La gestion des villes touristiques par le PJD n'inquiète pas les professionnels
Depuis quelques semaines, les plus grandes villes touristiques du Royaume sont dirigées par des maires PJD. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le conservatisme de ce parti ne suscite ni inquiétude ni méfiance chez les professionnels du tourisme.
Marrakech, Agadir, Casablanca, Tanger et Fès sont désormais administrés par des maires issus du parti de la lampe. Pour certains, la victoire de ce parti conservateur laisse augurer des jours sombres pour le secteur du tourisme qui veut s’inscrire dans son époque pour se développer.
Interrogés par notre rédaction, des professionnels des villes touristiques de Marrakech, d’Agadir et de Casablanca démentent formellement ce qu’ils appellent des rumeurs dénuées de tout fondement.
Marrakech, la locomotive nationale du tourisme
Chargé de communication au CRT de la ville ocre, Abdellatif Abouricha déclare que le tourisme est un secteur qui échappe complètement aux batailles idéologiques des partis.
«Nous n’aurons jamais de problèmes dans notre ville qui est la locomotive du tourisme national. Si nous devions appliquer des prescriptions religieuses à ce secteur, nous devrions fermer tous les hôtels et les bars servant de l’alcool aussi bien aux touristes étrangers que nationaux. Je vous laisse imaginer le manque à gagner pour le Maroc».
Rassurant, il poursuit que la nouvelle équipe municipale avec le maire Mohamed Larbi Belcaid à sa tête n’a d’autre choix que de s’inscrire dans la dynamique de développement de ce secteur dans le cadre de la loi.
A l’appui de sa thèse, il cite Younes Benslimane, vice-président du CRT de Marrakech tout juste élu 1er vice-maire sous les couleurs du PJD en poursuivant que cet édile est propriétaire de deux hôtels et de plusieurs cafés et restaurants.
Agadir, première destination balnéaire du Maroc
Youssef Maoun, directeur général du CRT d’Agadir, qui n’ignore pas l’importance économique de la première destination balnéaire du Maroc se veut tout aussi optimiste que son collègue de Marrakech.
«Le nouveau maire est un homme ouvert à la discussion qui a tenu au lendemain de son élection à recevoir en premier lieu les membres de notre CRT. A priori, nous n’avons aucune crainte pour l’avenir car notre réunion a été très positive. Un autre rendez-vous est programmé pour le 14 octobre prochain afin de définir les priorités touristiques de l’équipe municipale».
Le directeur du CRT pense qu’il n’y aura pas de gros changements stratégiques car avant d’être élu maire de la ville, Salah Mellouki faisait déjà partie du bureau de son prédécesseur Tarik Kabbage.
«Même si sa vision peut être différente, il y aura une continuité car dans le passé, il ne s’est jamais distingué par des positions hostiles au tourisme».
Casablanca, capitale du tourisme d’affaires
Saïd Mouhid, directeur général du CRT de la capitale économique, se félicite d’abord du processus démocratique qui a abouti à l’élection des nouveaux édiles du conseil municipal de Casablanca et à celle du maire PJD Abdelaziz El Omari.
Il poursuit que le CRT casablancais a de grandes ambitions pour la troisième destination touristique du pays et première destination du tourisme d’affaires, de croisières et de shopping.
«Le développement du tourisme à Casablanca mais aussi dans sa région est un choix stratégique, inéluctable et de raison, tant la transversalité de ce secteur est génératrice de progrès économique et social et donc de créations d’emplois, notamment pour les jeunes».
Saïd Mouhid affirme que les nouveaux gestionnaires de la ville et de la région ne peuvent inscrire leur action que dans la continuité de la dynamique d’investissements et de développement que connaît le secteur du tourisme.
«Ils devront promouvoir avec les professionnels les synergies consécutives au nouveau découpage régional qui enrichit la destination avec de l’apport de nouveaux produits comme El Jadida, Bouznika, Benslimane, Settat.... ».
Dans l’ensemble, les professionnels font confiance à l’esprit de responsabilité des nouveaux maires et se mobiliseront à leurs côtés pour contribuer au développement des villes touristiques du Maroc.
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