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Le PJD repousse son congrès ordinaire à 2017

Au-delà du résultat du vote, qui était attendu, ce sont les messages politiques qui présentaient le véritable intérêt du congrès du PJD, réuni le samedi 28 mai à Rabat.

Le PJD repousse son congrès ordinaire à 2017
Samir El Ouardighi
Le 28 mai 2016 à 15h16 | Modifié 28 mai 2016 à 15h16

Sans surprise donc, les congressistes du PJD ont validé la proposition du Conseil national du parti, consistant à repousser le congrès ordinaire au plus tard à fin 2017. Le résultat du vote était supérieur à 95% de “oui“. Les structures, instances, Conseil national et secrétariat général voient donc leur mandat prolongé jusqu’à fin 2017.

L’explication officielle, que nous avons dû écouter au moins une vingtaine de fois, chez différents intervenants, est que le parti ne peut pas affronter plusieurs échéances électorales en si peu de temps: élections communales et régionales, renouvellement des instances du PJD, élections législatives.

Interrogé par Médias 24, Lahcen Daoudi, ministre de l’Enseignement supérieur, nous a déclaré que ce vote ouvrait une autoroute au PJD pour gagner les élections législatives du 7 octobre prochain.

Même s’il a soigneusement évité de lier cette éventuelle victoire à la personne du SG, l’ensemble des militants questionnés n’avaient aucun complexe à le citer comme seul moteur des urnes.

Ne voulant pas crier victoire trop vite, le très réservé Driss El Azami s’est quant à lui contenté de nous assurer que grâce au bilan gouvernemental, le PJD avait des chances de gagner en octobre.

Malgré nos tentatives de savoir si le véritable objectif n’était pas d’utiliser le charisme de Benkirane pour gagner, d’autres interlocuteurs ont prétexté  que la seule raison était une histoire de calendrier et de télescopage des élections législatives et du congrès ordinaire, prévu à l’origine en juillet prochain.

Mustapha El Khalfi, ministre de la Communication et son collègue des Transports Abdelaziz Rebbah, nous ont déclaré à l’unisson la même ritournelle, en omettant aussi de citer Abdelilah Benkirane.

Seul Benkirane a eu la franchise de déclarer qu’il y a une autre raison, certainement la plus importante: le parti a voulu privilégier la stabilité et maintenir la même direction pour conduire la campagne des législatives.

Dans la salle bondée se sont succédé au micro Saadeddine El Othmani, président du Conseil national, Abdelaziz Omari, président du congrès et les secrétaires locaux des 12 régions du Maroc.

Malgré leurs efforts pour captiver les troupes en attendant le résultat du scrutin, on sentait bien que la salle n’attendait que l’issue du vote pour écouter ce qu’avait à leur dire leur secrétaire général.

Après une heure trente de retard sur l'horaire et plus de deux heures de discours creux, Benkirane est monté sur l'estrade sous un tonnerre d’applaudissements et a réveillé la foule des congressistes, qui ont été invités à voter pour le renouvellement du mandat des instances, du Conseil national et du secrétariat général.

>Les noms. Hommage a été rendu par plusieurs intervenants au Dr Abdelkrim Khatib, celui qui a protégé et accueilli le PJD au sein de son parti de l’époque, le MPDC (Mouvement populaire démocratique et constitutionnel).

Les précédents congrès ont été dirigés par le défunt Abdellah Baha. Celui-ci est présidé par Abdelaziz Omari, par ailleurs maire de Casablanca.

Saâdeddine El Othmani, président du Conseil national, prononcera une interminable allocution. Il fait partie des successeurs possibles de Benkirane le jour venu. A part Benkirane, tout le monde s'exprime en arabe classique, parfois châtié.

>L’ambiance générale. Bien organisé, le congrès a réuni environ 3.000 congressistes. La popularité de Benkirane au sein de ses propres troupes était visible. Et surtout, tous les intervenants, au micro ou dans les travées, arboraient une confiance totale dans la victoire aux prochaines élections.

Le mot “tahakkom“ revient plusieurs fois dans les interventions, comme dans les slogans repris par les militants.

Le référentiel islamique est omniprésent et assumé. Benkirane rappellera à juste titre que son parti a été le premier à séparer l’action politique de la prédication. Une séparation qui en réalité est formelle, car le référentiel religieux marque de nombreuses prises de position du parti, comme dans le projet du code pénal ou dans la vision de la société et des médias. El Othmani insistera d'ailleurs sur le référentiel religieux.

>Benkirane: Nous ne reculerons pas. Le moment le plus attendu était le discours du secrétaire général Abdelilah Benkirane, un discours qui s’adressait autant aux militants qu’aux autres, ceux qui ne sont pas du PJD ou qui sont de l’autre bord, voire les adversaires ou les ennemis. Et peut-être davantage aux seconds qu'aux premiers.

Benkirane a fait un bilan de l’action du gouvernement. Et il a passé les messages habituels, y compris ceux contre le “tahakkom“, les résultats remportés au cours des élections du 4 septembre, il a envoyé des messages explicites ou implicites à son adversaire préféré, le leader du PAM. Une partie des médias et des journalistes est une nouvelle fois accusée d’être inféodée aux ennemis du PJD, voire d’être achetée. Idem pour certains conseillers élus lors des élections de septembre, accusés d'avoir retourné leur veste, parce qu'ils ont été soit achetés, soit terrorisés selon ses termes.

Concernant la religion: "vous voulez combattre les islamistes ou l'islam?", accuse-t-il, faisant allusion au PAM. "Le champ religieux est le domaine réservé de Sa Majesté, lisez la Constitution". [Pourtant, cette remarque pourrait s'appliquer également au PJD: comment dans un pays de commanderie des croyants et de monopole du champ religieux, peut-on être un parti à référentiel religieux?]
La majeure partie du discours est consacrée au PAM, à répondre aux critiques et aux attaques: "Nous ne sommes pas chrétiens, nous ne tendrons pas l'autre joue. Vous ne nous faites pas peur. Vous ne pouvez pas changer la volonté des Marocains. Tout indique jusqu'à présent que le PJD sera en tête du champ politique. Même les sondages le montrent. Cela vous donne des insomnies". Tout y passe: le défi, la menace, l'humour, le sarcasme...

Applaudi comme une véritable rock-star à chacun de ses bons mots contre Ilyas El Omari qu’il n’a jamais nommé directement, sauf avec des adjectifs peu flatteurs (Bourru : diable), il a clairement fait part de sa volonté de le balayer électoralement.

Malgré sa conviction de gagner, Benkirane aura passé plus de la moitié de son temps de parole à taper sur ce parti d’opposition comme s’il admettait que son seul véritable adversaire était le PAM.

Puis, s'adressant à ses propres troupes: "Je ne vous considère pas tous comme des saints. Certains aiment les postes et je trouve cela légitime. Nous sommes des êtres humains, moi le premier et j'aime les postes. Certains aussi font du bricolage [en français], que ceux qui aiment le bricolage aillent le faire ailleurs, qu'ils quittent le PJD".

"Toute tentative de contrecarrer l'évolution actuelle aura un coût politique élevé", avertit-il, sans dire clairement à quoi il fait allusion.  Quant aux dernières accusations sur les inscriptions aux listes électorales, il jette la balle dans le camp du ministère de l'Intérieur.

Benkirane a livré sa vérité, sa lecture, son argumentaire, et sa réclame. Un discours sans surprises. L'homme aime la politique et se voit bien réaliser un nouveau mandat. Au gouvernement et au PJD.

Ce samedi soir, le Conseil national décidera des procédures de désignation des candidats PJD aux législatives, le processus de désignation prendra trois mois environ.

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Samir El Ouardighi
Le 28 mai 2016 à 15h16

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