Nabila Mounib: “Le PJD est un parti rétrograde, le PAM est un parti dopé”
Le 4 octobre, Nabila Mounib, secrétaire générale de la FGD était l'invitée d'Hespress. Dans une discussion diffusée en direct sur le site, elle s'est livrée au jeu des questions réponses, n'hésitant pas à épingler ses adversaires. Le PAM et le PJD en prennent notamment pour leur grade.
Ci-dessous, une sélection de ses déclarations:
>Le PAM et le PJD, une fausse bipolarité
" La bipolarité PAM-PJD est artificielle. Cette idée a été promue par des médias officiels, qui essaient de nous acculer à voter soit pour l'un, considéré comme le pôle conservateur, soit pour l'autre, présenté comme le pôle moderniste."
>Je ne m'allierai jamais avec..
"Il m'est impossible de m'allier avec un parti qui considère la polygamie comme étant quelque chose de naturel, (…) ou avec un parti qui accepte le mariage des mineures, en faisant fi des causes qui poussent les parents à marier ces filles. Je ne peux accepter ceux qui approuvent les petites filles comme travailleuses de maison, ni ceux qui bafouent le droit à la retraite et les droits des travailleurs, et qui sont contre le dialogue social. Je n'accepte pas non plus ceux qui mettent à mal l'école publique, en cédant au privé les terrain publics, encore moins ceux qui désirent privatiser le secteur de la santé…"
>Le Pam est un parti dopé
"Nous n'acceptons pas, au 21e siècle, qu'un parti préfabriqué et dopé nous gouverne. Un parti que les Marocains ne respectent pas, car ses membres ne tiennent pas leurs promesses, tout en se faisant passer pour des gens qu'ils ne sont pas".
>Le PJD est un parti rétrograde
"Le PJD n'est pas un parti conservateur, c'est un parti rétrograde. Cette formation, qui préside ce que l'on appelle à tort le pôle conservateur, tente de criminaliser les intentions. Ces gens là, malgré leur ministre de la Justice, ont passé sous silence la justice de la rue".
"Ces gens-là (PJD) se sont érigés en défenseurs de l'islam, alors qu'ils n'en ont pas le droit. L'islam est la religion de tous les Marocains. (…) Ces gens-là ont idéologisé la religion, qu'ils utilisent comme fonds de commerce, afin d'extorquer les voix des citoyens."
"Le PJD parle timidement du tahakoum, mais n'a en réalité aucun problème avec l'oppression."
>Il y a la FGD, et les autres
"Aucun parti ne représente vraiment les Marocains. Aucun parti ne peut dire qu'il est le plus fort."
"Sur les trente-trois partis existants, une vingtaine sont des partis administratifs, préfabriqués et sans aucune marge de manœuvre. Qu'ils se remettent en question, où qu'ils nous laissent travailler."
"De 2011 à maintenant, nous n'étions pas en hibernation, en attente des élections, pour glaner des sièges au Parlement et aller y dormir, comme ces dormeurs."
"Nous ne rêvons pas. Il existe vraiment une possibilité de mettre en place une opposition forte. Même si les jeux sont frauduleux."
"Notre présence est une valeur ajoutée au paysage politique. Le programme que nous avons proposé, nous sommes prêts à le réaliser dès demain, si les Marocains veulent que ce soit le cas."
"Notre programme n'est pas utopique. Il est audacieux mais réaliste. Aucun autre programme ne revendique une réforme constitutionnelle et politique. Tout le monde est favorable au jeu et veut en tirer son épingle."
>La monarchie est incontestable, mais nous la voulons parlementaire
"Certains attendent toujours la mise en œuvre de la Constitution. Moi je dis qu'on ne peut pas mettre en œuvre démocratiquement une Constitution qui n'est pas démocratique. Certains de ces articles centralisent tous les pouvoirs dans les mains de l'institution monarchique. Le Roi y est l'acteur principal et l'arbitre. La Constitution de 2011 est venue dans un contexte important, mais n'a pas répondu au besoin le plus important, à savoir la monarchie parlementaire."
"Comparée à celle qui l'a précédée, la Constitution de 2011 comporte des points positifs. Mais elle n'est qu'une révision. Nous, nous croyons en la rupture, pas en la politique des petits pas."
"Pris de manière superficielle, mon discours est interprété comme une défiance envers le Roi. Or, aujourd'hui, personne ne conteste la monarchie, mais nous voulons également la démocratie."
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