Abdelali Doumou: Qu’est ce qui fait courir le transfuge de l’USFP au PPS?
Abdelali Doumou député ex-USFPiste depuis 2011 a rejoint officiellement les rangs du PPS pour se présenter au prochain scrutin législatif. Ce ralliement suscite des critiques de ses anciens amis du courant Zaïdi et un étrange silence des dirigeants du parti de la rose.
A l’approche des législatives, les partis resserrent leurs rangs, tandis que certains de leurs membres se choisissent une nouvelle famille politique, quitte à trahir leurs anciens alliés d’opposition.
C’est le cas de Abdelali Doumou, exclu de l’USFP après avoir rejoint les sécessionnistes d’Alternative Démocratique, dont il était un des initiateurs aux côtés du défunt Ahmed Zaidi.
Un temps pressenti à la tête de ce parti dont la création officielle vient d’être invalidée par le tribunal administratif de Rabat, Doumou s'est finalement joint dimanche 17 juillet aux troupes du PPS.
Si son ralliement au parti du livre était prévisible depuis quelques mois, la nouvelle suscite plusieurs réactions dans la grande famille de la gauche déchirée entre opposition et majorité.
Joint par Médias 24, Nabil Benabdellah, secrétaire général du PPS, s’est dit ravi d’accueillir l’ex-frondeur de l’USFP, avec qui il affirme partager les mêmes convictions idéologiques et politiques.
"Ce n’est ni le premier ni le dernier ralliement, car plusieurs anciens de l’USFP, comme Souad Zaidi nous ont rejoints. Ceci montre simplement l’attractivité de notre parti, qui se positionne comme une force capable de fédérer et de symboliser les valeurs de gauche à l'avenir", déclare-t-il en écourtant la conversation.
Dans sa famille d’origine, personne n’a voulu réagir à ce ralliement de l'opposition à la majorité gouvernementale. Sollicités, Driss Lachgar et Habib El Malki, respectivement premier secrétaire et président de la commission administrative nationale de l’USFP, ont gardé un silence gêné face à ce "non événement".
Seul Younes Moujahid, porte-parole du parti de la rose, s’est contenté de nous déclarer que l’USFP respectait son choix et qu’il n’avait pas à intervenir ou à juger la pertinence de ce ralliement politique.
C’est du côté de ses anciens amis du parti "Alternative Démocratique", que les critiques fusent le plus contre "ce transfuge, qui a préféré faire un choix opportuniste en quittant l’opposition pour se faire une place au soleil avec ses anciens adversaires de la majorité, favoris du futur scrutin législatif".
Virulents contre leur ancien allié, les sécessionnistes de l’USFP ont cependant tous préféré le critiquer sous le sceau de l’anonymat. Un des leaders du nouveau parti interdit n’a pas hésité à affirmer que Doumou s’était allié au PPS après avoir été empêché par la base d’AD de prendre sa tête.
Selon lui, ce dernier a été dépité par le rejet des anciens amis sécessionnistes qui lui ont préféré au départ Tarik Kabbaj, avant de désigner Ali El Yazghi pour diriger le nouveau parti de gauche.
«Même si nous avons longtemps bataillé ensemble à l’USFP, puis avec le regretté Zaidi pour rénover la gauche, je suis persuadé qu’il a fait ce choix partisan par pur opportunisme politique. Il a dû penser que c’était sa dernière chance de devenir ministre quitte à dépasser la ligne rouge du PJD».
Un autre compagnon de route qui a quitté l’USFP sans rejoindre AD ne s’est pas dit surpris par son ralliement: «Avant d’avoir une éventuelle cerise (maroquin ministériel), il a choisi d'accéder au gâteau comme tête de liste du PPS dans son fief à Kelâat Sraghna au futur scrutin du 7 octobre», ironise-t-il.
Il juge «abjecte» la récente sortie médiatique où Doumou déclarait avoir rejoint le PPS car le peuple refuse la création de micro-partis dont il avait pourtant été un des initiateurs avant de le renier.
«Je suis très divisé, car c’est un vieil ami, avec qui nous partageons beaucoup d’idées, mais dès la création du courant Ouverture et démocratie, il n’a pas été clair sur ses intentions. Après le retrait des poids lourds comme Tarik Kabbage et Ahmed Reda Chami d'AD, il a jugé que ce parti n’offrait plus de garantie pour continuer sa carrière politique et s’est donc tourné vers le PPS».
Nonobstant l’alliance de ce parti progressiste avec le très conservateur PJD, il est vrai que l’ancien militant socialiste n’avait pas d’autre choix que de s’allier avec les camarades de Nabil Benabdellah.
Malgré nos nombreuses tentatives de le contacter pour qu’il nous éclaire sur son choix politique, Abdelali Doumou est resté sourd à nos appels et à nos messages téléphoniques.
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