img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
Quoi de neuf

Santé mentale au Maroc: une législation est nécessaire

Santé mentale au Maroc: une législation est nécessaire
Par
Le 9 octobre 2015 à 11h22 | Modifié 9 octobre 2015 à 11h22

Le Maroc célèbre, à l'instar des autres pays du monde, le 10 octobre de chaque année la Journée mondiale de la santé mentale, l'occasion de dresser le bilan des réalisations accomplies pour mettre en place les moyens et les infrastructures nécessaires afin de relever le défi de répondre aux besoins nécessaires et urgents des personnes atteintes de maladies mentales.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), "le bien-être mental est une composante essentielle de la définition de la santé. Mais il reste à l'échelle mondiale un long chemin à parcourir pour lui donner toute sa place. Il convient d'inverser de nombreuses tendances fâcheuses - les services et les soins de santé mentale trop souvent négligés, les violations des droits humains ou la discrimination dont sont victimes les personnes atteintes de troubles mentaux ou de handicaps psychosociaux".

La dépression: cinquième cause de mortalité 

D'après l'OMS, 400 millions de personnes sont atteintes de troubles mentaux ou neurologiques ou souffrent de problèmes psychosociaux, associés notamment à l'alcoolisme ou à la toxicomanie, précisant que la dépression constitue actuellement la cinquième cause de mortalité et de handicap dans le monde et devrait atteindre la deuxième place d'ici 2020.

Au Maroc, d'importants efforts ont été déployés par le ministère de la Santé pour ériger au rang de priorité la santé mentale à travers la construction de trois hôpitaux psychiatriques régionaux et atteindre ainsi le nombre de 3.400 lits au lieu de 2.453 lits existants actuellement.

Tout au long des dix dernière années, le ministère de la Santé a adopté un éventail de réformes, notamment la décentralisation des centres de soins, l'intégration des soins de santé mentale dans les soins de santé de base, l'amélioration de l'accès aux soins par l'orientation vers une psychiatrie communautaire et de proximité.

Déficit en ressources humaines et en infrastructures

L'objectif n'est autre que réduire les problèmes d'accessibilité et de continuité des soins et du déficit en ressources humaines et en infrastructures.

La politique du ministère va de pair avec les recommandations du rapport du Conseil National des Droits de l'Homme relatif à la santé mentale et qui a fait état des anomalies se rapportant essentiellement à "la qualité des prestations médicales et non médicales fournies aux patients, aux conditions d'hospitalisation et à l'absence d'une prise en charge spéciale aux franges des enfants, des mineurs, des personnes âgées et des délinquants".

Le ministère de la Santé a adopté, à cet égard, le Plan national de santé mentale 2012-2016 axé notamment sur la promotion de la santé mentale et la prévention des troubles mentaux, le dépistage, le diagnostic précoce et le traitement des troubles psychiatriques en hospitalier et en ambulatoire, la réhabilitation et la lutte contre l'ostracisme et la stigmatisation de la maladie mentale et le partenariat et la multi-sectorialité.

C'est dans ce contexte que s'inscrit l'initiative "Karama" (dignité) qui a mis fin aux violations commises envers les malades mentaux pensionnaires du Mausolée Bouya Omar où ils vivaient dans des conditions dramatiques, lamentables et inhumaines. Dans le cadre de cette initiative humaine mise en place par le ministère en partenariat avec les parties concernées, il a été procédé au transfert des pensionnaires du mausolée aux hôpitaux et aux services de santé pour les prendre en charge gratuitement, faire le suivi de leur état de santé et apporter le soutien psychique et moral à leurs familles jusqu'à ce que leur état de santé se stabilise et qu'ils puissent réintégrer leur milieu social s'ils le souhaitent.

Beaucoup reste encore à faire

Toutefois, un long chemin reste encore à parcourir pour donner à la santé mentale sa place dans les programmes de mise à niveau des infrastructures liées au secteur de la santé. Ceci nécessite une mise à niveau en matière de services de santé et la création de nouvelles structures de soins et de prise en charge selon un cadre normatif, la mise à disposition de ressources humaines formées et en nombre suffisant, le renforcement des capacités de gestion et de coordination à tous les niveaux d'intervention et la collaboration intersectorielle, outre le partenariat avec la société civile.

Dans ce contexte, une législation sur la santé mentale est nécessaire pour protéger les droits des personnes atteintes de troubles mentaux qui constituent un groupe vulnérable de la société, ces derniers sont confrontés à la stigmatisation, à la discrimination et à la marginalisation dans toutes les sociétés, ce qui accroît les risques de violation de leurs droits humains.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 9 octobre 2015 à 11h22

à lire aussi

Commerce : le Vietnam cherche à renforcer ses débouchés au Maroc
Quoi de neuf

Article : Commerce : le Vietnam cherche à renforcer ses débouchés au Maroc

À Casablanca, le Bureau commercial vietnamien a réuni la Chambre de commerce et plus de 20 opérateurs marocains de l’import, de la distribution et de la grande distribution.

Accusés de terrorisme puis acquittés en Somalie, six Marocains rapatriés entendus par le BCIJ
Quoi de neuf

Article : Accusés de terrorisme puis acquittés en Somalie, six Marocains rapatriés entendus par le BCIJ

Après plus de deux ans de détention au Puntland, les intéressés sont arrivés jeudi 7 mai 2026 à l’aéroport Mohammed V avant d’être placés en garde à vue à Salé. Selon la CCDDI, cette mesure, habituelle dans ce type de dossier, peut durer entre 8 et 12 jours avant une présentation au parquet.

Après Tessera Capital, Tarik Sijilmassi lance Tessera Climate Intelligence
BUSINESS

Article : Après Tessera Capital, Tarik Sijilmassi lance Tessera Climate Intelligence

Après son grand retour sur la scène financière, avec Tessera Capital, Tarik Sijilmassi annonce la naissance de Tessera Climate Intelligence, filiale de Tessera Capital dédiée aux enjeux de décarbonation, de finance climat et aux nouvelles formes d’ingénierie financière liées à la transition.

Gazoduc Maroc-Nigeria : l'accord intergouvernemental entre le Roi Mohammed VI et Bola Tinubu d’ici fin 2026
DIPLOMATIE

Article : Gazoduc Maroc-Nigeria : l'accord intergouvernemental entre le Roi Mohammed VI et Bola Tinubu d’ici fin 2026

Lors d’un entretien téléphonique entre le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et son homologue nigériane Bianca Odumegwu-Ojukwu, les deux parties ont confirmé qu’un accord intergouvernemental relatif au gazoduc Maroc-Nigéria devrait être signé par le Roi Mohammed VI et le président Bola Tinubu au cours du dernier trimestre 2026, marquant une étape majeure dans la concrétisation de ce projet énergétique stratégique pour l’Afrique de l'Ouest.

Automobile : le chinois Kuntai accélère son projet d’usine au Maroc
Actualités

Article : Automobile : le chinois Kuntai accélère son projet d’usine au Maroc

Spécialisé dans les tapis et revêtements intérieurs pour véhicules, l’équipementier a déjà constitué sa société marocaine et poursuit ses investissements ainsi que ses discussions avec des clients locaux et européens.

Commerce. Plutôt que de combattre l'informel, la plateforme de distribution AIKAD œuvre pour l'organiser
BUSINESS

Article : Commerce. Plutôt que de combattre l'informel, la plateforme de distribution AIKAD œuvre pour l'organiser

Pour Mohamed Kadmiri, le commerce marocain ne pourra pas se moderniser contre le terrain, mais avec lui. Le PDG d’AIKAD Group estime que les circuits non structurés remplissent une fonction économique réelle, tout en posant des problèmes de traçabilité, de concurrence équitable et de protection du consommateur. Dans cet entretien, il détaille une voie médiane : organiser progressivement l’informel, professionnaliser les réseaux et faire du "dernier kilomètre" un avantage compétitif.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité