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Marocains et Français préparent une offensive sur les marchés sub-sahariens

Médias 24 a pu apprendre de sources proches des délégations d’hommes d’affaires marocains et français que les deux parties préparaient  plusieurs initiatives communes.

Marocains et Français préparent une offensive sur les marchés sub-sahariens
Jamal Amiar
Le 20 septembre 2015 à 16h38 | Modifié 20 septembre 2015 à 16h38

Ce dimanche matin à Tanger, François Hollande s’est réuni en compagnie de 50 chefs d’entreprises françaises, dont Renault, les Fromageries Bel, Bouygues, Saint-Gobain et la SNCF.

Investissements dans l’agriculture et la santé, attention accrue à l’infrastructure et logistique et distribution: Marocains et Français entendent s’allier pour faire des affaires en Afrique de l’Ouest et ailleurs et se positionner par rapport aux offensives chinoises, turques, ou encore indiennes, américaines ou sud-africaines.

«Nous avons compris que si nous y allions seuls, nous pourrons travailler et gagner de l’argent en Afrique mais pas assez pour continuer à investir et rester compétitifs».

«Partager la formation et le savoir-faire technologiques sont possibles», souligne Jean-Paul Bachy, président UDI de la région Champagne-Ardenne et membre de la délégation française.

Depuis le premier moment du président Hollande sur le sol de Tanger samedi, le thème de l’Afrique est omniprésent couplé au «nouveau départ exceptionnel» de la relation maroco-française.

 Que ce soit à travers l’appel de Tanger signé ce dimanche par le Roi du Maroc et le président français, ou ce que «le Maroc et la France peuvent offrir au monde » selon les mots du président Hollande ce midi dans l’enceinte du consulat de France, le sentiment est que le moment est venu de retravailler ensemble, et de manière plus poussée.

A Tanger, aujourd’hui François Hollande a donné l’exemple de l’investissement industriel de Renault, neutre sur le plan des émissions de carbone, créateur de valeur et d’emplois au Maroc et en France et réussite sur le plan de la compétitivité industrielle. François Hollande a également cité de son côté «la formation professionnelle comme lien entre nos deux pays».

L’Afrique attire les Marocains, les Français et … les autres

Avec son 1,1 milliard d’habitants aujourd’hui et ses 2,4 milliards en 2050 l’Afrique comptera le Nigéria, l’Egypte, l’Ethiopie et le Niger parmi les 15 Etats les plus peuplés de la planète au cours des prochaines années.

La population du seul Nigéria passera de 175 millions aujourd’hui à 440 millions d’habitants  en 2050.

Toutes les multinationales de la planète ont les yeux rivés sur les classes moyennes africaines, ce qu’on peut leur vendre aujourd’hui et demain, la croissance urbaine. Outre ces pays, le Mozambique, la Côte d’Ivoire et le Ghana représentent de franches opportunités de développement pour les entreprises du Maroc et de France.

Alors que l’Afrique subsaharienne était classée 8ème en termes d’attractivité des IDE dans le monde en 2010 derrière la Turquie, la Chine, le Brésil et l’Inde, le sous-continent a pris le premier rang en 2013. La croissance économique annuelle moyenne des pays subsahariens qui comptent, va de 5,5% à 7,5% pour le Nigéria, la Côte d’Ivoire, le Ghana, l’Ethiopie, la Tanzanie et le Mozambique

Après avoir progressivement racheté les réseaux bancaires français en Afrique, Attijariwafa Bank, la Banque Populaire du Maroc et la BMCE Bank of Africa –c’est son nouveau nom depuis six mois- ont établi de solides réseaux qui vont de Dakar et Bamako à Brazzaville et Nairobi, les banques sont aujourd’hui présentes.

Elles sont de plus en plus suivies par les promoteurs immobiliers, les cimentiers, les laboratoires pharmaceutiques, les fabricants de matériel électrique, Royal Air Maroc ou encore les entreprises minières.

Le commerce interafricain est passé de 55 milliards de dollars en 1995 à 125 milliards en 2011 selon la CNUCED et le Maroc n’y est pas pour rien. Ses banques réalisent aujourd’hui plus de 20% de leur activité au sud du Sahara, à tel point que Bank al Maghrib a dû se pencher sur cette croissante «dépendance».
Car, outre les produits de consommation, du tube de dentifrice au vélomoteur et au téléphone portable, il s’agit d’équiper les villes en eau, électricité, réseaux d’assainissement, écoles et dispensaires de santé.

François Hollande a spécifiquement mentionné à Tanger l’opportunité économique et sociale que représente «la construction de villes durables». Les besoins sont immenses mais des problèmes politiques persistent comme la situation à Ouagadougou  est venue le rappeler cette semaine.

C’est fort de ces éléments que Marocains et Français ont décidé d’unir leurs efforts. Paris compte sur le dynamisme des entreprises marocaines et leur croissante expertise du marché africain. Le Maroc est désormais considéré par le patronat français comme un «relais de croissance vers l’Afrique».

Pour l’Elysée, «l’intérêt des entreprises françaises pour le développement des marchés africains converge avec les ambitions du Maroc qui souhaite devenir une plateforme incontournable entre l’Europe et l’Afrique».

Selon des sources marocaines et françaises, «Marocains et Français veulent construire des ports en Afrique, investir dans le ferroviaire, construire des logements et investir ensemble dans l’agriculture».

Rabat et Paris ont, donc, des intérêts économiques communs, puissants mais aussi des soucis sécuritaires et un autre dossier à gérer à court et moyen termes, celui de la poursuite inexorable sur la prochaine décennie d’importants flux migratoires du sud du Sahara vers le nord de la Méditerranée.

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Jamal Amiar
Le 20 septembre 2015 à 16h38

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