Glencore, la multinationale qui réclame 230 millions de dollars à la Samir
Lundi 16 mars, à l'occasion d'une audience tenue au tribunal de commerce de Casa, le célèbre trader international a fait valoir que la Samir lui doit 230 M de dollars. Elle s'est dit néanmoins prête à participer au sauvetage de la première raffinerie marocaine, et même à lui accorder "un rééchelonnement de sa dette, mais sous conditions."
La Samir croule sous les dettes, un fait que la société Glencore Energy Uk, multinationale de négoce de matière première, n'a pas manqué de rappeler.
Lundi 16 mars, à l'occasion d'une audience tenue en chambre du conseil, au tribunal de commerce de Casablanca, l'entreprise britannique a fait valoir qu'à l'heure actuelle, la Samir lui doit 230 M de dollars, soit à peu près 2,2 MMDH. Le document présenté par Glencore au tribunal comporte deux éléments:
1. La Samir, dans un dossier déposé le 7 mars auprès du tribunal, annonçait que Glencore était d'accord pour trouver un arrangement sur les anciennes dettes et renouveler le partenariat sur la base d'un accord de préfinancement. Glencore a tenu à préciser que cet accord de principe ne l'engage pas et qu'à l'époque, elle ne connaissait pas avec précision la situation d'endettement de la Samir.
2. Cela étant dit et malgré les difficultés de la Samir, Glencore tient à affirmer qu'elle ets prête à accompagne toute possibilité ou action de redressement ou de sauvetage. En d'autres termes, Glencore souhaite que la raffinerie soit préservée et est prête à accompagner toute action en ce sens.
Selon un document consulté par Médias24, la dette de la Samir qui est de 230 millions de dollars à l'égard de Glencore, résulte des divers contrats d'approvisionnement et de financement de matières premières, conclus entre les deux entreprises. Le montant invoqué, qui par ailleurs n'inclut pas les intérêts de retard, place ainsi Glencore parmi les trois premiers créanciers de la Samir.
Avec la Samir, Glencore avait entamé, au printemps 2015, une série de négociations tendant au sauvetage du raffineur. L'objectif était d'aider celui-ci à dépasser "ce que l'on croyait être une simple crise de court ou moyen terme, due à des problèmes de liquidités engendrés par la baisse mondiale des cours de pétrole."
Les tractations avaient, dès lors, débouché sur un préaccord (non obligatoire) entre les parties, tendant à "refinancer l'activité de la Samir et à rééchelonner une parties de ses dettes". Seulement, s'étant rendue compte de la véritable ampleur de la crise de la Samir, Glencore a finalement conclu à l'impossibilité de concrétiser ce pré-accord.
Glencore rappelle que, durant la période 2013/2015, elle avait fourni à la Samir quelque 15 millions de barils de pétrole brut. En contrepartie, elle en a acheté pour 8 millions de produits pétroliers raffinés par l'entreprise marocaine. Ces échanges font de Glencore le premier client de la Samir au niveau des exportations et son deuxième fournisseur en matières premières.
La multinationale s'est illustrée comme l'un des partenaires majeurs de la Samir et ce avant que celle-ci ne se substitue à "La Société chérifienne de pétrole" (SCP). Ainsi, depuis 30 ans, le chiffre d'affaires entre les deux entreprises a dépassé, toujours selon le document, 5 milliards de dollars américains.
La Samir est-elle en passe de perdre un appui d'importance? Cela dépend de la décision du tribunal de commerce, prévue pour le 21 mars prochain. Cette décision impliquera soit la liquidation, soit le redressement.
Dans ce deuxième cas, Glencore s'est dite prête à participer au sauvetage de la raffinerie marocaine et même à lui accorder "un rééchelonnement de sa dette, mais sous certaines conditions." Bref, Glencore aimerait sécuriser sa créance et garder son client. C'est légitime.
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