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Dialogue social: Les syndicats s'impatientent et menacent

Après l’échec des négociations sur le dialogue social, le front syndical va redéposer ce mardi 10 mai ses revendications écrites à la primature. Sans réponse rapide du chef du gouvernement, il menace de reprendre au mois de juin des mouvements de grèves générales et des marches de protestation.

Dialogue social: Les syndicats s'impatientent et menacent
Samir El Ouardighi
Le 10 mai 2016 à 16h00 | Modifié 10 mai 2016 à 16h00

"Nous sommes très pessimistes quant à la conclusion d’un éventuel accord sur le dialogue social, car le gouvernement ne veut pas transiger et donne l’impression qu’il veut simplement gagner du temps". 

C’est en ces termes que Mohamed Larbi Kabbaj, numéro 2 de l’UGTM joint par Médias 24, analyse le blocage du processus de négociation entamé entre le gouvernement et le front UMT-CDT-FDT-UGTM

Malgré cela, les syndicats vont déposer, ce mardi 10 mai, comme convenu avec Abdelilah Benkirane, un cahier listant les revendications qu’ils jugent incontournables pour faire aboutir le dialogue social.

Notre interlocuteur rappelle le contenu des 10 revendications à satisfaire pour signer un accord:

-Elever la tranche des salaires non imposable (IR) à 6.000 DH.

-Augmenter les salaires et les pensions de retraites.

-Introduire une approche participative donc non unilatérale sur le dossier des retraites.

-Mettre en pratique l’accord du 26/4/2011.

-Lancer des négociations sectorielles pour aboutir à des conventions collectives.

-Supprimer l’article 288 du code pénal criminalisant les grévistes qui entravent le travail.

-Prévoir des incitations pour aider les opérateurs économiques à sortir de l'informel.

-Mettre un terme au travail précaire.

-Obliger les employeurs à déclarer leurs salariés à la CNSS.

-Veiller à la protection des libertés syndicales.

Le syndicaliste de l’UGTM affirme que le front syndical ne sait pas à quoi s’en tenir, car il n’a obtenu ni assurance d’être satisfait ni de calendrier pour une éventuelle nouvelle rencontre de négociations.

«Nous ne comprenons pas le comportement du chef du gouvernement, car à l’issue de l’échec de la dernière réunion du 4 mai, Benkirane nous a demandé de formaliser par lettre nos exigences, alors qu’elles sont de notoriété publique. Il a promis qu’après examen de notre courrier, il répondra par écrit ou nous recevra pour un nouveau round».

«On ne sait pas ce qu’il projette, car au lieu de traîner, il aurait pu dire ce qu’il refuse et ce qu’il est en mesure d’accepter. Benkirane donne l’impression d’hésiter pour gagner du temps jusqu’aux législatives, car il ne s’est pas prononcé clairement contre les augmentations de salaires réclamées».

Selon lui, les syndicats préfèrent attendre sa réponse et rester acteurs du dialogue social, pour ne pas être accusés de pratiquer la chaise vide. Kabbaj prévient que leur patience ne sera pas éternelle et qu’en cas de refus ou de silence durable, l’agenda syndical de protestation sera rapidement réactivé.

«Sans réponse dans les plus brefs délais, c'est-à-dire dans moins d’une semaine, nous nous verrons obligés de recourir rapidement aux grèves générales et aux marches de protestation. Pour être franc, le front syndical n’est pas optimiste, car si Benkirane voulait vraiment négocier, nous aurions signé un accord lors de la dernière réunion avec lui».

La conclusion d’un accord final a de moins en moins de chances de voir le jour rapidement, sachant que Abdelillah Benkirane a déclaré samedi 7 mai devant les étudiants de l’ESITH qu’il comptait finaliser la réforme des retraites, objet de litige avec les syndicats, avant le terme de son mandat.

Dans une déclaration à Médias 24, Mohamed Moubdii, ministre de la Fonction publique, confirme l’impasse des négociations si les revendications présentées ne sont pas jugées réalistes et réalisables.

«Pour l’instant, aucune réunion de conciliation n’est inscrite à l’ordre du jour du gouvernement, mais il n’est pas exclu qu’elle ait lieu rapidement, s’il y a une réelle volonté syndicale d’aboutir à un accord.» Bref, on n'est pas très avancés.

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Samir El Ouardighi
Le 10 mai 2016 à 16h00

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