Alliances: le plan de restructuration est bien avancé
A la mi-2016, la situation du groupe Alliances est nettement meilleure (ou moins mauvaise) qu’elle ne l’était au mois mai dernier. En ce funeste 9 mai, le conseil d’administration constatait des pertes de 1,8 MMDH (résultat net part de groupe) au titre de 2015. A fin juin 2016, cette annonce a été plutôt digérée par le marché, et tout le monde scrute l’avenir.
Selon des sources informées, des avancées ont été réalisées en matière de réduction de la dette privée et le management espère, d’ici fin 2016, conclure des accords de reprofilage (rallongement de la durée des emprunts) de cette dette. 5 des 6 points composant le plan de restructuration sont considérés comme finalisés.
Le groupe, qui a une nouvelle direction et une nouvelle gouvernance, table également sur un redémarrage de l’activité et espère lancer début 2017 une augmentation de capital d’environ 1 MMDH. Au final, retour à l’équilibre d’exploitation dès 2016 et retour aux bénéfices en 2017 sont escomptés. La dette pourrait être ramenée fin 2016 aux alentours de 3,6 MMDH.
Le plan stratégique “Alliances 2020“ est attendu pour septembre ou octobre prochain. Il est en voie de finalisation et sera transmis en priorité à l’AMMC (Autorité marocaine des marchés de capitaux).
2016 sera donc l’année charnière pour le groupe: plan stratégique, communication sur le déroulement de la restructuration mise en place en 2015, premiers résultats concrets.
Fin 2015, c’est la situation financière qui est au cœur des préoccupations et qui menaçait l’avenir de l’entreprise.
>L’endettement
Il était de 8,5 MMDH en 2014. Il a été ramené à 7,3 MMDH en 2015. Il va en principe baisser à 3,6 MMDH, en 2016, selon les objectifs du management, puis 3,2 MMDH en 2017 et enfin 2,7 MMDH en 2018.
Entre fin 2015 et début 2016, 7 protocoles d’accord bancaires basés sur des dations ont été signés. Ils portent sur un désendettement pour 1,763 MMDH, des reprises d’intérêts (100 MDH) et de la New Money pour 532 MDH.
Le groupe a obtenu un renoncement à une partie des intérêts courant depuis le 1er janvier 2015 puis à une baisse des taux d’intérêts futurs, ramenés à 4%. De sorte qu’une reprise d’intérêts de 100 MDH a été inscrite dans les comptes 2015.
La dette bancaire, qui était de 3,9 MMDH en 2014, sera réduite de 1,9 MMDH en 2016, selon la même source. La dette privée qui était de 4,48 MMDH fin 2014, sera ramenée en 2016 à 2,6 MMDH. Ce qui restera sera reprofilé.
La baisse de la dette privée se fait à travers des cessions de terrains, de lotissements, de programmes, sans autres précisions.
Une source de haut niveau à Rabat contactée par Médias 24, estime que ce fut une grave erreur que d’autoriser les immobilières à contracter de la dette privée.
Dans le cas d’Alliances, une partie de la dette privée avait subi deux renouvellements en 2015, pour près de 2 MMDH.
Alliances a réuni ensuite les détenteurs de la dette privée et leur a communiqué une liste d’actifs avec leurs prix, leur proposant des dations contre l’extinction de la dette, avec une petite part en “New Money“. Les mieux disants ont été retenus. C’est dans ce cadre que la CDG a repris le projet Chwiter à Marrakech pour environ 1 MMDH, selon nos sources, accord finalisé début mars 2016.
Jusqu’à présent, environ 2,1 MMDH de dations de dettes privées ont été signés. Les 2,6 MMDH devraient être reprofilés avant fin 2016.
>Le chiffre d’affaires
Le chiffre d’affaires consolidé était de 944 MDH en 2015. Alliances espère le voir revenir à 3,9 MMDH en 2016, puis à 4,5 MMDH en 2017 ou 2018.
>Le cas Lixus
Pour ce qui concerne la station Lixus, le management voit deux pistes d’avenir:
-ou bien Alliances reste dans le projet et pour la phase 2, obtient un réaménagement du cahier des charges, de sorte à réaliser des lots de 400 à 600 m2 plutôt que les 1.000 à 1.500 m2 prévus. Le projet sera alors plus facile à commercialiser et intéresserait les nationaux.
-ou bien l’Etat accepte de s’impliquer davantage dans la recherche d’une solution, comme il l’a fait pour la station Saïdia. Alliances estime que l’Etat peut trouver un partenaire étranger de substitution et en attendant, peut faire à titre transitoire, un portage pour soulager le groupe. Lixus a mobilisé jusqu’à présent 1,2 MMDH d’investissements, y compris les frais financiers ainsi que les dépenses d’entretien.
Il va sans dire qu’une solution du dossier Lixus apporterait une bouffée d’oxygène à Alliances.
>Le cas Sindibad
La part du groupe Alliances dans le projet Sindibad a été cédée à la Somed (qui détenait les 50% restants) autour de 200 MDH. Le coup de maître est non seulement d’avoir obtenu ce prix grâce à une discussion serrée qui a commencé en octobre 2015, mais surtout d’avoir gardé le contrat de MOD, maîtrise d’ouvrage déléguée.
La maîtrise d’ouvrage déléguée assure des marges confortables, sans trop de risques. Elle constituera le futur cœur de métier d’Alliances, avec la promotion immobilière.
>Augmentation de capital?
Le management actuel espère une augmentation de capital de 1 MMDH environ début 2017. En 2015 et en 2016, l’actionnaire de référence, Alami Lazraq, a apporté 300 MDH en compte courant, qui devraient être intégrés dans la future augmentation de capital si elle a lieu.
L’augmentation de capital sera lancée à certaines conditions: reprofilage de la dette privée, poursuite de la restructuration, retour à l’équilibre d’ici fin 2016, hausse conséquente du chiffre d’affaires.
>La question qui fâche
Comme pour toutes les grandes immobilières, la question qui reste posée en toile de fond concerne le poste “créances clients“. Par exemple, dans le cas d’Alliances, les créances clients figurent dans les comptes consolidés 2015 pour 2.559 MDH, pour un chiffre d’affaires (consolidé) de 969 MDH, ce qui représente donc, en appliquant une règle de trois, plus de deux années de délai de paiement: ou bien les clients habitant pendant 2 à 2,5 ans sans payer. Ou bien les montants sont inscrits en créances bien en amont, par exemple lors de la conclusion des compromis de vente chez le notaire.
Cette question qui fait l’objet d’interrogations sur le marché, nécessite des clarifications de la part des immobilières, voire de l’AMMC, notamment pour ce qui concerne le fait générateur du chiffre d’affaires (est-ce que c'est la livraison, le permis d'habiter, l'acte notarié?), l’âge des créances clients, leur dépréciation éventuelle....
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