Un rapport parlementaire constate les promesses et les contraintes de la politique industrielle
Une commission de la Chambre des conseillers s’est chargée de l’évaluation de quelques politiques publiques phares, dont le Pacte national de l’émergence industrielle et le Plan d’accélération industrielle.
Après avoir examiné le Plan Maroc Vert, la commission parlementaire de Abdelkrim Mehdi, représentant de la CGEM, s’est penchée sur les politiques publiques ayant marqué le secteur de l'industrie.
Dans son rapport, la commission parlementaire revient tout d'abord sur les exploits et réalisations du Pacte national de l’émergence industrielle, précurseur de l'actuel Plan d’accélération industrielle. Le Pacte, qui s’est étalé sur la période 2009-2014 a permis, entre autres, de mieux positionner le Maroc sur les métiers de l’automobile et de l’aéronautique, et d'élever la contribution de l'industrie dans les exportations marocaines.
L'industrie automobile marocaine a connu une transition remarquable avec l’inauguration de l’usine de Renault à Tanger, en février 2012. Cette unité, dont la capacité productive s’élève à 340.000 voitures par an, a permis d’ériger la région en véritable pôle de l’industrie automobile, souligne le rapport.
En effet, le complexe automobile bâti autour de l'usine Renault attire de plus en plus d’entreprises européennes et américaines spécialisées dans la fabrication de pièces d’automobile: Les accords conclus entre le gouvernement et celles-ci ont ainsi permis de créer plus de 3.200 emplois directs, avec un investissement total de 1,8 MMDH. Par ailleurs, les exportations annuelles de l’industrie automobile ont grimpé de 125% entre 2009 et 2012.
L’essor s’est également observé au niveau du secteur de l’Aéronautique. En 2016, le secteur compte 106 entreprises et emploie plus de 10.000 personnes. En 2012, ses exportations se sont établies à 6,5 MMDH.
Le secteur recouvre à présent un large ensemble d'entreprises offrant différents produits et de services: production de pièces et de composants, services d’installation, de maintenance, de conseil, etc.. Le secteur a réussi à attirer des géants mondiaux de l’aéronautique, notamment Airbus, Boeing ou Bombardier.
Par ailleurs, et dans ce contexte marqué par le développement accéléré des industries automobile et aéronautique, le secteur des industries électroniques suit la tendance, eu égard à son rôle de fournisseur aux industries précitées. Les exportations des industries électroniques sont passées de 5,1 MMDH en 2009 à 7 MMDH en 2012, enregistrant un TCAM de 11%.
PAI: des objectifs ambitieux, mais un sentier épineux
Le Plan d’Accélération Industrielle, initié par le ministère de l'industrie et s’étalant sur la période 2014-2020, s’est voulu comme une continuité logique du Pacte national de l’émergence industrielle, visant à renforcer les acquis de celui-ci.
Dans ce sens, le plan d’accélération industrielle affiche des objectifs ambitieux, dont la création de 500.000 emplois à l’horizon 2020, ainsi que l’augmentation de la part de l’industrie dans le PIB de 9 points, la faisant ainsi passer de 14% à 23%.
Pour accompagner le déploiement de ce plan, le ministère table sur plusieurs incitations: la création et l’animation d’écosystèmes industriels, ou le soutien financier (notamment à travers la création du fonds de développement industriel), entre autres.
Au niveau de l'évolution des exportations des différentes filières industrielles, voici les résultats qui ressortent de l’application du Plan d’émergence industrielle jusqu'au février 2016, tels que rapportés par la commission parlementaire dans son rapport:
Les évolutions enregistrées demeurent encourageantes pour quasiment tous les secteurs. Toutefois, la commission parlementaire relève quelques obstacles à l'application saine du PAI qui font de la réforme de l'industrie marocaine un sentier bien épineux.
Outre la carence du pays en énergie, ressource vitale à l’industrie, le rapport relève également les problématiques du sous-financement du secteur industriel, du manque de créativité et des contraintes technologiques du secteur, de la concurrence de l’informel, ainsi que de la difficulté de l'accès au foncier industriel, sujet à une forte spéculation.
D’une autre part, le rapport relève aussi le problème des disparités au niveau des différentes régions du Maroc. Il souligne également que la contribution de l’industrie dans les exportations marocaines demeure encore faible malgré les avancées enregistrées dans ce sens, en ajoutant que les mesures visant à soutenir les PME, noyau de l’industrie marocaine, peinent à être efficaces.
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