Les ménages gérés par des femmes sont moins exposés à la pauvreté
Le Haut commissariat au plan a publié, à l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, une note récapitulative sur les disparités qui existent entre les hommes et les femmes au Maroc.
Ces statistiques, aussi intéressantes qu'inquiétantes, sont tirées du dernier recensement global de la population (2014) et des résultats de récentes enquêtes menées par le HCP.
Diminution de l'âge du premier mariage
Evoluant à contresens de la transformation normale des sociétés, l'âge moyen du premier mariage est passé, en une décennie, de 26,3 à 25,8 ans chez les femmes, indépendamment de leur milieu. L'écart d'âge moyen entre les hommes est les femmes lors du premier mariage est quant à lui passé de 4,9 ans en 2004 à 5,6 ans en 2014.
Le sociologue et professeur à Sciences Po à l'UIR, Mehdi Alioua, émet l'hypothèse que "le HCP compile de mieux en mieux les chiffres collectés et sait mieux les récolter, ce qui rééquilibre les chiffres du recensement de 2004." En d'autres termes, la nouvelle méthodologie de travail des agents recenseurs a permis de mieux traiter des données qui n'auraient peut être pas figuré dans le recensement de 2004". Notre source en veut pour preuve le fait que la dynamique globale de la transition démographique a pris son envol depuis longtemps déjà. "C'est le résultat d'une révolution sexuelle. Prenons comme autre donnée, la durée entre le mariage et la première naissance, qui est plus longue: on se marie, fait connaissance et décide plus tard d'avoir un enfant. Ceci est en partie dû à la planification familiale et à la migration", ajoute notre source.
Le dernier recensement montre qu'environ un ménage sur 6 est tenu par une femme chef de foyer. En moyenne, ces foyers dépensaient, en 2007, 11.801 DH par tête et par an, contre 11.149 DH pour les foyers tenus par un homme.
Les femmes, meilleures chefs de foyer
Toujours selon le HCP, les statistiques collectées en 2007 indiquent que les ménages gérés par les femmes sont moins exposés à la pauvreté. Le taux de pauvreté relative touche 7,4% des foyers gérés par des femmes, contre 9,2% des ménages gérés par des hommes. En milieu urbain, le pourcentage des foyers pauvres tenus par des femmes n'excédait pas 4% en 2007.
Il en est de même pour le taux de vulnérabilité qui, dans son ensemble, montre que les femmes chefs de foyer sont moins exposées au phénomène. Il est de 16,4%, contre 17,6% pour les ménages tenus par les hommes.
Ces évolutions sociales interrogent sur le bien-fondé du maintien de certaines règles discriminatoires en matière civile à l'égard des droits économiques des femmes. L'égalité successorale ou encore la discrimination à l'emploi sont des pratiques qui ne suivent pas les mutations profondes de la société.
Les violences à l'égard des femmes sont plus présentes en ville
Selon les chiffres révélés par une enquête du HCP réalisée en 2009, 62,8% des Marocaines ont été, à un moment de leur vie, les proies d'une ou de plusieurs formes de violence. A priori, ces cas de violences psychologiques, physiques, sexuelles ou de toute autre nature n'ont pas de lien direct avec le niveau d'instruction.
En effet, la note du HCP révèle que, dans le détail, 67,5% des cas de violences ont été constatés en milieu urbain, contre 56% en milieu rural. L'écart est encore plus important lorsqu'il s'agit de violences perpétrées dans les lieux publics (40,6% en ville contre 21,5% à la campagne), dans les lieux de travail (22,7% contre 6,4%) et dans les établissements d'enseignement et de formation (25,3% contre 14%).
Interrogé par nos soins, un militant associatif, qui a passé plusieurs années auprès de catégories socialement vulnérables, nous explique: "En ville, la modernité entraîne beaucoup plus de mixité et de proximité et donc potentiellement de rapports conflictuels liés plus particulièrement au genre. En plus du fait que les personnes vivant en ville osent plus facilement porter plainte en cas de violence."
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