Libye: le puzzle d'une intervention militaire se met lentement en place
Préparatifs à Rome, forces spéciales déjà sur place, premiers raids: le puzzle d'une intervention militaire internationale contre Da'ech en Libye commence à se mettre en place, même si le gouvernement d'union libyen se fait toujours attendre.
Le général Donald Bolduc, commandant des forces spéciales américaines en Afrique, a fait frémir les états-majors militaires et politiques, en assurant cette semaine au Wall Street Journal qu'un "centre de coordination de la coalition" était en place à Rome, en vue de cette intervention.
"Nous attendons la formation du gouvernement libyen, il n'y a pas de +war room+", a vivement réagi Domenico Rossi, sous-secrétaire d'Etat italien à la Défense, sur son compte Twitter.
Mais au-delà de la forme et du nom, les préparatifs sont bien en cours.
"Nous sommes en train de coordonner la formation de la force de sécurité et de stabilisation libyenne, qui devra intervenir quand un gouvernement aura été formé", a ainsi déclaré la ministre italienne de la Défense, Roberta Pinotti, la semaine dernière.
Depuis une dizaine de jours, les informations se multiplient à Paris, Londres et Rome, selon lesquelles des membres des forces spéciales françaises, américaines ou britanniques sont déjà à pied d’œuvre en Libye. Il Corriere della Sera écrit ainsi jeudi qu'une cinquantaine d'Italiens sont sur le départ.
Selon les médias, ces militaires ne participent pas aux opérations militaires menées par les forces du général Khalifa Haftar, loyales au gouvernement de Tobrouk (et reconnu par la communauté internationale), ou par Fajr Libya (Aube de la Libye), la coalition de milices islamistes devenue le bras armé du gouvernement non reconnu, siégeant à Tripoli.
Leur mission consiste plutôt à établir des contacts avec les forces sur le terrain, évaluer la situation, fournir du renseignement, peut-être des armes et des moyens de communication.
En plus de ses nombreux vols de reconnaissance, l'armée américaine a déjà mené au moins deux raids aériens en Libye, dont celui du 19 février, contre un camp de Da'ech près de Sabrata, qui a fait 50 morts et probablement tué l'un des chefs du groupe.
"Urgent d'agir"
Parallèlement, le porte-avions français Charles de Gaulle a quitté le Golfe pour la Méditerranée, officiellement pour des exercices conjoints avec la marine égyptienne.
A Sabrata, le commandant d'un groupe loyal à la coalition Fajr Libya a assuré que des soldats britanniques étaient à Misrata pour prendre contact avec les milices. Selon lui, un plan est en place et la campagne visant à déloger Da'ech de Syrte va commencer "bientôt".
La communauté internationale s'inquiète en effet beaucoup de voir Da'ech renforcer sa présence à Syrte. Le groupe y compte 3.000 à 5.000 combattants, dont des centaines de Tunisiens, Soudanais, Yéménites et Nigérians de Boko Haram, venant se former pour repartir frapper ailleurs.
"Il est urgent d'agir", a reconnu le ministre italien des Affaires étrangères, Paolo Gentiloni. "Mais nous avons déjà connu l'illusion d'interventions sans perspective à moyen et long termes. Nous devons éviter les erreurs du passé et les fuites en avant".
L'Italie insiste donc sur le fait qu'une intervention ne peut se faire que sous l'égide de l'ONU, à la demande d'un gouvernement libyen reconnu.
"Il faut qu'il y ait un partenaire viable sur le terrain", a souligné mercredi un responsable américain de la Défense à l'AFP. "Il y a des discussions" sur une coalition en Libye, "mais rien de concret pour l'instant", a assuré un autre.
Pour l'instant, le gouvernement de Tobrouk refuse toute opération sans son accord préalable, tandis que celui de Tripoli promet de traiter toute intervention comme une "invasion étrangère".
Une chose est sûre: personne n'a l'intention d'envoyer des troupes au sol en nombre.
Une intervention militaire d'occupation "est impensable, absurde, jamais envisagée et reste certainement exclue", a insisté Mme Pinotti, tandis que M. Rossi expliquait que la lutte contre Da'ech serait "moins efficace" si les soldats de la coalition étaient perçus comme "des envahisseurs".
Mais "l'expérience, dans les autres pays, a bien montré que les frappes aériennes ne suffisent pas", a prévenu mercredi Alshiabani Abuhamoud, ambassadeur en France du gouvernement de Tobrouk. "S'il n'y a pas de troupes terrestres, soit nationales soit internationales, cela ne suffira pas", a-t-il conclu.
(Avec AFP)
à lire aussi
Article : Campagne céréalière 2026 : 90 millions de quintaux attendus, 15 millions visés en stockage
Le nouveau dispositif de commercialisation des céréales fixe un objectif de stockage ambitieux de 15 millions de quintaux, soit 17% de la production prévisionnelle pour la campagne 2026. Le prix référentiel du blé tendre est fixé à 280 dirhams le quintal, avec des primes de magasinage prévues entre le 1er juin et le 31 juillet 2026.
Article : Législatives 2026 : réunion avec les médias publics sur la couverture du scrutin
Les responsables des chaînes et radios publiques ont été appelés, le vendredi 15 mai 2026, à renforcer les contenus de sensibilisation autour de l’inscription sur les listes électorales, de la participation des jeunes et de l’implication des partis politiques avant le vote prévu le 23 septembre 2026.
Article : Deux affiliés présumés à Daech interpellés à Midelt et Youssoufia
Âgés de 19 ans, les deux suspects auraient prêté allégeance au prétendu émir de l’organisation État islamique et projeté, selon le BCIJ, des actions relevant du "jihad en solitaire" contre des personnes, l’ordre public et des installations vitales.
Article : OFPPT : 65 nouvelles filières, 3 nouvelles Cités des métiers et 6,3 milliards de DH pour le plan d'action 2026
Nouvelles filières liées aux métiers émergents, achèvement des Cités des métiers et des compétences, développement du secteur aéronautique et renforcement de la cybersécurité... Le plan d’action 2026 de l’OFPPT fixe les grandes priorités de l’Office, pour un budget estimé à 6,31 milliards de DH.
Article : Maroc-Éthiopie (CAN U17) : quelle heure, quelles chaînes
Après une entrée en matière décevante face à la Tunisie, la sélection nationale marocaine U17 affronte l’Éthiopie, ce samedi 16 mai 2026 au Complexe Mohammed VI de football, dans un match déjà important pour la qualification.
Article : À Casablanca, le projet d’aménagement de la zone Lahjajma prend forme
Le projet d’aménagement de la zone Lahjajma comprend un terrain de sport couvert, une piscine couverte, une mosquée, ainsi qu’un marché couvert. Il prévoit également des équipements socioculturels, un parc et un espace vert, une place publique piétonne et un parking souterrain.