La croissance du crédit immobilier a fortement baissé depuis 2008
Dans la foulée des déclarations de Mohamed Boussaid sur la résilience de l’économie marocaine, une étude approfondie du crédit bancaire au Maroc montre au moins que si le système financier a tenu le coup jusqu’à présent.
L’évolution des composantes individuelles du crédit montre qu’il y a eu un phénomène assez proche du dégonflement d’une bulle: une bulle immobilière et une autre de crédit de consommation.

La baisse la plus importante aura certainement été celle du crédit immobilier, dont la croissance est passée d’une moyenne robuste à deux chiffres, à moins de 10% et sa baisse a été plus rapide que l’ensemble du crédit bancaire, et y a contribué largement.
L’autre aspect de la "stagnation monétaire" est la hausse rapide de la croissance des créances en souffrance, un signal clair que le choc mondial s’est propagé d’une manière pernicieuse dans le circuit monétaire de l’économie domestique.
L’effet crise mondiale s’est concentré sur trois composantes du crédit : l’évolution post-2008 des créances en souffrance peut être expliquée presque entièrement par le choc négatif de l’époque, comptant près de 5 points de croissance des 6.83 points de croissance moyenne observée depuis septembre 2008.
Le même traitement permet d’attribuer 23% et 30% de la baisse respective du taux de croissance des crédits client et immobiliers sur la même période.

Pour avoir une idée plus précise de l’impact du Credit Crunch sur l’économie marocaine, le graphe précédant illustre l’évolution en glissement annuel du taux de croissance du crédit bancaire, et les contributions propres de chaque composante économique: chaque composante bancaire est apurée des contributions croisées de ses paires, ce qui donne une idée plus précise des moteurs principaux derrière la décélération de la croissance du crédit dès fin 2008.
La contribution des crédits immobiliers à la rapide hausse qui a marqué la période 2003-2008 a été principalement portée par le boom immobilier. Les crédits à l’équipement semblent quant à eux simplement suivre par effet mécanique, tout comme les crédits à la consommation, à moindre mesure.

Le FMI n’a eu cesse de chanter les louanges de la robustesse du système financier marocain, qui a pu survivre grâce à une régulation efficace de la banque centrale et des autorités financières, mais aussi grâce à son exposition minime aux grands flux financiers mondiaux.
Cette résilience par défaut n’a cependant pas permis au circuit monétaire du pays à entamer un atterrissage en douceur, notamment avec sa composante immobilière, dont les taux de croissance proprement exponentiels ont été freinés brutalement dès septembre 2007.
Ce qui aurait pu être un choc mineur d’ajustement du crédit immobilier s’est transformé petit à petit en une stagnation permanente, avec des crédits qui réalisent à peine les moyennes de croissance observées en 2002 et 2003, les plus basses de la période 2001-2014 : la croissance moyenne des deux dernières années ne dépasse pas les 3%, alors même que le crédit bancaire pouvait réaliser le double sans l’effet de la crise, et sans l’effet de propagation de l’affaissement brutal de la croissance du crédit immobilier.

L’alignement parfait des planètes que sont les perspectives de croissance pour 2015, l’allègement de la facture énergétique et la prise de conscience des limites du modèle de croissance permettent certainement de trouver de nouveaux moteurs de croissance du crédit, plus équilibrés et moins susceptibles à des phénomènes de bulle spéculative comme le secteur immobilier. Mais d’un autre côté, le secteur immobilier est fortement créateur d’emplois et en cas de défaut de paiement, il y a un risque systémique qui menace tout le secteur bancaire.
À découvrir
à lire aussi
Article : Échanges extérieurs : hausse des importations des biens d’équipement de 10,2 MMDH à fin mars 2026 par rapport à 2025
À fin mars 2026, les échanges extérieurs du Maroc ont été marqués par une hausse des importations de biens d’équipement de 10,2 milliards de DH par rapport à fin mars 2025, tandis que les exportations du secteur automobile ont progressé de 12,1%. Détails.
Article : IDE : les recettes reculent de 13,1% par rapport à fin mars 2025
DATA. À fin mars 2026, les recettes IDE se sont établies à 12,12 MMDH, en baisse de 13,1% par rapport à fin mars 2025.
Article : Mondial 2026 : Youssef Amrani visite les stades où jouera le Maroc
L’ambassadeur du Maroc aux États-Unis, Youssef Amrani, a effectué une tournée diplomatique en Géorgie et dans le Massachusetts. Entre préparatifs de la Coupe du monde de football 2026 et renforcement des alliances économiques, cette visite marque une nouvelle étape dans la "diplomatie de proximité" entre Rabat et les grandes métropoles américaines.
Article : Sahara marocain : l’Allemagne réaffirme son soutien à l’initiative d’autonomie et la juge “sérieuse et crédible”
À l’issue du dialogue stratégique Maroc-Allemagne tenu à Rabat, Berlin a réaffirmé son soutien à l’Initiative marocaine d’autonomie, jugée "sérieuse et crédible" pour le règlement du dossier du Sahara, estimant qu’une "véritable autonomie sous souveraineté marocaine" constitue l’option la plus réaliste, tout en annonçant son engagement à agir en cohérence sur les plans diplomatique et économique.
Article : Hydrogène vert : l'écart entre ambition et exécution des projets en débat à Fès
À l'Université Euromed de Fès, le cluster marocain de l'hydrogène vert (Green H2) a réuni experts, industriels et académiques autour des enjeux et défis de la filière, avec un focus sur ses deux produits stratégiques que sont le méthanol et l'ammoniac verts.
Article : Recettes voyages : hausse de 23,5% à fin mars 2026
Les recettes voyages ont atteint 31 MMDH à fin mars 2026, en hausse de 23,5% sur un an, selon les données provisoires de l’Office des changes.