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Après Tan-Tan, la question des responsabilités se pose

L’accident tragique qui a eu lieu ce vendredi matin au sud de Tan-Tan vient nous rappeler à quel point les routes marocaines sont meurtrières. Est-ce une fatalité?

Après Tan-Tan, la question des responsabilités se pose
Hamza Mekouar
Le 10 avril 2015 à 16h51 | Modifié 10 avril 2015 à 16h51

Il s’agit du deuxième accident d'autocar le plus grave qu’a connu le Maroc après celui survenu le 4 septembre 2012, faisant 42 morts, quand un autocar était tombé dans un ravin non loin du col du Tizi-n-Tichka, sur la route entre Marrakech et Ouarzazate. A l’époque, la surcharge et la vétusté du bus ont été pointées du doigt.  

Aujourd’hui, les causes de ce nouveau drame ne sont pas encore connues, mais à en croire un important transporteur dans le sud du Maroc ainsi qu’un conseiller communal à Tan-Tan contactés par Médias 24, l'accident a été provoqué par une collision frontale entre un autocar de la CTM et «un camion frigorifique qui transportait illégalement des produits pétroliers». 

D’après Bakkar Bismir, président de l'Association marocaine des droits humains (AMDH) à Tan-Tan, qui cite des témoins, le camion transportait des hydrocarbures. La section Tan-Tan de l’AMDH appelle à ce qu’ne commission d'enquête ainsi qu'une cellule de crise soient mises sur pied pour déterminer les responsabilités. L’association appelle aussi les autorités à décréter un deuil national. Sur la toile également, plusieurs internautes disent ne pas comprendre qu'on ne décrète pas de deuil national après ce drame, comme si « la vie humaine des Marocains n'avait pas de valeur ».  

Le Maroc, au 6e rang mondial pour ses routes meurtrières

En attendant que la lumière soit faite, cet accident vient nous rappeler une triste réalité: les routes marocaines font partie des plus meurtrières de la planète, avec une moyenne de 4.000 décès par an, ce qui place le pays au premier rang en nombre de décès dus aux accidents de la circulation, 6e à l'échelle mondiale. Malgré plusieurs campagnes de sensibilisation routière et un nouveau code de la route adopté en octobre 2010, les chiffres restent têtus. En 15 ans, le nombre de décès augmenté de 50%.  

Au Maroc, un véhicule tue 14 fois plus qu’en France, 11,7 fois plus qu’aux Etats-Unis.

Mais en plus de coûter la vie à près de 4.000 personnes par an, les accidents de la route engendrent des dégâts matériels estimés à 14 milliards de DH annuels, soit 2% du PIB, avait par ailleurs fait savoir Abdelilah Benkirane en novembre 2012. 

Les accidents et la gravité de leurs conséquences s’expliquent bien souvent par une combinaison de facteurs liés au conducteur, au véhicule et à la route: non-respect du code, manque de civisme, conduite sous l’emprise de l’alcool ou la drogue, fatigue et somnolence au volant, mauvaise qualité des infrastructures, état altéré des véhicules, corruption

Le comité national de prévention des accidents de la circulation (CNPAC) a réalisé une étude en 2009 sur les principales causes des accidents de la route.

Entre autres conclusions: la moitié des conducteurs ne portent pas la ceinture de sécurité, 85% d’entre eux grillent les stops, 21% des conducteurs de deux-roues et 76% de leurs passagers ne portent pas de casque, 79% ne respectent pas la priorité à droite et 9% ne s’arrêtent pas au feu rouge (29% pour les deux-roues).

Autre facteur aggravant: le laxisme des transporteurs professionnels et des autorités, qui autorisent parfois des véhicules vétustes à circuler. Aussi, bon nombre de véhicules de transport ne se soucient pas de la charge maximale autorisée. 

Un autre effet collatéral de la corruption

A cela s’ajoute la corruption qui commence dans les auto-écoles, où bien souvent, l’automobiliste en devenir se retrouve parfois contraint de lâcher quelques billets à son moniteur, outre les frais de formation à verser à l’auto école. Plus tard, le jour de l’examen pratique, il lui est vivement «recommandé» de donner un bakchich. Une fois le permis en poche, c’est sur les routes que la corruption se pratique. 

Une étude sectorielle concernant le transport routier, réalisée en 2012 par l’instance centrale de prévention de la corruption dresse un bilan alarmant: dans le secteur du transport, le contrôle routier est le domaine où la prévalence de la corruption est la plus élevée avec un taux de 56,7%. 

 

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Hamza Mekouar
Le 10 avril 2015 à 16h51

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