Fruits. Les raisons d’une forte augmentation des prix
Les prix de certains fruits, notamment ceux de saison, ont fortement augmenté, sans que la fin du mois de ramadan, réputé pour ses pics de prix, ne renverse la vapeur.
Petit échantillon: Le kilogramme du melon se vend entre 9 et 12 DH chez des détaillants a constaté Médias24 à Casablanca, les cerises sont à 25 DH au marché de gros et à au moins 40 DH chez les détaillants. Le prix des oranges, un fruit disponible tout au long de l’année, n’est pas descendu sous la barre des 7 DH.
Cette hausse des prix s’accompagne d’une nette baisse de la production. Un tour au marché de gros de Casablanca permet de le constater. Les étals sont dégarnis, tranchant avec l’image d’une halle chargée et animée, notamment pendant la période estivale.
"La production dans sa globalité a été impactée par le climat défavorable de l’année. Les volumes de certains produits comme les raisins de table, la pomme, la pêche et la nectarine en ont pâti. Ajoutez à cela le retard accusé en matière d’entrée en production et le chergui qui a affecté la fleur", souligne Abderrahmane Rifaï, consultant spécialisé dans les filières fruits et légumes.
Même son de cloche auprès de l’Apefel (Association marocaine des producteurs et exportateurs des fruits et légumes). "Cette saison a été modeste à cause des mauvaises conditions climatiques. Les agriculteurs braquent leurs projecteurs sur la saison 2016-2017. Ils y placent beaucoup d’espoir", souligne Omar Mounir, vice-président de l’association.
"Le cas du melon et de la pastèque est particulier. La baisse des volumes ayant provoqué une hausse des prix est due aux choix des agriculteurs, en général exploitant de petites exploitations. Suite à une année catastrophique sur le plan commercial, beaucoup de producteurs ont décidé de s’orienter cette année vers d’autres cultures comme la pomme de terre", tient à préciser M. Rifaï.
Pour ce qui est des oranges, plusieurs raisons peuvent expliquer la hausse des prix, qui est structurelle: l’orientation de certains agriculteurs vers des variétés fortement demandées à l’export comme la clémentine, en tournant le dos aux oranges. "Dernièrement, la clémentine a connu des problèmes à l’export, ce qui a permis un rééquilibrage en faveur de l’orange destinée au marché local. Le nœud du problème réside dans le fait que les besoins en oranges ont progressé, alors que les superficies dédiées n’ont pas évolué en conséquence", ajoute ce consultant.
Dernière explication: les congés de l'Aïd, jusque dans les exploitations agricoles provoquant une baisse passagère de l'offre. On y verra donc plus clair la semaine prochaine.
Le site Asâar -prixagriculture.org- , permettant d’habitude de sonder le marché sur la base d’éléments fiables et recoupés est hors service depuis quelques jours. Lors de son lancement par le ministère de l’Agriculture, l’accent a été mis sur la possibilité de "rendre l’information disponible et accessible aussi bien aux professionnels qu’au large public, pour un meilleur fonctionnement des marchés agricoles".
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