Maroc-UA: le retour est inéluctable mais la procédure sera longue
Il ne faut pas s'attendre à une entrée du Maroc dans le cénacle des Chefs d’Etat africains au cours des prochains jours. Les choses ne se passent pas ainsi. Il y a des procédures à respecter. Cela étant dit, ce retour est inéluctable. Analyse et informations.
Cela fait 32 ans que le Maroc a quitté l’OUA qui entretemps a donné naissance à l’Union africaine (U.A.). La solidité de la position régionale et internationale du Maroc est telle que son retour dans le cénacle panafricain s’impose aujourd'hui comme une évidence.
Depuis au moins deux ans, le Maroc est arrivé à cette conclusion. Mais ce genre de choses ne s’improvise pas et le Royaume a travaillé discrètement à le préparer.
Médias24 a suivi ce travail de longue haleine sans dévoiler la stratégie finale du Maroc. Aujourd’hui, plusieurs confrères évoquent directement ce sujet. C’est pourquoi Médias 24 apporte cet éclairage.
Les lecteurs qui ont lu nos articles sur la visite du Président Kagame ou sur le sommet de l’UA ont bien compris, entre les lignes, que quelque chose se préparait.
Dans son édition de ce jeudi 14 juillet, le quotidien Akhbar Al Youm est affirmatif: le Maroc a décidé de reprendre son siège à l’U.A. et il n’exclut pas une présence du Roi Mohammed VI à Kigali les dimanche et lundi prochains, date du sommet.
Médias 24 est en mesure d’affirmer que les infos au sujet d’une présence du Souverain à Kigali sont prématurées et à ce stade, infondées. Lorsqu’elle sera lancée, la procédure sera longue et n’aboutira pas de suite, sauf coup de théâtre.
Numériquement, la “rasd“ ne bénéficie plus que de 17 reconnaissances sur le continent, après le retrait de la reconnaissance zambienne et selon notre comptage. Selon nos informations, d’autres annonces de retrait de reconnaissance interviendront.
La procédure que suivra le Maroc ne peut être dévoilée ici. Il faut cependant savoir que les questions principales qui se posent sont les suivantes:
-le Maroc va-t-il accepter de siéger sans obtenir au préalable un gel ou une expulsion de la “rasd“? L'UA devient une organisation influente, qui a son poids international et la politique de la chaise vide devient contre-productive. Mais le Maroc n'acceptera en aucun cas de siéger sans l'expulsion préalable de ce membre usurpé qui n'a pas les caractéristiques d'un Etat.
-le Maroc va probablement demander son admission en tant que membre. Ce sera une formalité, mais elle n’aboutira pas obligatoirement lors de ce sommet.
Comment devenir membre de l’Union africaine
L’Acte constitutif de l’UA adopté lors du sommet de Lomé (Togo) remplaçant la Charte de l’OUA est entré en vigueur en 2001. Il énumère les conditions d’entrée de l’organisation panafricaine.
La Conférence, organe suprême de l’UA, se réunit deux fois par an, une fois au siège à Addis Abeba et une seconde fois dans un pays membre. Elle peut se réunir à la demande d’un Etat membre et sur approbation des 2/3 des membres en session extraordinaire.
Composée des chefs d’Etat et de gouvernement ou de leurs représentants dûment accrédités, elle prend ses décisions par consensus ou, à défaut, à la majorité des deux tiers de ses Etats membres.
Toutefois, les décisions de procédure examinées par la Conférence, comme les demandes d’adhésion à l’Union Africaine, sont prises à la majorité simple.
La Commission, secrétariat de l’Union, dirigée par un président, des vice-présidents et des commissaires est l’organe chargé par la conférence de recueillir les demandes d’adhésion.
Selon l’article 29 de son acte constitutif, tout Etat africain peut notifier au président de la commission son intention d’adhérer et d’être admis comme membre à part entière de l’Union africaine.
Le président de la commission, dès réception d’une telle notification en communique copie aux 54 Etats membres, qui organisent un vote. L’admission est décidée à la majorité simple (28 membres) des Etats membres.
La décision de chaque Etat membre est transmise au président de la Commission, qui communique la décision d’admission à l’Etat intéressé, après réception du nombre de voix requis.
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