois siècles.
L’étude pour la création d’une place des matières premières à Tanger dira si l’opportunité existe ou pas. Si c’est trop tôt, l’étude devrait fournir des pistes pour concrétiser le projet à terme.
Tant pour la place financière que pour la bourse des matières premières, les dossiers des soumissionnaires sont attendus fin mars, respectivement le 25 et le 31.
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