Ilyas El Omari: “Benkirane nous insulte pour masquer son échec”
Le secrétaire général du PAM était l’invité du mouvement Damir pour débattre de sa vision de la future législature. Cela a été l’occasion de s’attaquer à la rhétorique guerrière et aux échecs du chef du gouvernement et de présenter ses premières mesures en cas de succès au scrutin du 7 octobre.
Lors de la cinquième rencontre avec les chefs des grands partis politiques, ce jeudi 22 septembre, le mouvement Damir a reçu Ilyas El Omari au complexe culturel Al Hamadani de Casablanca.
Pendant trois heures, celui qui affirme croire fermement en ses chances de constituer une alternative au PJD a pointé du doigt les échecs du gouvernement sortant,"dus à l’idéologie passéiste de son chef".
"Benkirane se croit obligé d’attaquer notre parti pour masquer son maigre bilan. Comme par hasard, il utilise un concept inventé par les frères musulmans dont il est proche pour dénigrer leurs ennemis. Le terme de départ Attamkin, transformé en Attahakoum est devenu son insulte favorite", accuse El Omari .
Il poursuit que le chef du PJD essaye de trouver un bouc émissaire, alors qu’il pourrait évoquer les contraintes imposées par le FMI ou se lamenter de l’arrêt des pluies ou de la faillite des secteurs de la santé ou de l’éducation.
Revenant sur la genèse du PAM, souvent dénoncée comme une réminiscence des années de plomb par les SG du PJD et du PPS, El Omari avance qu’au regard de la montée de l’intolérance (Inezgane, Nador, Al Hoceima …), son parti constitue une chance pour le champ politique marocain.
"Nous ne prétendons pas être les seuls à œuvrer pour la modernité, mais nous occupons une place essentielle pour contrebalancer les forces archaïques d’obédience islamiste et leurs alliés. Je vous laisse imaginer le Maroc d’aujourd’hui sans le PAM, qui se bat pour les libertés individuelles".
Selon El Omari, pendant son mandat à la tête de la coalition gouvernementale, le conservatisme du PJD s’est contenté de diviser et de multiplier les rapports de force avec toutes les composantes du pays.
"Depuis 1956, le Maroc n’a jamais eu autant besoin de réconciliation nationale. En cinq ans, je n’ai pas souvenir que Benkirane se soit concerté avec les femmes ou qu’il se soit intéressé au dossier des droits humains ou de la culture. La seule fois où il a entamé un semblant de dialogue, c’était, contraint et forcé, après des grèves ou des menaces de paralysie sociale", accuse le SG du PAM.
Hormis son manque de communication (assimilé à de l’autoritarisme), Ilyas El Omari résume le bilan économique du Chef du gouvernement à quelques chiffres qu’il a martelés plusieurs fois :
"Il avait promis 7% de croissance/an mais en 2016, nous atteindrons à peine 1,5%. Si vous enlevez l’accroissement démographique de 1,6%, nous obtenons un taux négatif de moins 0,1%. Qu’est-ce que cela aurait été, s’il n’y avait pas eu 4 années consécutives de récoltes exceptionnelles et une économie record des dépenses de l’Etat grâce à la baisse du prix du pétrole?"
Croyant à ses chances de devenir chef du prochain gouvernement, le secrétaire général s’est engagé à prendre des mesures radicales pour enrayer "les dérives idéologiques de son prédécesseur".
"Dans les trois mois qui suivront mon éventuelle désignation, nous annulerons la réforme des retraites en redémarrant un débat avec les partenaires sociaux. Idem pour le projet de code pénal, nous l’expurgerons de ses articles liberticides qui nous ramènent des siècles en arrière.
"Pour prendre en compte les aspirations de ceux qui sont ignorés (jeunes, femmes, artistes ..), le gouvernement se réunira tous les trois mois avec les associations représenatives. Notre crédo sera le débat. Ainsi, la loi organique sur l’amazigh fera l’objet de nouvelles discussions pour satisfaire la population amazighe qui n’a pas été consultée par Benkirane", a conclu El Omari.
Abdelilah Benkirane ayant décliné l'invitation du mouvement Damir, le dernier invité de ces rencontres sera Nabila Mounib (PSU), qui s'exprimera vendredi 23 septembre à 9 heures dans les locaux du complexe Al Hamadani.
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