“Êtes-vous pour un troisième mandat de Benkirane à la tête du parti”? Des militants du PJD répondent
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les militants du PJD ne sont pas forcément chauds pour un troisième mandat de Benkirane à la tête du parti. Le secrétaire général est très populaire au sein de ses troupes, mais un troisième mandat n'est pas certain. Loin de là.
Pour mettre leur parti en ordre de bataille pour les prochaines législatives, les 3.000 congressistes du parti de la lampe ont validé le report du congrès ordinaire prévu en juillet 2016. Et s'ils sont unanimes à estimer que c'est une bonne décision, la question d'un troisième mandat de Benkirane à la tête du PJD divise les congressistes.
Nous avons profité de cette présence massive de militants pjdistes pour leur poser la question: "Êtes-vous favorable à un troisième mandat de Benkirane, ce qui nécessiterait un changement des statuts du PJD?".
Une quinzaine d'entre eux (dont trois ne figurent pas sur la vidéo) nous ont répondu. Trois catégories sont à retenir: ceux qui sont pour, ceux qui sont contre et quelques indécis.
Ceux qui sont favorables à un troisième mandat sont les moins nombreux. Ils évoquent des arguments tels que "le bon bilan de Benkirane à la tête du parti", "les qualités" de ce leader, ainsi que sa capacité à gérer la période actuelle, qu'ils jugent "exceptionnelle".
Quant à ceux qui sont contre, ils pensent qu'il faut respecter l'alternance, en remplaçant Benkirane conformément aux statuts et éviter l'apparition du culte du "zaim" au sein du PJD.
Par ailleurs, certains indécis qui n'ont pas répondu clairement à la question estiment qu'il "est encore trop tôt pour poser cette question" , que "tout dépendra des élections et du contexte politique des prochains mois" et qu'en 2017, "les instances du parti prendront la meilleure décision, en prenant en considération l’intérêt du pays et du parti."
Voici une sélection des réponses exprimées par les congressistés interviewés par Médias24:
-"Nous avons été éduqués dans ce parti dans le respect des institutions et de la démocratie interne. Je ne crois pas qu'il y aura un changement des statuts pour permettre un troisième mandat à l'actuel SG. Mais ce n'est pas impossible. Tout dépend de ce que décideront les instances , dans le respect de la démocratie interne."
Abdelhak Saidi, congressiste de Fes-Meknès et membre du conseil national
-"Pour ma part, j'accepterais cette option en 2017. Benkirane est sur la bonne voie, il a beaucoup apporté à notre parti pendant ce premier mandat au gouvernement" Souad Benrehma - Tanger-Tétouan-Al Hoceima.
-"Non. Je suis contre un troisième mandat. Je suis parmi ceux qui refusent d'amender les statuts pour une personne. Il faut insuffler un nouveau dynamisme à travers l’élection d'autres cadres et leaders du PJD." Noureddine Ouddi - Casablanca-Settat.
-"Benkirane a fait un excellent travail à la tête du PJD. Cette question ne se pose pas aujourd'hui. En 2017, nous débattrons sur ce qu'il faut faire pour le bien du parti et du pays." Ali Messaoui - Drâa-Tafilalet.
-"Je suis à un milliard pour cent pour un troisième mandat de Benkirane comme SG et un deuxième mandat comme chef du gouvernement. Pourquoi? Parce qu'on est dans une période exceptionnelle, qui exige un homme exceptionnel, comme Benkirane. Il est l'un des fondateurs de ce projet." Hanine Khadija - Laâyoune Sakia El Hamra.
-"De prime abord, nous sommes un parti d'institutions. Le point que vous évoquez ne figure pas dans l'ordre du jour de ce congrès. Toutefois, je suis parmi ceux qui estiment que les textes doivent être amendés si un contexte particulier l'exige." Hicham el Ahrach - Rabat-Salé-Kénitra.
-"Je souhaite que Benkirane demeure le leader permanent du PJD. Il est intègre et performant." Mohamed Helhoul - Rabat-Salé-Kénitra.
-"Les statuts ne permettent pas à Benkirane de briguer un troisième mandat. Pour moi, il faut respecter les statuts et le principe de l'alternance. Je suis contre un troisième mandat de Benkirane." Congressiste de Laâyoune-Sakia El Hamra.
-"Benkirane finira son mandat. Nous élirons un autre SG en 2017, c'est simple. Nombreux sont les leaders capables de gérer le PJD." Hamid Zatni - Casablanca-Settat.
à lire aussi
Article : Le musée du continent africain devrait ouvrir à la fin de 2027 (Mehdi Qotbi)
Porté par la Fondation nationale des musées, le futur musée du continent africain a franchi une étape décisive. Le président Mehdi Qotbi nous annonce que le plus grand complexe muséal d'Afrique, dont les travaux de gros œuvre ont dépassé 85%, entre dans sa phase finale avant une ouverture au public lors du dernier trimestre 2027.
Article : Le jardinier marocain de Jany Le Pen expulsé vers le Maroc pour séjour irrégulier
Selon une information révélée par Le Parisien, Hatim B., un Marocain de 32 ans qui effectuait des travaux de jardinage chez Jany Le Pen, veuve de Jean-Marie Le Pen, a été expulsé le jeudi 23 avril vers le Maroc. En situation irrégulière en France depuis 2017, il faisait l’objet d’une mesure d’éloignement décidée par le préfet des Hauts-de-Seine.
Article : Maghreb : une visite américaine dans un contexte de pression croissante sur l’Algérie
Annoncée par le département d’État, la tournée de Christopher Landau, du 27 avril au 1er mai, intervient dans un contexte marqué par l’implication croissante de Washington dans le suivi du dossier du Sahara et de ses prolongements onusiens.
Article : Ordre des experts-comptables : le scrutin s’annonce serré (liste)
Le scrutin du 21 mai pour le renouvellement du Conseil national de l’Ordre des experts-comptables met en concurrence 41 candidats pour 11 sièges. Parmi eux, se dégagent des profils issus de grands cabinets internationaux, comme EY, Deloitte, Mazars, BDO, KPMG ou Grant Thornton, des figures expérimentées déjà présentes dans les instances de l’Ordre et des profils plus récents, illustrant les équilibres internes de la profession.
Article : Protection des femmes victimes de violence : lancement officiel de la cellule centrale à Rabat
À Rabat, le ministère de la Solidarité a lancé la cellule centrale de prise en charge des femmes victimes de violence, chargée de renforcer la coordination institutionnelle, de superviser les structures territoriales et d'améliorer l’accompagnement juridique, psychologique et social des victimes.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI chute de 1,69%, les volumes grimpent à 667 MDH
La Bourse de Casablanca a clôturé la séance du 24 avril 2026 en baisse, avec un MASI en recul de 1,69% à 18.815,18 points. Les échanges ont atteint 667,11 MDH, dominés par Managem, Minière Touissit et Attijariwafa bank.