Boussaid : “Le moment est propice pour un régime des changes plus flexible“
Laisser flotter une partie du Dirham, c’est le scénario sur lequel travaillent les Finances. Le changement de composition du panier des devises est un premier pas.
Cette fois-ci, il ne s’agit pas d’une dévaluation masquée. Contrairement à la décision d’avril 2001, lorsque l’instauration de la composition du panier (Euro pour 80% et Dollar us pour 20%) s’était accompagnée d’une petite baisse du taux de change.
Ce lundi matin, 13 avril, la composition du panier de devises sur la base duquel est fixée la valeur du Dirham, a été changée. Le Maroc est passé à 60% (pour l’euro) et 40% (pour le Dollar).
Voici ce qu’il faut en retenir :
-rien ne change pour les opérateurs et les consommateurs
-ce lundi, le cours a peu varié et s’il varie dans les prochains jours, ce sera pour tenir compte des variations de l’euro et du dollar
-ce changement prépare les premières mesures de flexibilité des changes; c'est-à-dire de passage d’un taux fixe à 100% à un taux qui flottera en petite partie.
Mohamed Boussaïd, ministre de l’Economie et des Finances, explique en exclusivité à Médias 24, que l’idée qui est à la base du changement du panier, est “de coller à la réalité“. Le nouveau panier reflète en effet mieux que le précédent, les échanges extérieurs du Maroc.
Le ministre des Finances cite l’exemple des échanges extérieurs en 2013: 55% se sont effectués en euros, 36% en dollars et le reste dans d’autres devises.
Le changement est technique. Il limite les fluctuations des autres devises et il a un impact positif sur le risque de change et les commissions de change. Il limite le risque sur la dette publique. La valeur ne change pas, car elle “ est globalement en ligne avec les fondamentaux de l'économie nationale, comme en témoigne la dernière évaluation du FMI au titre de l'article IV pour l'année 2014“, ajoute M. Boussaid.
Surtout, il s’agit du premier pas vers un régime de change plus flexible. Les travaux sont en cours pour introduire de la flexibilité, nous révèle M. Boussaid qui précise que son département étudie plusieurs scénarios.
L’idée est de laisser flotter une fraction de la monnaie nationale, mais d’une manière contrôlée, explique le ministre des Finances. En d’autres termes, si la situation économique l’exige, pour la compétitivité par exemple, le taux de change de la monnaie nationale baissera, mais uniquement sur une petite fraction. Ce sera une liberté contrôlée, pour la compétitivité et la résilience de l’économie marocaine, ajoute M. Boussaid. C'est un peu comme l'indexation partielle des produits pétroliers.
Le Maroc se trouve actuellement dans une situation où il cumule un taux de change fixe, une politique monétaire indépendante et en même temps, l’ouverture du compte en capital. Cumuler les trois en même temps, tout le temps, est impossible. L’un des moyens de resserrer cet étau consiste à introduire de la flexibilité dans le taux de change.
“Le taux de change fixe a beaucoup servi, mais il peut devenir un handicap pour l’économie“, estime M. Boussaid. La flexibilité dont on parle ici, n’est pas une convertibilité totale de la monnaie, mais une libération partielle et contrôlée, maîtrisée. Techniquement, on ne sait pas encore à quoi cela ressemblera, car plusieurs scénarios sont à l’étude. Et cela ne se fera que graduellement. Ce sera donc un flottement partiel de la monnaie nationale.
Le ministre de l’Economie et des Finances rappelle que la situation est favorable à ce genre de mesures, avec l’inflation bien maîtrisée par la Banque centrale, des déficits publics et des déséquilibres macro-économiques en forte baisse et enfin le contexte de reprise chez nos principaux partenaires économiques.
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