Samir. Baâmar propose des accords de rééchelonnement aux créanciers
Ce mercredi 18 mai, le feuilleton Samir reprend à la cour d’appel de commerce de Casablanca. Celle-ci examine en effet le pourvoi en appel déposé par l’actionnaire de référence de la Samir, Cheikh Hussein Al-Amoudi. Baâmar contacte les créanciers pour préparer son dossier en appel.
Une semaine auparavant, le 11 mai, la lettre de Cheikh Al-Amoudi, transmise au président du tribunal par Me Tabih et selon laquelle ce dernier prend l’engagement d’injecter la somme de 670 millions de dollars dans les comptes de la Samir si la cour accepte d’annuler la liquidation et de la remplacer par un redressement judiciaire, avait fait son effet.
M. Al-Amoudi est un récidiviste en matière d’engagements non tenus. Il les dégaine comme son arme ultime. Sauf que cette fois-ci, l’engagement s’adresse à la Justice marocaine. Le hic, c’est que c’est un engagement sans date. Il s’engage à injecter cette somme, sans autre précision d délai.
Depuis la première semaine de mai, les anciens dirigeants de la Samir, Baamar et Al-Amoudi, préparent un dossier pour convaincre le tribunal que la situation de l’entreprise n’est pas “irrémédiablement compromise“.
Après un long développement juridique, qui accuse la décision prise en première instance de ne pas être fondée, les mémoires d’appel des deux avocats exposent leur propre relation des faits, ainsi que leur argumentaire financier.
Les principaux éléments sont les suivants:
1-L’arrêt du raffinage n’est pas le fait de la Samir, ni de l’activité; mais de la décision de la douane d’émettre un ATD et celle de Marsa Maroc d’empêcher l’accostage des tankers destinés à la Samir. En d’autres termes, des décisions extérieures et des circonstances impérieuses.
Sur ces points, les deux mémoires d’appel ont pris de petites libertés avec la vérité.
Marsa Maroc est un opérateur qui a refusé d’effectuer le déchargement d’une cargaison de brut destinée à la Samir, en raison de factures impayées de 44,6 MDH. Si l’opérateur refuse de décharger, le port refuse le bateau, car ce n’est pas un parking.
Pour ce qui concerne l’ATD de la douane: en 2012, la Samir qui avait déjà des difficultés, a demandé et obtenu un relèvement du crédit d’enlèvement à un plafond de 12 MMDH et sur 18 mois. L’apparition d’impayés conjuguée à l’arrêt du raffinage a imposé l’émission d’un ATD (avis à tiers détendeur). Depuis cette date, et selon la Samir, la douane a récupéré 1,7 MMDH, sur un total estimé à 13 MMDH. Le chiffre de 13 MMDH est contesté par Al-Amoudi.
2-Les deux mémoires affirment également que plusieurs créanciers acceptent le rééchelonnement. C’est faux. La majorité écrasante des créanciers contactés début 2016 ont exigé des garanties réelles, telles que des cautions bancaires, avant de signer pour un rééchelonnement. Marsa Maroc a exigé par exemple une caution de 20 MDH.
3-L’un des deux mémoires présentés par les avocats apporte un élément nouveau: Al-Amoudi est prêt à verser immédiatement 2 MMDH à la douane et à rééchelonner le reste sur 30 mois, avec une garantie bancaire.
4-Le même mémoire affirme qu’Al-Amoudi “mène des consultations avec des parties gouvernementales et des banques internationales pour apporter une caution à la douane“. S’il avait été solvable, aurait-il eu besoin d’autant de temps et de consultations?
5-Enfin, il demande une nouvelle expertise financière, ce qui peut se justifier.


Depuis une dizaine de jours, par le biais d’un cabinet marocain, un courrier signé de Jamal Baâmar, ancien DG de la Samir, est adressé aux différents créanciers. Le courrier (fac-similé) est daté de Jeddah (Arabie Saoudite). Il propose un rééchelonnement, en renouvelant l’engagement d’Al-Amoudi d’injecter 670 millions de dollars dans la Samir et en expliquant qu’il agit ainsi pour obtenir le redressement judiciaire, plutôt que la liquidation.
A l’audience du mercredi 18 mai, les avocats communiqueront-ils des réponses positives à cette démarche? Si oui, ce sera une pièce importante au dossier. Si ce n’est pas le cas, le tribunal en tirera ses conclusions.
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