L'enseignement supérieur au Maroc veut accompagner l’accélération industrielle
Le Maroc s'oriente progressivement vers l'industrialisation. Une stratégie que le ministère de l'Enseignement supérieur entend accompagner. Lahcen Daoudi nous explique sa démarche.
A quelques semaines de la fin de son mandat, le gouvernement a adopté, fin juin, deux projets de décret relatifs aux établissements universitaires. Les textes prévoient la fusion de plusieurs facultés et universités et la création de nouvelles facultés, en plus de 15 écoles polytechniques réparties sur l'ensemble du territoire national.
"Ce projet répond à la nécessité d'élargir la carte universitaire", a déclaré Lahcen Daoudi, ministre de l'Enseignement supérieur, contacté par Médias 24.
Mais concrètement, dispose-t-on des infrastructures et des financements nécessaires à la mise en place de ces structures?
Pour Lahcen Daoudi, ces projets ne sont qu'une question de temps. "Actuellement, il n'y a plus de problèmes de bâtiments au Maroc. Beaucoup sont déjà prêts et d'autres sont en cours de construction. L'ouverture des nouvelles écoles ou facultés ne dépend que de leur livraison", a indiqué le ministre.
En ce qui concerne les enseignants, "un accord a été trouvé avec le ministère des Finances. Il prévoit 1.500 nouveaux postes budgétaires pour accompagner le déploiement des nouvelles structures. Si besoin est, nous ferons appel à des enseignants, professionnels ou doctorants étrangers", précise le ministre.
Tout porte à croire que le maître-mot est l'efficacité. "Nous procéderons à la création de filières nouvelles, orientées vers les métiers de l'avenir. Des filières telles que l'automobile ou l'aéronautique. Nous cherchons également à optimiser l'employabilité dans chaque région, en prenant en compte ses spécificités. Par exemple, les infrastructures solides dont bénéficie la région de Marrakech sont sous-exploitées. C'est pourquoi nous pensons qu'il est temps d'accompagner, en formation, l'essor industriel de la région", estime Lahcen Daoudi.
La mise en place de ces projets bénéficie également de l'appui et du soutien de plusieurs groupes industriels, à l'image du groupe Alstom, leader mondial dans le secteur des transports.
Un autre volet concerne les fusions de facultés, d'écoles et d'universités. "Nous espérons à travers cela atteindre des tailles critiques, qui permettront de créer des effets de synergie. Ces fusions permettront également de développer le domaine de la recherche scientifique au Maroc", conclut Lahcen Daoudi.
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