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Les limites à la liberté, selon l’anthropologue Mohamed Sghir Janjar

"Sommes-nous vraiment libres?",  thème de l’émission  "Mais encore"  diffusée  lundi 11 juillet sur 2M, avec pour invité  Mohamed Sghir Janjar, anthropologue et  animateur de la Fondation culturelle du Roi Abdelaziz à Casablanca.  Verbatim.

Les limites à la liberté, selon l’anthropologue Mohamed Sghir Janjar
N.F
Le 13 juillet 2016 à 13h35 | Modifié 13 juillet 2016 à 13h35

"En voilà une vaste question", concède d’emblée Mohamed Sghir Janjar, invité de l’émission "Mais Encore", présentée par Hamid Barrada et diffusée sur 2M lundi 11 juillet. 

Pour permettre au téléspectateur de se faire sa propre opinion, cet anthropologue, par ailleurs animateur de la fondation culturelle du Roi Abdelaziz à Casablanca aborde tout au long des 60 minutes de l’émission, des sujets divers tels que les libertés individuelles, la religion, la culture islamique, le mariage, l’enseignement, la bidâa, le rôle de l’Etat….

Il y raconte aussi sa propre enfance, son départ de son village natal situé dans le Haut Atlas pour rejoindre l’école, sa relation avec Abdelkader Chaoui et Christine Daure Serfaty, ses études, les difficultés rencontrées, alors jeune diplômé, pour trouver un emploi…

Verbatim.

Liberté.  "Elle suppose l’émergence de l’individu et son autonomie. Elle passe par l’éducation, la culture, l’activité économique et la participation à la décision publique dans une société démocratique et moderne. Une émergence qui est précédée par des moments de tension".

Se faire justice soi-même. "Cela pose une problématique à la fois vieille et profonde. Il y a une obligation religieuse et culturelle relevant de la tradition islamique, mais qui n’est pas coranique, à ordonner le bien et combattre le mal".  

"Jusqu’à une époque récente, avant la naissance de l’Etat moderne, la société s’auto-organisait. Dans la mémoire des gens, des éléments de cet héritage sont encore présents, comme si les institutions de l’Etat n’étaient pas encore présentes", explique-t-il.

Et pendant ce temps là, "l’Etat en tant que pouvoir, fait dans l’hésitation. Il bricole des solutions face à une société qui rejette ce qu’elle considère comme un désordre".

Relations sexuelles hors mariage, avortement… "La société a créé des règles implicites et un ordre moral à respecter dans la sphère publique, en concédant une certaine liberté dans la sphère privée. Une sorte de culture de la honte vis-à-vis de l’autre".

"L’avortement a été encadré – inceste ou viol, maladie mentale de la maman, risque avéré pour la maman-  selon ce que la société tolère. L’idée que cela puisse relever d’un choix personnel de la femme n’est pas encore admise".

"Le pouvoir est à l’écoute des débats de société, des rapports de force. Il essaie tantôt d’équilibrer, tantôt de gagner du temps, de pousser ou encore de retarder les choses… L’élite a aussi une responsabilité. Son discours n’est pas clair".

Femme. "Ce qui a sauvé le Maroc, c’est sa précarité, ayant obligé les femmes à travailler. A cause de la conjoncture économique et au mariage précoce – l’âge de mariage des filles ayant baissé au cours des dix dernières années-, le taux des femmes actives a baissé".  

Education. "Il faut rétablir une vérité historique. Jamais les Marocains n’ont été autant scolarisés. Mais cette scolarisation massive est arrivée tardivement, comparativement à d’autres pays. Le problème réside dans le fait que le Maroc veut réussir à la fois une massification de la scolarité et un enseignement de qualité. Toute la difficulté est là".

"Le général Lyautey était pour l’éducation limitée aux seuls fils des notables. A l’indépendance, Abdellah Ibrahim, président du conseil, a opté pour la massification et a même engagé un plan quinquennal pour y arriver. Hassan II a mis fin à cette politique en 1965. Le conflit était général et l’éducation était devenue un enjeu".

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N.F
Le 13 juillet 2016 à 13h35

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