Reportage. Au marché de Noël du CAF à Casablanca
150 exposants pour un nombre de visites attendues de 15.000 personnes, le marché de Noël du Cercle Amical Français de Casablanca, est un rendez-vous attendu par les exposants pour se faire connaître du gratin casablancais.
4 grands chapiteaux ont été dressés dans l’enceinte du CAFC pour accueillir vendeurs de jouets et vêtements, objets de maison, gastronomie, restauration et animations pour enfants.
A l’entrée de cette grande kermesse, une décoration lumineuse indique qu’il s’agit du marché de Noël. Quelques heures avant l’inauguration du marché, les organisateurs s’affairent pour accueillir le Wali de Casablanca ainsi que le consul de France de Casablanca.
Les enfants qui courent et sautent d’animation en animation, un peu trop turbulents au goût de quelques exposants, ne pensent pas aux officiels, mais au char du Père-Noël qui viendra parader.
Une stratégie de pub plus que de chiffre d’affaires
Avec ses 150 exposants, dont 10 en restauration, le Marché de Noël du CAFC est le seul dans toute la ville avec une telle envergure. Les commerçants qui viennent exposer pour 3 jours et demis d’ouverture au public savent qu’ils ne doivent pas rater le rendez-vous. Pourtant, ce n’est pas une stratégie de vente qui les anime, mais celle de se faire connaître par un public supposé haut-de-gamme.
La Brasserie Nicole ne s’y est pas trompée. Ouverte depuis quelques mois en plein Gautier, la brasserie n’a toujours pas sa licence d’alcool, donc le soir, elle ne reçoit pas beaucoup de clientèle. En attendant, le Marché permet d’attirer de nouveaux clients pour qu’ils retiennent l’adresse. Car en effet, le CAFC est sous régime dérogatoire, ce qui permet aux exposants de proposer un petit verre de vin en accompagnement de plats de fête.
Même cas de figure pour un stand de tapas, dont le restaurant a ouvert en début d’année, et pour lequel le propriétaire se bat pour obtenir la sacro-sainte licence d’alcool depuis un an. Ce restaurateur témoigne de son agacement des autorités administratives qui freinent l’installation des établissements.
Pasa Palos, snack latino aux influences du Venezuela, d’Argentine, Chili et Cuba, ouvrira dans quelques mois, le temps d’obtenir une autorisation d’exercer. A l’occasion d’une dégustation d’empanadas, il pourra faire la retape de son nouveau restaurant.
Avec 15.000 visiteurs attendus, la présence au marché de Noël est surtout une stratégie commerciale, et non de ventes. On apprend d’une restauratrice que le coût de la location du stand et du matériel vaut la petite bagatelle de 30.000 à 40.000 DH. Cette dernière espère pouvoir tout juste rentrer dans ses frais.
Plus insolite, on tombe dans le chapiteau des animations pour enfants sur des stands qui n’ont rien de très plaisants aux yeux des jeunes têtes blondes.
Dislog, Afriquia mais également Tetrapak font la retape de leur enseigne. Un homme-sandwich-brique de lait sensibilise les parents sur la dimension hygiénique des emballages Tetrapak. Dislog met en avant les marques de son groupe: Whiskas et les barres chocolatées Mars. Afriquia, partenaire du CAF, veut fidéliser les familles avec une stratégie commerciale pour ses stations-essence «family-friendly».
Les Casablancais fêtent-ils Noël?
Noël, c’est la gastronomie, le sapin et les cadeaux. Côté vendeurs de jouets et d’habillement pour enfants, on ne perçoit pas d’effervescence à l’ouverture du marché. On apprend en discutant avec les commerçants que Noël ne représente pas pour eux un sursaut d’activité, ou alors à peine perceptible.
Les gens qui fêtent Noël, les étrangers mais aussi beaucoup de Marocains, se réunissent mais n’offrent pas nécessairement de cadeaux. Pour tous les commerçants, le marché est aussi bien fréquenté par les étrangers, beaucoup de Français, que par les Marocains, des anciens MRE ou ceux dont les enfants sont scolarisés à la mission étrangère. Les commerçants interrogés ont le sentiment que la tradition de Noël s’installe à Casablanca.
La fleuriste qui vend les sapins Nordmann fait carton plein. Vendus entre 700 et 2.000 dirhams pièce, elle a déjà épuisé son stock de la journée. Elle attend pour demain une livraison de 300 arbres, qu’elle compte voir disparaître en peu de temps.
Cette année est très bonne pour la vente de sapins, apprend-on, alors que le réveillon précédent avait été plus mauvais. Sa clientèle est mixte, ce sont parfois plusieurs familles, ou amis qui se cotisent pour que trône l’imposant conifère au milieu du repas de Noël.
Au chapiteau des gastronomies, il y en a pour tous les goûts: produits du terroir marocain, français, italien.
L’un des plus grands stands est occupé par deux amis caviste et épicerie fine sis à Casablanca. Le caviste qui est également distributeur nous explique que l’époque des fêtes est le moment le plus important de l’année. Celui qui approvisionne de très grands hôtels marocains et les plus belles tables de Casablanca accuse un regain d’activité à cette période de l’année.
Les particuliers cherchent à se faire plaisir en ajoutant une bonne bouteille à leur repas de fête. Mais le gros de l’activité vient des CHR (cafés, hôtels, restaurants) qui allongent leur commande habituelle à ce moment de l’année.
Sécurité renforcée
La sécurité a été évidemment renforcée pour l’événement. A l’entrée du Cercle, les visiteurs passent obligatoirement par le portique de sécurité, où les sacs sont vérifiés. Sur place, les épiques de vigiles sont plus présents qu’à l’accoutumée pour assurer la sécurité du site ouvert de 10h du matin à minuit. Entre vingt et trente gardes seront déployés pour l’occasion.
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