Qui est la SIE, partenaire des investissements énergétiques signés en Chine?
Bras financier de l’Etat dédié à l’énergie, la Société d’investissements énergétiques (SIE) est peu connue du public. Qui est-elle? Que fait-elle? Et comment le fait-elle?
D’un coup, son nom est apparu trois fois en 24 heures. Cela s’est passé la semaine dernière, à Pékin.
Dans les conventions industrielles signées entre des entreprises marocaines et chinoises, la SIE est partie prenante sur trois affaires ayant trait à l’énergie. En matière de partenariats, la SIE revendique le rôle de "tiers de confiance".
Dans le premier cas, la SIE s’est invitée au tour de table de la nouvelle société de construction de bus électriques "dernière génération", avec les chinois Yangtse et Marita et avec le concours financier de la Banque Populaire. Le montant global d’investissement de ce projet est donné à 1,2 MMDH.
Dans le deuxième cas, la SIE participe au lancement d’une unité de fabrication de chauffe-eau solaires; le montant d’investissement global de ce projet est de neuf millions d’euros.
Hareon et points d’interrogation
Enfin dans le troisième cas, la SIE prend 20% dans le tour de table de 550 MDH d’une affaire de production de cellules photovoltaïques, avec le marocain Jet Contractors et le chinois Hareon.
Dans un premier temps, l’usine de Jet Contractors, PV Industry, située à Skhirat, sera mise au niveau des derniers standards technologiques du partenaire chinois, avant le lancement d’une nouvelle unité industrielle à Tanger.
Dans ces deux derniers cas, chauffe-eau solaires et cellules photovoltaïques, le partenaire bancaire est Attijariwafa Bank. Il est à noter, comme Médias 24 l’a signalé en début de semaine, que parfois les montants d’investissement diffèrent selon la source. Dans le cas de Jet Contractors, l’entreprise est cotée à la Bourse de Casablanca.
Dirigée par Ahmed Baroudi, la SIE est un organisme 100% public, dont le conseil d’administration est présidé par le ministre de l’Energie Abdelkader Amara. Le cabinet de M. Amara a fait savoir à Médias 24 "que rien ne s’acte sans l’aval du conseil d’administration qu’il préside".
Parmi les membres du conseil d’administration se trouvent les ministres de l’Economie et des Finances M. Boussaid et du Commerce et de l’Industrie, Moulay H. Elalamy notamment. Ali Fassi Fihri de l’ONEE, en fait également partie.
Selon des sources du SIE, le choix des investissements est réalisé par un comité dédié. Celui-ci est présidé par le secrétaire général du ministère de l’Energie et comprend des représentants du secteur public. Dans le cas du contrat signé par Jet Contractors, sa filiale Jet Energy, qui porte le projet de partenariat avec le chinois Hareon, est actuellement présidée par Mohamed Yahia Zniber, ancien secrétaire général du ministre de l’Energie. Dans ce projet, la SIE détient 20% du capital, Jet Contractors 40% et Hareon 40%.
Confiance et contrôle
Selon la SIE, le choix des investissements se fait selon une procédure en cinq étapes:
1. Il y a tout d’abord une phase d’analyse préliminaire du dossier d’investissement.
2. Une phase de présentation du dossier d’investissement au comité d’investissement de la SIE.
3. La présentation de l’opportunité d’investissement au conseil d’administration de la SIE.
4. La finalisation de la documentation contractuelle.
5. La phase de prise de participation financière dans le projet.
Dans le cas de l’investissement réalisé dans le photovoltaïque par Jet Contractors et Hareon, Médias 24 a pu apprendre que les experts-comptables d’Hareon ont été changés en décembre dernier, que la direction générale a connu d’importants changements en avril dernier et que le cours en Bourse d’Hareon a été divisé par deux au cours des derniers 12 mois. Malgré nos nombreux appels à la direction générale de Jet Contractors et de PV Industry, MM. Rtabi et Zniber respectivement, ceux-ci ont préféré ne pas commenter ces éléments d’informations et d’autres.
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