Dialogue social. Comment la commission du secteur privé a démarré ses travaux
Une commission tripartite a réuni lundi 9 mars la CGEM et trois syndicats qui ont exposé leurs doléances relatives aux travailleurs du secteur privé. Abdeslam Seddiki, président de séance et ministre de l’emploi les arbitrera lors du prochain round de négociations qui aura lieu lundi 16 mars.
Dans le cadre de la reprise du dialogue social, 4 commissions avaient été créées pour avancer sur les dossiers des retraites, de la fonction publique, du secteur privé et des libertés syndicales.
La commission du secteur privé qui a démarré lundi 9 mars a permis à chacun des participants d’exposer ses priorités. Dans le détail, elle rassemblait le patronat, les fédérations de chambres de commerce, les syndicats UMT, CDT, FDT courant Azzouzi et le ministre de l’emploi Abdeslam Seddiki.
La difficulté de cette première réunion suivie de deux autres était de déterminer un ordre du jour et une méthodologie de travail acceptée par tous. Un brainstorming qui doit baliser la route des futures réunions.
Du côté syndical, les revendications des centrales sont les mêmes que celles qu’elles avaient adressées par courrier au chef du gouvernement. Les centrales ont établi une shortlist mettant en avant 4 volets principaux:
- Concrétiser par un timing précis les dispositions inappliquées de l’accord du 26/4/2011
- La révision à la hausse de tous les revenus salariaux et pas seulement du SMIC privé.
- Révision immédiate de l’arsenal législatif (article 288 du code pénal) qui prévoit des peines privatives de prison dans certains cas d’exercice du droit de grève
- Ratification d’urgence par le Maroc de la convention n°87 du bureau international du travail (BIT) qui énonce les libertés syndicales.
Joint par notre rédaction, un membre du patronat présent déclare qu’il n’y a pas eu de tensions entre les participants même si les priorités diffèrent selon que l’on soit du côté de la CGEM ou syndical.
Pour notre interlocuteur, la CGEM veut avant toute chose s’attaquer au chantier des lois qui doivent être «mieux ficelées en étant actualisées». Les revendications syndicales sur la hausse des salaires ne pourront être priorisées qu’après car «une fois les règles du jeu établies, tout viendra tout seul».
La CGEM insiste sur le traitement de 4 dossiers dans le cadre de cette commission du secteur privé :
- Réviser la loi qui réglemente le droit de grève. (Ex : les grèves sauvages qui impactent négativement l’activité économique des entreprises marocaines et étrangères). La CGEM a déposé une proposition dans ce sens même si les syndicats sont pour l’instant contre.
- Le patronat réclame une loi pour réglementer les organisations syndicales. Sur un total de 35 syndicats, seuls 5 sont des interlocuteurs crédibles de la CGEM et les autres sont inorganisés.
- Amendements du code du travail : La CGEM a édité un guide pratique sur les points qui lui posent problème. L’exemple le plus important est le «cumul injuste et pénalisant des indemnités» (chômage et licenciement) en cas de conflit employeur-employé.
- Nécessaire révision du coût du travail pour être plus compétitif à l’international : La CGEM réclame la baisse des charges salariales, des impôts et l’instauration d’une TVA sociale.
Mardi 10 mars, une 2e réunion avec les mêmes intervenants était prévue avec le syndicat UGTM et la FDT courant Fatihi alors que la 3e aura lieu mercredi 11 mars en présence du syndicat UNMT.
Le 1e round finira donc mercredi. La 2e session de cette réunion consacrée aux revendications patronales et syndicales pour les travailleurs du secteur privé débutera lundi 16 mars prochain.
La CGEM a fait part au ministre de l’emploi qui préside cette commission de sa préoccupation et de la nécessité qu’il trouve des propositions concrètes et adaptées car «le régulateur, c’est l’Etat».
Si rien n’est fait, la CGEM menace à son tour de se retirer du dialogue social car «la balle est désormais dans le camp de l’Etat qui doit tracer une ligne médiane pour contenter tout le monde».
Les positions du patronat et des centrales syndicales ne sont en effet pas nouvelles car rien de concret n’a été réalisé depuis l’accord en suspens du 26 avril 2011 sinon «tourner autour du pot», selon notre source.
À découvrir
à lire aussi
Article : Échanges extérieurs : hausse des importations des biens d’équipement de 10,2 MMDH à fin mars 2026 par rapport à 2025
À fin mars 2026, les échanges extérieurs du Maroc ont été marqués par une hausse des importations de biens d’équipement de 10,2 milliards de DH par rapport à fin mars 2025, tandis que les exportations du secteur automobile ont progressé de 12,1%. Détails.
Article : IDE : les recettes reculent de 13,1% par rapport à fin mars 2025
DATA. À fin mars 2026, les recettes IDE se sont établies à 12,12 MMDH, en baisse de 13,1% par rapport à fin mars 2025.
Article : Mondial 2026 : Youssef Amrani visite les stades où jouera le Maroc
L’ambassadeur du Maroc aux États-Unis, Youssef Amrani, a effectué une tournée diplomatique en Géorgie et dans le Massachusetts. Entre préparatifs de la Coupe du monde de football 2026 et renforcement des alliances économiques, cette visite marque une nouvelle étape dans la "diplomatie de proximité" entre Rabat et les grandes métropoles américaines.
Article : Sahara marocain : l’Allemagne réaffirme son soutien à l’initiative d’autonomie et la juge “sérieuse et crédible”
À l’issue du dialogue stratégique Maroc-Allemagne tenu à Rabat, Berlin a réaffirmé son soutien à l’Initiative marocaine d’autonomie, jugée "sérieuse et crédible" pour le règlement du dossier du Sahara, estimant qu’une "véritable autonomie sous souveraineté marocaine" constitue l’option la plus réaliste, tout en annonçant son engagement à agir en cohérence sur les plans diplomatique et économique.
Article : Hydrogène vert : l'écart entre ambition et exécution des projets en débat à Fès
À l'Université Euromed de Fès, le cluster marocain de l'hydrogène vert (Green H2) a réuni experts, industriels et académiques autour des enjeux et défis de la filière, avec un focus sur ses deux produits stratégiques que sont le méthanol et l'ammoniac verts.
Article : Recettes voyages : hausse de 23,5% à fin mars 2026
Les recettes voyages ont atteint 31 MMDH à fin mars 2026, en hausse de 23,5% sur un an, selon les données provisoires de l’Office des changes.