Maroc. Samir: l'augmentation de capital n'est plus à l'ordre du jour
Depuis quelques jours, la Samir tient un nouveau langage. Elle affirme qu'il n'y aura aucune augmentation de capital sans accord avec la douane et affirme qu'Al Amoudi est prêt à donner des garanties personnelles.
Pression ou tergiversation? Fuite en avant ou réalité? La Samir vient d'exposer devant une partie de ses créanciers et en particulier la douane, une nouvelle position:
1. L’augmentation de capital n’est plus à l’ordre du jour.
Cette augmentation de capital de 10 milliards de DH a été approuvée par l’AGE du 16 octobre. L’apport du seul Al Amoudi devait être de 6,7 milliards de DH.
“L’augmentation de capital ne pourra pas avoir lieu tant que la saisie de la douane n’est pas levée“, a affirmé la Samir, au cours de la réunion du mardi 29 décembre au tribunal de commerce de Casablanca.
2. “Al Amoudi est prêt à apporter du cash ainsi qu’une garantie personnelle“.
La garantie personnelle, c’est nouveau. L’apport d’argent frais est une vieille promesse, toujours réitérée, jamais tenue.
3.“Al Amoudi est en contact avec des investisseurs intéressés par une reprise de la raffinerie“.
Comme tout ce qui émane d'Amoudi, on ne sait pas s'il s'agit d'une promesse qu'on fait miroiter ou de la vérité.
Le résultat fait qu'on en est presque au même point qu’en aout dernier,avec la raffinerie à l’arrêt et chaque jour qui passe coûtant 30 MDH à l’entreprise, selon un chiffre officiel obtenu par nos soins. Cela signifie que le total des pertes pour 2015 se situera dans la fourchette 8 à 10 milliards de DH.
Au cours d’une réunion tenue le 23 décembre avec la douane, la Samir a présenté une nouvelle proposition d’échelonnement de ses remboursements. Le raffineur propose de payer 50% de suite et d’étaler 50% sur 36 mois. Médias 24 n’est pas parvenu à savoir ce que l’on entend par créance: s’agit-il des 12,5 MMDH en principal réclamés par la douane ou bien seulement des défauts de paiement échus et non payés, de sorte à reprendre un fonctionnement normal, avec le même plafond de crédit d’enlèvement?
En tout état de cause, la douane est d’accord pour trouver une solution, qui pourrait être celle-là, à condition d’avoir des garanties.
C’est la position exprimée par la majorité des créanciers: oui à un accord, mais il doit être solide.
La Samir a conclu le 27 décembre, un accord de rééchelonnement avec ITFC (International Islamic Trade Finance Corporation), filiale de la Banque islamique de développement. La dette portait sur 170 millions de dollars (environ 1,7 milliard de DH).
Le raffineur espère un accord avec la douane, suivi d’une reprise de l’activité puis des accords avec les autres créanciers.
Une question restera: y aura-t-il cession à des investisseurs?
Le 31 décembre, le président du tribunal de commerce a désigné trois experts chargés de réaliser une expertise financière de la société et d'évaluer si elle est réellement redressable. Après leur rapport, le président du tribunal annoncera s'il accepte ou non la requête de la Samir concernant un règlement amiable en vertu de l'article 550 du code de commerce. Cela laisse à la Samir un dernier répit pour trouver de nouveaux arrangements avec ses créanciers, notamment la douane et éventuellement les banques. Tous les créanciers se déclarent prêts au compromis, mais tous vont exiger des garanties. La solvabilité d'Al-Amoudi (re)devient la clé du futur.
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