La longue route de l’or bleu vers Casablanca
La capitale économique, premier consommateur d’eau du Maroc, est dépourvue de sources proches, d’où un long parcours depuis l’Oum Errabia et le Bouregreg.
D’où vient l’eau qui coule des robinets des Casablancais ? Pour y répondre, Médias 24 est allé à la recherche des sources qui alimentent la capitale économique. Pour se rendre compte, chose peu connue, que Casablanca est dépourvue de sources proches, et que l’eau potable doit donc effectuer un parcours particulièrement long.
Casablanca est tributaire de 2 sources situées au sud et au nord avec des amenées d’eau lointaines de 80 km provenant des barrages de Sidi Mohamed Benabdellah (Rabat), alimenté par le Bouregreg, et de Sidi Maachou, alimenté par l’Oum Errabia.
C’est le producteur national (ONEE) qui prélève l’eau des barrages avant de la rendre propre à la consommation grâce aux processus de décantation, de filtration, de désinfection et de purification.
L’ONEE l’achemine ensuite vers Casablanca via son réseau d’adduction composé de tuyaux d’un diamètre compris entre 1,2 mètre et 2 mètres.
« Une fois arrivée dans le périmètre urbain casablancais, la Lydec prend possession de cette eau et la stocke dans ses 29 têtes de réseaux avant de la désinfecter puis de la distribuer au client final » explique Nourredine Elamarti, directeur adjoint du département exploitation eau et assainissement de la Lydec.
533.000 m3 d'eau consommés chaque jour
L'un de ces réservoirs, situé à Ben Msick, dispose d’une cuve de 115.000 m3 d’eau qui en fait la capacité de stockage la plus importante du continent africain.
Les têtes de réseau permettent d’alimenter en eau la région du grand Casablanca pendant 28 heures. Cette sécurité est censée faire face à l’arrêt simultané peu probable des 29 cuves toutes mutualisées.
Leur autonomie totale de stock de l’ordre qui est de 624.300 mètres cube/jour assure largement la consommation moyenne journalière casablancaise estimée à 533.000 m3.
Ainsi, même en cas de panne généralisée, il reste de quoi alimenter les foyers de consommation, le temps d’effectuer les réparations.
Pour éviter ce genre de désagrément, la construction par l’ONEE d’une 3e amenée est en cours afin de garantir l’alimentation d’une ville s’étendant sur 20.000 hectares et 50 hectares de littoral.
Au niveau du Maroc, la Lydec assure 37% de la distribution totale d’eau vu qu’elle dessert la ville qui rassemble le plus grand nombre de foyers privés, d’opérateurs économiques et d’administration.
En 2014, la société a injecté 194 millions de m3 d’eau dans les robinets casablancais.
Afin d’acheminer l’eau vers ses consommateurs finaux, le délégataire dispose d’un réseau de 5.300 km de canalisations desservant 1 million de foyers connectés soit près de 4 millions d’habitants.
La bonne alimentation des clients raccordés est soumise aux 24 stations de pompage car si la gravité au niveau de la mer est de zéro mètre, la dénivellation atteint jusqu’à 240 mètres au sud de la ville.
La chasse aux fuites porte ses fruits
A son arrivée à Casablanca en 1997, le rendement du réseau de distribution de la Lydec était de 64% ce qui veut dire que 36% de l’eau qu’elle était censée livrer à ses clients se perdait sur sa route.
La faute aux fuites invisibles qui entrainent une déperdition générant un gros manque à gagner pour le délégataire et des pertes hydriques nuisant à l’écosystème marocain.
A fin 2014, ce rendement est passé à un taux 76% ce qui a permis d’économiser 38 millions de mètres cube d’eau par rapport à l’année 1997. Ce gain représente l’équivalent de la consommation annuelle d’une ville d’un million d’habitants comme El Jadida.
Afin d’expliquer ce phénomène récurrent de pertes, le délégataire avance que nulle part dans le monde, il n’existe de réseau de distribution qui ne soit pas soumis au phénomène de fuites.
Un réseau neuf atteint 90% de rendement à son démarrage mais le cycle de vie des tuyaux n’est pas éternel car quand il pleut ou qu’il fait chaud, les mouvements du sol déstabilisent les joints et la connectique des conduites
L’année écoulée, 20.000 fuites ont été détectées et réparées et l’enveloppe budgétaire pour rénover le réseau vieillissant avoisinait les 400 MDH. De 1997 à 2014, le distributeur a investi pas moins de 4 MMDH pour le mettre à jour.
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