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Réforme des retraites: les nouvelles propositions de l’UMT

Le Chef du gouvernement a déclaré à la chaîne télévisée allemande DW que la réforme des retraites sera opérationnelle avant la fin de son mandat. Le secrétaire général de l’UMT rejette les mesures gouvernementales présentées en juin dernier tout en dévoilant de nouvelles contre-propositions. 

Réforme des retraites: les nouvelles propositions de l’UMT
Samir El Ouardighi
Le 22 octobre 2015 à 15h35 | Modifié 22 octobre 2015 à 15h35

Hormis les déclarations télévisées de Abdelillah Benkirane, nous avons appris, de source sûre, que la réforme des retraites est prête et que le gouvernement a arrêté sa position et sa proposition finale.

Contactés par téléphone pour savoir s’ils étaient au courant du contenu de la mouture finale, les principaux syndicats nous déclarent ne pas avoir été avisés par la primature.

Dans une déclaration à Médias 24, Miloudi Moukharik, SG de l’UMT, s’étonne des déclarations d’Abdelillah Benkirane à la chaîne DW alors qu’il n’a encore transmis aucune proposition finale à aucun syndicat.

"Depuis notre rencontre de juin qui s’est soldée par un échec, nous n’avons eu aucune nouvelle de sa part. Nous sommes pour cette réforme mais son origine est la mauvaise gouvernance de la Caisse marocaine des retraites. Est-il possible que les salariés qui n’ont aucune responsabilité dans sa crise doivent supporter le poids de la réforme paramétrique?"

L’UMT propose la création d’une haute autorité de pilotage de la réforme

La patron du principal syndicat marocain n’est pas contre toutes les mesures du gouvernement à condition que ce dernier retienne les contre-propositions suivantes:

- "L’UMT est d’accord avec la prolongation de l’âge de la retraire à 62 puis à 65 ans mais en prenant en compte le facteur pénibilité du travail. Nous acceptons à condition que ce rallongement d’année soit facultatif pour ceux qui désirent cotiser plus longtemps."

- "Concernant l’augmentation du montant des cotisations, nous répondons encore une fois oui mais en se basant sur la règle universelle."

- Les 2/3 du nouveau taux de 28% doit être à la charge de l’Etat et le tiers restant à celle des salariés: "Je rappelle que si les caisses de retraites sont en crise financière, cela est dû aux défauts de paiement, pendant de nombreuses années, de l’Etat et non des fonctionnaires".

"A ce propos, nous réclamons de savoir où sera placé l’argent des cotisants, comment il sera fructifié, à quel taux et au profit de qui."

- "Nous opposons un niet définitif à la dernière mesure gouvernementale programmée car une baisse des pensions de retraite qui sont déjà faibles est une ligne rouge à ne pas franchir."

Le secrétaire général se veut constructif en proposant d’expérimenter les propositions de l’UMT validées par l’ensemble des syndicats pendant une période d’essai de deux ans.

- "Pour y arriver, nous réclamons comme cela se fait ailleurs, la création d’une haute autorité de suivi des systèmes de retraites car actuellement chaque caisse fait ce qu’elle veut en termes de gouvernance."

Cette nouvelle instance consensuelle sera composée de membres du gouvernement, des organisations syndicales, du patronat et même du CESE ou de la cour des comptes.

Moukharik conclut que si ses propositions échouent, la haute autorité qui pilotera leur exécution pendant les deux prochaines années saura apporter les corrections nécessaires.

Malgré nos tentatives de joindre le ministre de la Fonction publique pour savoir si ces propositions avaient des chances d’être retenues, Mohamed Moubdii est resté injoignable.

Des syndicats tenus dans l’ignorance par Benkirane?

Interrogé sur l’éventuelle volonté du Chef du gouvernement de faire passer en force cette réforme avant la fin de la législature actuelle sans consulter les syndicats, le secrétaire général affirme que l’UMT ne se laissera pas faire.

"Les propositions du Chef du gouvernement sont sa vision de la chose qui ne reflète pas la notre. S’il a préparé sa soi-disant réforme sans nous aviser des derniers développements, nous lui ferons endosser son entière responsabilité. S’il ne l’a pas amendée, nous combattrons la version du mois de juillet qui fait fi des intérêts des principaux concernés."

Rappelons que la réforme proposée par Abdelillah Benkirane propose trois mesures chocs pour sauver et remettre à flot les caisses de retraites marocaines au bord du dépôt de bilan:

- Rallonger l’âge de la retraite des fonctionnaires à 62 ans puis dans un deuxième temps à 65 ans;

- Augmenter le taux des cotisations de 20 à 28% à raison de 50% à la charge de l’Etat employeur et le reste pour le fonctionnaire;

- Diminuer le montant des pensions de retraites.

Moukharik affirme que sa centrale combattra ces propositions par tous les moyens syndicaux (grèves…) et que son groupe parlementaire se mobilisera aussi à la Chambre des conseillers. 

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Samir El Ouardighi
Le 22 octobre 2015 à 15h35

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