Législatives. Omar Balafrej: La FGD vise les abstentionnistes qui sont le 1er parti du Maroc
La Fédération de la gauche démocratique (FGD), a de grandes ambitions pour les élections du 7 octobre. Omar Balafrej, qui portera ses couleurs dans la circonscription de Rabat Océan, livre à Médias 24 la stratégie de cette coalition de 3 partis, qui veut "devenir le 1er parti du Maroc, en 2021".
Médias 24: La FGD qui existe depuis à peine un an, est-elle prête à participer à la campagne législative?
Omar Balafrej: Nous avons fait en sorte de remobiliser nos équipes, qui ont accompli un travail remarquable aux élections de 2015. Notre campagne sera essentiellement basée sur un réseau de bénévoles, qui feront du porte-à-porte pour convaincre les indécis et surtout les abstentionnistes.
-Après votre élection dans la commune de Rabat-Hay Riad, vous êtes tête de liste de Rabat-Océan.
-J’ai effectivement été désigné pour cette circonscription qui englobe les quartiers de l’Agdal, de l’Océan, de Yacoub El Mansour et et Akkari, qui constituent 50% du périmètre de la capitale. Rabat compte deux circonscriptions législatives, dont 4 sièges sont à pourvoir dans ma zone et trois dans celle de Rabat-Chellah.
-Avez-vous des vraies chances d’être élu à Rabat?
-Absolument, car le mode de scrutin quasi-uninominal qui diffère de celui des élections locales et l’instauration d’un seuil électoral à 3% font que seules les têtes de liste peuvent passer.
Le PJD, qui est le favori, doit obtenir environ 20.000 voix et la FGD doit doubler à tripler son score de 2015, en passant de 2.400 à 6.000 suffrages. Cela se jouera donc à très peu de voix et semble plus que jouable.
-Quel sera votre principal adversaire?
-Que ce soit au niveau de ma circonscription ou au niveau national, la principale difficulté consistera à gérer l’abstentionnisme.
Le challenge sera de faire basculer vers nos rangs les abstentionnistes, qui constituent le 1er parti du Maroc. Pour y arriver, il faut prouver aux déçus de la politique que la FGD est différente des autres.
-Combien pensez-vous récolter de sièges à la Chambre des représentants?
-Notre objectif assumé est de décrocher un groupe parlementaire, soit une vingtaine de députés.
-Ce chiffre n’est pas un peu irréaliste, sachant que la FGD n’a qu’un an d’existence?
-Nous comptons convaincre les nombreux abstentionnistes pour dépasser les 300.000 voix au niveau national. La FGD pense y arriver, car les échos sont favorables et l’élan de sympathie est indiscutable.
A titre personnel, je serais déçu si nous obtenons moins de 15 sièges, car nous avons effectué un grand travail de sensibilisation auprès des électeurs potentiels.
-Quels moyens ont été alloués pour arriver à ces résultats plus qu’optimistes?
-Notre budget national est ridicule, d’autant plus que nous ne bénéficions d’aucune subvention publique. La FGD aura simplement droit comme tous les petits partis à une avance de 300.000 DH. Nous nous appuyons surtout sur des donateurs privés et des militants pour financer nos frais.
Heureusement que nous disposons d’un important vivier de bénévoles dévoués, car aucun parti ne fait appel au bénévolat, hormis le PJD, qui dispose de militants efficaces pour le tractage.
-Qu’en est-il de votre programme électoral?
-Il n’a pas encore été validé, mais au niveau économique, nous proposons une révision profonde de la fiscalité, avec la mise en place d’un impôt progressif sur le capital et sur l’héritage. Elle permettra d’équilibrer la taxation du capital par rapport à celle du revenu et de financer des secteurs défaillants, comme l’éducation et la santé.
Au niveau sociétal, nous militons pour une réforme du code pénal, avec la suppression de plusieurs articles liberticides (adultère …).
-Comment comptez-vous convaincre une partie de ces millions d’abstentionnistes?
-Nous avons entamé un travail pédagogique, qui a pour ambition de nous positionner comme la seule voie de recours. Notre formation prône une troisième voie, car nous refusons la bipolarisation, qui pousse les autres partis à se ranger soit derrière le camp du PJD, soit derrière celui du PAM. Cette bipolarisation les arrange bien, même si je n’exclus pas qu’ils s’allient dans le prochain gouvernement
-Une alliance avec un de ces partis leaders est donc exclue?
-Nous refusons d’être leur succursale et d’être vampirisés comme l’ensemble de la classe politique. Il n’y aura donc aucun rapprochement avec eux, car nous refusons leurs choix politiques, qu’ils soient économiques ou sociétaux (libertés individuelles …).
Nous réclamons une vraie monarchie parlementaire. Nous sommes à l’opposé de ces partis et constituons la seule alternative à ce choix binaire. L’abstentionnisme de masse prouve que les Marocains refusent la bipolarisation du champ politique.
-Qu’en est-il des autres partis de gauche? Aucun ne trouve grâce à vos yeux?
-La plupart d’entre eux se vident progressivement de leurs électeurs, qui deviennent abstentionnistes.
Le PPS n’existe plus en tant que parti, car il s’est transformé en succursale du PJD. Une alliance avec l’USFP n’est pas envisageable, du fait de sa volonté de faire front commun avec le parti du tracteur.
Au final, il y a le camp des suiveurs du PJD et celui des suiveurs du PAM. Le seul avec qui nous aurions pu entamer un rapprochement est Alternative démocratique, qui a finalement été interdit par les autorités.
La FGD ne cherche pas à récupérer ou à convertir les membres d’autres partis politiques, car notre vrai cœur de cible est le réservoir énorme des citoyens qui refusent de se rendre à l’isoloir.
Notre discours est réservé aux dix millions d’abstentionnistes pour les faire venir ou revenir aux urnes.
-Il y a donc peu de chances que vous participiez à une coalition gouvernementale en 2016?
-Aucune, car notre priorité est de convaincre nos futurs électeurs que nous pouvons faire de la politique autrement. Si nous décrochons un groupe parlementaire, nous ferons de l’opposition constructive, en faisant preuve de consensus ou de lutte acharnée quand nous le jugerons utile.
-Quel est votre objectif pour les futures législatives de 2021?
-Devenir le 1er parti du Maroc, pour être en mesure de diriger le gouvernement.
Les résultats d’octobre 2016 seront édifiants, mais l’élan de sympathie et le fort réservoir d’abstentionnistes nous rendent très optimistes. Cet espoir est exprimé en mon nom propre, mais je pense qu’il est partagé par les trois composantes de la FDG que sont le PSU, le PAGDS et le CNI.
à lire aussi
Article : Le musée du continent africain devrait ouvrir à la fin de 2027 (Mehdi Qotbi)
Porté par la Fondation nationale des musées, le futur musée du continent africain a franchi une étape décisive. Le président Mehdi Qotbi nous annonce que le plus grand complexe muséal d'Afrique, dont les travaux de gros œuvre ont dépassé 85%, entre dans sa phase finale avant une ouverture au public lors du dernier trimestre 2027.
Article : Le jardinier marocain de Jany Le Pen expulsé vers le Maroc pour séjour irrégulier
Selon une information révélée par Le Parisien, Hatim B., un Marocain de 32 ans qui effectuait des travaux de jardinage chez Jany Le Pen, veuve de Jean-Marie Le Pen, a été expulsé le jeudi 23 avril vers le Maroc. En situation irrégulière en France depuis 2017, il faisait l’objet d’une mesure d’éloignement décidée par le préfet des Hauts-de-Seine.
Article : Maghreb : une visite américaine dans un contexte de pression croissante sur l’Algérie
Annoncée par le département d’État, la tournée de Christopher Landau, du 27 avril au 1er mai, intervient dans un contexte marqué par l’implication croissante de Washington dans le suivi du dossier du Sahara et de ses prolongements onusiens.
Article : Ordre des experts-comptables : le scrutin s’annonce serré (liste)
Le scrutin du 21 mai pour le renouvellement du Conseil national de l’Ordre des experts-comptables met en concurrence 41 candidats pour 11 sièges. Parmi eux, se dégagent des profils issus de grands cabinets internationaux, comme EY, Deloitte, Mazars, BDO, KPMG ou Grant Thornton, des figures expérimentées déjà présentes dans les instances de l’Ordre et des profils plus récents, illustrant les équilibres internes de la profession.
Article : Protection des femmes victimes de violence : lancement officiel de la cellule centrale à Rabat
À Rabat, le ministère de la Solidarité a lancé la cellule centrale de prise en charge des femmes victimes de violence, chargée de renforcer la coordination institutionnelle, de superviser les structures territoriales et d'améliorer l’accompagnement juridique, psychologique et social des victimes.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI chute de 1,69%, les volumes grimpent à 667 MDH
La Bourse de Casablanca a clôturé la séance du 24 avril 2026 en baisse, avec un MASI en recul de 1,69% à 18.815,18 points. Les échanges ont atteint 667,11 MDH, dominés par Managem, Minière Touissit et Attijariwafa bank.