Conjoncture. 2015 démarre avec un bon premier trimestre
Selon la note trimestrielle de conjoncture du HCP, la croissance économique nationale a été de 4,4% au premier trimestre 2015, au lieu de +1,8% un trimestre plus tôt, portée par une amélioration de 12,3% de la valeur ajoutée agricole.
De leur côté, les activités hors agriculture auraient connu une progression de 3,2%, en glissement annuel, tirées par les branches tertiaires hors tourisme. Au deuxième trimestre, la valeur ajoutée hors agriculture croîtrait de 3,3% et celle de l’agriculture de 12,9%, situant, ainsi, la croissance économique globale à 4,6%.
Au final, le HCP estime la croissance du 1er trimestre à 4,4% et prévoit pour le second semestre, 4,6%.
Amélioration de la demande extérieure au premier trimestre 2015
Au premier trimestre 2015, le commerce mondial se serait affermi de 5% en variation annuelle, au premier trimestre 2015, favorisant une amélioration de 4,9% de la demande mondiale adressée au Maroc.
Exportations nationales: +10,9% au 1er semestre: Elles auraient continué de s’améliorer au premier trimestre 2015, profitant de l’orientation favorable de la demande étrangère adressée au Maroc. Ainsi et après avoir clôturé l’année 2014 avec une croissance de 8,3%, les exportations se seraient accrues de 10,9% en variation annuelle, bénéficiant de l’orientation positive du secteur de l’automobile, dans ses segments construction et câblage électrique, suivi du secteur textile dans sa branche confection et bonneterie, puis du secteur agroalimentaire. Les expéditions des phosphates et leurs dérivés auraient, quant à elles, tiré profit de l’effet prix à l’export, consécutivement à la hausse de leurs cours sur le marché mondial.
Importations: -16,6% au 1er trimestre: Ellesauraient reflué, enregistrant un repli estimé à 16,6%, en glissement annuel. Cette baisse aurait concerné particulièrement les acquisitions des biens énergétiques et alimentaires. La facture énergétique se serait, ainsi, allégée de près de 48%, en liaison avec l’apaisement des cours mondiaux de pétrole (53,9$, au lieu de 102$ et 76$ respectivement aux troisième et quatrième trimestres 2014). Les importations hors énergie se seraient, également, inscrites en baisse, tirées par le recul des acquisitions des produits alimentaires (blé et sucre) et, dans une moindre mesure, par celles des biens de consommation (voitures de tourisme).
Dans ce contexte, la balance commerciale aurait vu son déficit s’alléger de 42%, en glissement annuel, en raison de la hausse des exportations et du reflux des importations. Cette situation se serait, par ailleurs, traduite par une amélioration du taux de couverture estimée à 15,9 points, pour atteindre64,1%
Léger raffermissement de la demande intérieure
La contribution de la demande intérieure à la croissance économique se serait légèrement améliorée, au premier trimestre 2015. Dans un contexte de poursuite de modération des prix à la consommation (+1,5%), la consommation des ménages aurait affiché une hausse de 3,3%, en variation annuelle, après +2,8% un trimestre plus tôt. Elle aurait été, principalement, alimentée par une expansion de 11% des crédits à la consommation et une hausse des revenus extérieurs. Les transferts des MRE auraient progressé d’environ 6,7%, en glissement annuel. L’augmentation de la consommation domestique aurait profité, particulièrement, aux produits locaux ; les importations de produits manufacturés ayant fléchi de 8,9%, au lieu d’une hausse de 15%, un trimestre auparavant.
L’investissement productif aurait enregistré une augmentation de 2,2%, en variation annuelle, au lieu de 2,5%, un trimestre auparavant. Cette évolution serait, principalement, attribuable à un léger redressement des investissements en construction, sur fond d’une augmentation de 5,8% du flux des crédits accordés à l’habitat. L’investissement en produits industriels se serait poursuivi, pratiquement, au même rythme que le trimestre précédent, comme en atteste le raffermissement de 4,2% de l’encours des crédits à l’équipement, à fin février 2015.
La croissance économique tirée par la performance de l’activité agricole
Les activités agricoles auraient affiché une progression de 12,3% au premier trimestre 2015, en variation annuelle, après s’être contractées de 1,8%, une année plus tôt. Cette relance, attribuable principalement à un redressement de la production végétale et une amélioration des activités d’élevage, aurait été favorisée par une bonne répartition spatio-temporelle des pluies et une amélioration de l’utilisation des intrants.
Le cumul pluviométrique, reçu au cours des cinq premiers mois de la campagne agricole 2014/2015, se serait accru de 58%, en variation annuelle et les ventes des engrais auraient augmenté de 8%.
Le potentiel de récolte des cultures précoces, notamment celui des céréales, des légumineuses et des cultures fourragères, se serait relevé de 8,8%, 4,2% et 3,2%, respectivement, en comparaison avec le début de l’année courante.
Les cultures sucrières et fruitières, moins dépendantes des fluctuations climatiques, auraient poursuivi leur tendance ascendante pour la troisième année consécutive. Seuls les agrumes et, dans une moindre mesure, les oléagineuses s’inscriraient à contre-courant, enregistrant une baisse conjuguée de la production et des exportations.
Le secteur tertiaire principal moteur de la croissance hors agriculture
La valeur ajoutée des activités non-agricoles aurait affiché une croissance de 3,2% au premier trimestre 2015, en rythme annuel. Le secteur tertiaire serait resté le principal socle de la croissance hors agriculture, avec une progression de 4%, contre 2,3% seulement pour les activités secondaires. Ces dernières auraient pâti des faibles performances de la construction et des mines, alors que le raffermissement des industries de transformation serait resté relativement modéré pour relancer le reste de l’économie.
Au sein des activités tertiaires, la communication, le transport et le commerce auraient représenté la composante la plus dynamique du secteur, contribuant pour 1,1 point à la croissance économique globale,au premier trimestre 2015. En revanche, l’activité de l’hébergement et de la restauration se serait infléchie de 4,8%, après avoir reflué de 3,5% un trimestre plus tôt. Ce recul aurait été, principalement, ressenti au niveau des indicateurs de la branche touristique, notamment les arrivées des touristes étrangers et les nuitées qui se seraient inscrites en baisses de 3,2% et 6,5%, respectivement, en variations annuelles, lors de la même période.
L’activité industrielle hors raffinage se serait affermie de 2,4% au premier trimestre 2015, en variation annuelle, appuyée par une demande extérieure favorablement orientée pour les conserves de légumes et de poissons, les produits de la confection et l’automobile. C’est ainsi que les industries de l’agroalimentaire, du « textile et cuir » se seraient maintenues dans leur phase conjoncturelle favorable, réalisant des augmentations respectives de 2,4% et 3%, en glissements annuels. Les IMME auraient connu un retournement à la hausse de 3,2%, en ligne avec le renforcement de leurs exportations. Seules les « autres industries » auraient réalisé une croissance timide, n’excédant pas 0,2%, en variation annuelle, pâtissant d’une faiblesse de la demande locale.
La valeur ajoutée du BTP aurait affiché une hausse de 1,4% au premier trimestre 2015, en variation annuelle. C’est ainsi que les ventes de ciment se seraient accrues de 0,8% au premier trimestre 2015, après quatre trimestres de baisses successives.
Cette situation incomberait à une légère hausse de la demande adressée au secteur de l’immobilier, comme le laisse augurer l’augmentation du flux des crédits à l’habitat et l’affermissement des transactions sur les biens immobiliers.
Les anticipations des professionnels du secteur, dans le cadre de la dernière enquête de conjoncture du HCP, s’inscrivent aussi dans cette perspective, avec une hausse anticipée du rythme de production des logements, après avoir baissé de 1,1% tout au long de l’année 2014. Toutefois, cette amélioration de l’activité resterait fragile et sous l’emprise de certains facteurs négatifs, dont la faiblesse de l’investissement privé, compte-tenu de la poursuite du recul des crédits bancaires accordés aux promoteurs immobiliers.
L’activité minière aurait, pour sa part, progressé, au premier trimestre 2015, de 1,7% en variation annuelle, après une hausse de 6,4% au cours de la même période de l’année précédente. Ce ralentissement s’expliquerait par l’essoufflement de la demande étrangère adressée aux minerais non métalliques. Les exportations de phosphate brut, qui avaient montré des signes de reprise au début de 2014, se seraient infléchies de 8,7% à fin février 2015, en variation annuelle. Il faudrait souligner que les fertilisants auraient continué de faire l’objet d’une vive concurrence entre principaux opérateurs mondiaux pour l’amélioration de parts de marché et l’augmentation des capacités productives. Cette situation aurait amputé sensiblement les industries de transformation du phosphate brut à l’échelle mondiale et induit une réduction des producteurs à coûts élevés. Au niveau des minerais métalliques, la production se serait légèrement accélérée, en ligne avec le raffermissement des exportations, notamment de zinc et de plomb, respectivement, de 22% et 14%, au premier trimestre 2015.
L’activité énergétique aurait été relativement dynamique au premier trimestre 2015, enregistrant une progression de 4,9%, en variation annuelle. La branche électrique aurait été le principal support de cette évolution. La mise en service de deux nouvelles unités thermiques de Jorf LASFAR aurait porté le rythme de croissance de la production d’électricité à 5,4% au premier trimestre. En revanche, la décélération des ventes des carburants, due à l’essoufflement des livraisons du fuel industriel, aurait quelque peu pesé sur les activités de raffinage. Ainsi et en dépit du repli des prix à l’importation du pétrole brut, la production du pétrole raffiné se serait incliné de 9,8%, au cours de la même période.
Légère accélération de la croissance au deuxième trimestre 2015
Le redressement de l’économie marocaine se poursuivrait au deuxième trimestre 2015, sous-tendu par une amélioration de 12,9% de la valeur ajoutée, en variation annuelle. Ce regain de dynamisme, principalement favorisé par une hausse des productions végétale et animale, serait accompagné par une réduction du volume des importations agricoles, notamment en produits céréaliers, après une hausse de 14% au cours de la même période de l’année précédente.
Par ailleurs, et dans un contexte de modération des cours internationaux du pétrole et d’une amélioration de la conjoncture internationale, notamment celle de la zone euro, la demande mondiale adressée au Maroc devrait enregistrer une hausse de 5%, en variation annuelle, au deuxième trimestre 2015.
Les exportations marocaines devraient, ainsi, continuer de profiter de la demande adressée à l’automobile, à l’agroalimentaire et à la confection-bonneterie, alors que la stabilisation des cours mondiaux du pétrole, aux alentours de 55$/baril, profiterait à la balance commerciale dont le déficit continuerait à s’alléger.
Dans ce contexte, une amélioration de 3,3% de la valeur ajoutée des activités hors agriculture est prévue au deuxième trimestre 2015, en variation annuelle, ce qui situerait la croissance économique globale à 4,6%, au cours de la même période.
(Source: Haut commissariat au Plan).
Nota: La plus grande partie de cette note de conjoncture est rédigée au conditionnel. En, effet, les chiffres qui y figurent sont des estimations ou des projections, pas des données définitives.
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