Chambre des conseillers: on attendait le PAM, ce fut l’Istiqlal
La victoire de l’Istiqlal signe le retour de Chabat. Une féroce bataille en perspective, avec le PAM, pour la présidence de la chambre des conseillers.
Dans les rangs de l’Istiqlal, y compris parmi les dirigeants, les réactions sont très mitigées. Un dirigeant de premier plan avoue: “c’est à la fois une victoire et une défaite“. Cette victoire rendra en effet plus difficile la dé-chabatisation du parti, indispensable aux yeux de beaucoup.
Après le scrutin du septembre et le cinglant désaveu populaire dans son fief de Fès, Chabat était politiquement donné pour mort. Ce qui est étrange, c’est qu’à l’intérieur du parti, personne n’a osé l’affronter.
Quelques réunions du comité exécutif se sont tenues dans une atmosphère irréelle. Tous les regards étaient braqués sur la réunion ordinaire du Conseil National du parti, annoncée pour le 17 octobre.
Mais la date de cette réunion a été repoussée sans qu’une nouvelle date ne soit fixée. Le Conseil National a tous les pouvoirs pour démettre un secrétaire général, il n’est pas nécessaire d’attendre un congrès.
Au sein des instances du parti, la défaite du 4 septembre est considérée par beaucoup, comme une défaite de Chabat. Après les protestations de 2011, le nom de Chabat s’est imposé, au forceps, mais s’est imposé. “On ne pouvait pas reprendre un Fassi“, explique un célèbre élu istiqlalien d’une grande famille fassie. Allusion est faite ici à Abdelouahed Fassi.
Une partie des instances de décision voulaient un “homme du peuple“, ils ont opté pour Chabat, syndicaliste, populiste, imprévisible…
“Il y a aujourd'hui, un rejet du nom même de Chabat chez les électeurs. Les couches moyennes notamment rejettent totalement le parti à cause de son comportement“, estime ce militant et cadre connu.
Le parti ne se relèvera que si Chabat dégage. Telle est la conclusion de plusieurs dirigeants. Mais comment le faire tomber, sachant que ses partisans dominent le Conseil National du parti et que sa capacité d’agitation et de nuisance fait peur à tout le monde?
Ses opposants de l’intérieur ont essayé d’alimenter une sorte “de bruit de fond“ négatif dans les médias pour rebondir dessus et lui demander de partir.
Lui-même a annoncé sa démission, mais le Conseil National est reporté, officiellement pour des raisons d’ordre du jour et de formalités de convocation. Et puis si le Conseil National refuse la démission du “leader“, le leader sera obligé de rester. A la demande des militants.
Telle était donc la situation, jusqu’aux élections du 2 octobre. Et là, divine surprise pour le leader, l’Istiqlal est en tête. Sur le papier du moins.
La première position de l’Istiqlal est un gros avantage psychologique qui autorise le parti à briguer la présidence de la chambre. Une telle présidence, si elle est obtenue, rendrait Chabat “invulnérable“ et… précipiterait la défaite du parti aux législatives, estime l’un des dirigeants les plus en vue dans une conversation avec Médias 24.
Voici pour rappel les résultats :
-Parti de l'Istiqlal : 24 sièges
- PAM: 23 sièges.
-PJD : 12 sièges
-MP : 10 sièges
-RNI : 8 sièges.
-USFP : 5 sièges.
-UC : 3 sièges.
-MDS: 3 sièges
-PPS : 2 sièges.
-Parti Al Ahd Addimocrati, Parti Al Islah : 1 siège chacun
-Sans appartenance politique (SAP) : 8 sièges.
-UMT : 6 sièges.
-UNTM et CDT: 4 sièges chacun
-UGTM : 3 sièges
-FDT, ODT, SND: 1 siège chacun.
Sur le papier, Istiqlal en tête avec 24 sièges contre 23 pour le PAM.
Si on y ajoute les voix des syndicats apparentés, l’Istiqlal a 27 sièges (avec UGTM) et le PAM en a 24 (avec l’ODT).
Mais il y a 8 SAP (sans appartenance politique). Ils seront évidemment courtisés, car ils ont légalement le droit de passer une bannière politique.
Au PAM, où l’estimation officielle interne donnait en début de soirée, 30 sièges, ce fut la douche froide. Mais on laisse également entendre, en interne, que plusieurs SAP vont rallier le parti. Des noms sont cités. Le PAM pourrait annoncer en début de semaine qu’il est passé de 23 à 30 sièges. L’Istiqlal pourrait aussi rallier des SAP et augmenter son score. Tout cela est indécis.
Quel que soit le décompte final, avantage psychologique à l’Istiqlal valeur d’aujourd’hui. Et aucun des deux partis ne parviendra à la présidence sans alliances.
La majorité est de 61 voix. Très difficile à atteindre. Il faudrait soit un consensus, soit des alliances fortes. Plusieurs alliances, car la carte de la Chambre est très éclatée.
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