Driss Lachgar sort son autobiographie:“Le temps d'une troisième alternance”
Driss Lachgar a sorti un ouvrage autobiographique, présenté officiellement le mardi 6 septembre, dont la séance de dédicace a eu lieu à Casablanca. A un mois du scrutin du 7 octobre, le patron de l'USFP y plaide pour une troisième alternance, après celles des gouvernements Youssoufi et Benkirane.
L'ouvrage de 145 pages proposé au prix de 15 DH se veut à la fois une autobiographie du premier secrétaire de l'USFP et un manifeste du parti qu'il dirige depuis 2012. A un mois des législatives "Le temps d'une troisième alternance" peut être également perçu comme un livre de campagne, puisque l'auteur avait lui même insinué - lors d'une conférence de presse - que les autres leaders politiques devraient lui emboîter le pas.

"Un parcours sans faille"
Driss Lachgar introduit son ouvrage en faisant un bref crochet par les idéaux de gauche qui l'ont incité à rejoindre la famille Ittihadie en 1970, pour ensuite revenir sur le 9e congrès de l'USFP en 2012, durant lequel il a été élu premier secrétaire du parti. "Je n'ai pas été parachuté. Une simple lecture de l'histoire prouverait que ma réussite était le couronnement d'un parcours sans faille" a-t-il écrit dans un premier chapitre.
Se remémorant les moments forts de son enfance et de sa jeunesse, Driss Lachgar cite dans un second chapitre les événements politiques des années de plomb - arrestations arbitraires, enlèvements, procès politiques - qui ont influencé son choix de faire des études en droit et en sciences politiques pour devenir avocat.
"J'ai trouvé un parti en décadence"
"Personne ne peut nier la situation de décadence dans laquelle se trouvait le parti lorsque j'en ai pris les rênes", a-t-il accusé. Driss Lachgar cite parmi les causes principales de cette situation: "l'expérience de l'alternance et l'incapacité de mettre en valeur les aspects positifs de son bilan, la mauvaise gestion des conflits internes ou la perte du sens organisationnel chez les Ittihadis". Le leader USFPiste précise avoir œuvré pour la structuration du parti, l'assainissement de son patrimoine ou le processus de réunification avec les courants qui avaient choisi de claquer la porte à l'instar de ceux de Bouzoubaa (PSD) ou Benatik (PT).
"Ibtissam Lachgar n'est pas ma fille"
Même s'il se définit comme moderniste et apôtre des libertés notamment individuelles, Driss Lachgar a tenu à clamer haut et fort que certains médias omettent de préciser que l'activiste "controversée" Ibtissam Lachgar du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI) n'est pas sa fille. Allusion étrange que le patron du parti de la rose qualifie - avec "autres campagnes médiatiques anti-Lachgar" - de "coups en dessous de la ceinture".
Viendront ensuite plusieurs chapitres consacrés à "ses réalisations et à ses actions" à la fois quand il était parlementaire - durant trois mandats entre 1993 et 2007 -, ministre chargé des relations avec le Parlement dans le gouvernement Abbas El Fassi et patron de l'USFP.
Force est de constater que ces derniers sont rédigés dans un style défensif rejetant en bloc toutes les critiques de ses détracteurs. "Harassés par mon activisme et ma lutte, les lobbies corrompus m'avaient privé de briguer un quatrième mandat à travers leurs manœuvres" a-t-il accusé. Et d'ajouter: "mon investiture en tant que ministre a suscité un débat violent auprès de l'opinion publique nationale. Un clivage avait vu le jour entre partisans et adversaires, que ce soit au sein du parti ou ailleurs".
Lachgar cloue Benkirane au pilori
"Si le gouvernement Youssoufi est connu pour ses chantiers de réformes politiques et le gouvernement Jettou pour ses réformes économiques, quelles sont ceux du gouvernement Benkirane?" s'est demandé Driss Lachgar, dans l'un des derniers chapitres, consacré au bilan du gouvernement Benkirane.
Réforme de la Caisse de compensation ou celles des retraites et de la justice. Aux yeux de Driss Lachgar, toutes ces réformes sont soit "court-termistes", "nominales" ou "faites au détriment des citoyens".
"Le gouvernement a commencé son mandat par la démagogie et le sentimentalisme, en publiant une liste des bénéficiaires des agréments de transport et qui existait bien avant", assène le premier secrétaire de l'USFP
Selon lui, "le gouvernement n'a pratiquement rien fait" dans des secteurs comme l'enseignement ou dans des domaines comme les droits et les libertés, la lutte contre la corruption ou contre le chômage.
"Comment voulez-vous que des opérateurs économiques investissent dans le pays, alors que Benkirane parle de l'existence de deux gouvernements et de deux Etats au Maroc?", conclut Lachgar sur un ton véhément ce chapitre contre le gouvernement Benkirane, qui a, selon lui, "raté la deuxième alternance".
"Le Maroc, de nouveau au bord de la crise cardiaque"
"Il n'est pas nécessaire d’être économiste pour savoir que notre pays est de nouveau au bord de la crise cardiaque, à cause des politiques du gouvernement" écrit Driss Lachgar dans les derniers chapitres.
Pour élaborer le programme du parti de la rose, le patron de l'USFP a précisé avoir chargé les experts du parti, sans recourir aux compétences externes, pour trouver des "solutions réalistes". En plus de disserter sur des thématiques de la gauche telles que la justice sociale, le renforcement des libertés et des droits, Driss Lachgar a défendu l'instauration de l'amazigh dans les documents administratifs et les instituts de formation dans le secteur des médias, qui selon lui ne dépendent pas d'une loi organique.
Comment se fera la troisième alternance? "C'est ce que dicteront les urnes le 7 octobre prochain," réplique Driss Lachgar. Avec qui? "Les forces modernistes et progressistes". Sur quelle base: "Un nouveau contrat, entre les partis et la société marocaine".
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