Louardi ouvert au dialogue sur le service sanitaire national
Le Ministre de la Santé se dit prêt à modifier le projet si une alternative est trouvée. Il a donné une conférence de presse ce lundi 5 octobre.
Louardi présentait lundi 5 octobre son projet de service sanitaire national devant la presse, alors que la réforme fait l’objet d’une vive opposition syndicale avec les étudiants de médecine.
Si le ministre se dit disposé à aménager cette réforme douloureuse pour les étudiants, qui devront selon le projet effectuer 2 ans de service obligatoire en zone éloignée, le caractère obligatoire apparaît comme la seule solution envisageable en l’état actuel pour parer à la désertification des hôpitaux publics.
La question qui fait encore l’objet d’âpres délibérations entre les parties intéressées, est de savoir sur quels points le gouvernement est prêt à transiger. D’autant que le département de la Santé n’est pas le seul aux manettes, puisque le dossier implique également les finances, l’enseignement supérieur et la fonction publique.
Un terrain d’entente avec les étudiants de médecine est-il possible?
Louardi s’est dit prêt à modifier le projet de service sanitaire national voire à le supprimer si une alternative était trouvée.
Il n’est pas opposé à ce que le service national soit étendu aux étudiants de facultés privées ou à supprimer l’obligation pour les lauréats des facultés de médecine.
Les négociations sont ouvertes avec les commissions nationales d’étudiants de médecine et des résidents et internes.
Une première session a eu lieu le 28 septembre au cours de laquelle les parties en présence se sont arrêtées sur un certain nombre de points d’accord, même si le ministre a pu déplorer l’absence de consensus entre les étudiants eux-mêmes.
Les quelques points d’accord demeurent anecdotiques, et sont loin de satisfaire les revendications des étudiants. Parmi elles, citons les plus importantes: l’engagement prioritaire du ministre de veiller à ce que les finances versent une indemnité pour les gardes et le service obligatoire, la permission donnée aux étudiants des facultés publiques d’accéder aux stages dans les facultés privées et l’ouverture de toutes les spécialités aux étudiants à l’issue du service national.
Ces points d’accord dépendent toutefois des ministères des finances, de la fonction publique et de l’enseignement supérieur.
A noter que le projet de loi initial prévoit que les deux ans de service national sont pris en compte dans les années de cotisation et la grille de salaire. Les étudiants seront payés au même titre que les médecins de la fonction publique. Ils n’empêchent pas de passer les concours de spécialisation.
Une nouvelle session de négociation aura lieu mardi 6 octobre avec les commissions d’étudiants, Louardi et Daoudi.
Défection du personnel médical
Le service sanitaire national est présenté comme une réponse à l’urgence de la situation médicale. Au Ministère, on rappelle que le Maroc fait partie des 57 pays cités par l’OMS en déficit de personnel médical. Avec 1,51 médecin pour 1000 habitants, le Maroc connaît un déficit de 16.000 médecins et infirmiers. L’OMS recommande un minimum de 2,5 médecins pour 1.000 habitants.
La situation est d’autant plus préoccupante que les départs à la retraite des médecins et infirmiers vont s’accélérer d’ici 2024. 48% des médecins et 24% des infirmiers sont concernés par un départ à la retraite d’ici 8 ans. Ces postes seront totalement renouvelés.
Le ministère s’est engagé à réduire de 20% les disparités entre villes et régions éloignées.
Face à la difficulté de pourvoir des nouveaux postes de médecins dans les régions éloignées, le service sanitaire obligatoire est l’une des solutions proposées par le Ministère pour faire face à la désertification médicale. Une solution qui se veut temporaire.
Le ministre a signalé que la voie du volontariat prônée par les étudiants était jusqu'à présent un échec.
En 2014, alors que 225 postes de généralistes étaient ouverts par voie de concours, 104 lauréats n’ont pas rejoint leur poste. Les taux de défection sont les plus importants dans les hôpitaux éloignés d’Al Hoceima, Midelt de la région de Guelmim-Smara, etc. Les postes non-pourvus ont du être remplacés par des postes d’infirmiers.
En 2015, 225 nouveaux postes de médecins généralistes sont ouverts. Le Ministère a signalé que si tous les postes étaient alloués, de nouveaux pourront être ouverts.
A côté du volet personnel, le Ministère a présenté son plan relatif aux infrastructures de santé. Pour améliorer les conditions de travail en région éloignée, le budget alloué à l’équipement médical sera de 945 MDH par an à partir de 2016 et ce jusqu’à la mise à niveau complète du parc. Par ailleurs, le ministère réfléchit à la réouverture des établissements de santé fermés.
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