3 nouveaux écosystèmes et 1 discours d’adieu aux textiliens
Le ministre de l’Industrie et du commerce a fait un long discours élogieux face aux membres de l’Amith, présents à la signature jeudi 6 octobre de trois nouveaux écosystèmes dans le secteur. En jeu: plus de 16.000 emplois, un CA additionnel de 8,4 milliards de DH et 20 projets d’investissement.
C’est un Moulay Hafid Elalamy blagueur, décontracté et usant de son habituelle autodérision qui s’est adressé jeudi 6 octobre aux industriels du textile, soit la veille de la fin de son mandat dans l’actuel gouvernement.
L’occasion était la signature de trois nouveaux écosystèmes dans la maille, le textile de maison et le textile à usage technique.
Ces trois contrats de performance ont pour objectif à l’horizon 2020 de:
-créer environ 16.800 emplois, essentiellement dans la région de Casablanca-Settat: 8.000 dans la maille, 4.400 dans le textile de maison et 4.400 autres emplois dans le textile technique.
-réaliser un chiffre d’affaires additionnel de 8,4 milliards de DH -dont 2,5 milliards à l’export-: 3,1 milliards dans la maille, 2,4 milliards dans le textile de maison et 2,9 milliards dans le textile technique.
-réaliser 20 projets d’investissement portés par des locomotives: 10 dans la maille, 5 dans le textile de maison e 5 autres dans le textile à usage technique.

Afin de concrétiser ces objectifs, un set d’accompagnement a été mis en place, y compris la mise à disposition de 63 ha de foncier, dont près de 40 ha dans la région de Casablanca-Settat. Le reste est réparti entre Tanger-Tétouan-Al Hoceima (8,77 ha), Fès-Meknès (6,37 ha), Rabat-Salé-Kénitra (2,67 ha), l’Oriental (2,37 ha) et Souss-Massa (2,57 ha).
"Si vous avez besoin de plus de foncier, nous étudierons tout dossier, mais il faut savoir que ni la spéculation, ni le retard dans la réalisation des projets dans les délais convenus ne seront tolérés", a tenu à souligner le ministre de l’Industrie.
"Les astres se sont alignés pour le textile au Maroc"
MHE en est convaincu. Le textile va bien aujourd’hui. Et il ira encore mieux dans l’avenir. "J’ai assisté à cette psychose collective qui donnait le secteur pour mort. J’ai douté comme vous. Mais la roue tourne, le secteur connaît une nouvelle vie, une nouvelle phase, où les astres se sont alignés pour le textile au Maroc", a-t-il déclaré aux industriels du secteur.
"Sur les 500.000 du PAI, nous avons décidé que 100.00 revenaient au textile, un secteur vital pour le Maroc. Les résultats à date sont très encourageants: 31.000 emplois ont déjà été créés depuis la signature en février 2015 des trois premiers écosystèmes–fast fashion, denim et distributeur national. 37 investissements, dont 15 locomotives et 22 PME ont été réalisés, 31.000 emplois créés et 910 MDH d’investissement comptabilisés", a-t-il ajouté pour étayer ses propos, tout en saluant les efforts consentis par l’Amith.
Le nouveau modèle chinois favorise le Maroc
"Le secteur était malade face à la concurrence chinoise. Aujourd’hui, le Maroc a repris de la compétitivité et la Chine a changé de modèle économique. Le salaire minimum en Chine est passé de 100 dollars il y a très longtemps à 500 dollars actuellement, avec un objectif de 1.500 dollars à l’horizon 2020, comme nous l’avait confié à huis clos le président chinois lors de la dernière visite royale", a confié MHE.
"85 millions d’emplois quittent la Chine et sont récupérés d’abord par les pays du pourtour et puis sous d’autres contrées. Forts de ce constat, les Américains considèrent également qu’ils vont récupérer de l’emploi chinois. Le Maroc doit aussi en profiter. Les Chinois ont compris qu’il valait mieux venir s’installer au Maroc pour garder leurs clients".
"Ne criez pas au loup devant votre banquier"
Dans son speech, MHE a donné quelques conseils aux texiliens qui n’ont eu de cesse de parler de crise dans le secteur depuis quelques années.
"Les banquiers tout comme les assureurs ou les industriels sont de la même race. Quand vous avez un gros client et en même temps un détaillant, vous vous occupez en priorité du gros client. Les banquiers font de même. Quand le secteur est porteur, ils sont là. Quand il l’est moins, ils ne le suivent plus.
"Crier au loup est donc la pire chose à faire avec le banquier. Quand on dit que son secteur est mort et qu’on demande des crédits, on a peu de chances d’avoir une réponse positive".
"L’informel de bouche ne me dérange pas"
Pour lui, c’est le gros informel structuré qui exerce une concurrence déloyale et qui est donc à combattre. Le petit informel ne le dérange pas, et il n’en fait pas une priorité.
"Quand je parle du ministère, ce n’est pas de moi que je parle. Je ne fais pas partie des vraies gens du ministère, ceux qui restent. J’appartiens à l’autre catégorie, celle de passage", a-t-il lancé, comme un clin d’œil au scrutin du 7 octobre.
"Si la contrebande est un fléau et qu’elle tue le business, il faut se serrer les coudes et qu’on aille l’attaquer ensemble avec la contribution de la douane, du ministère du Commerce extérieur…. Tous ces problèmes ne peuvent être soignés qu’avec des dossiers concrets, ciblés avec des propositions de remèdes (…). Il faut que vous sachiez que Sa Majesté veille personnellement sur le suivi du PAI, les dossiers stratégiques, ce qui bloque, les éventuelles difficultés… ".
Normalisation: oui, mais non
MHE a été catégorique. Il s’est dit farouchement opposé à toute forme de normalisation qui vise à bloquer des importations pourtant faites dans les règles de l’art. "On ne mange pas de ce pain au Maroc. Je sais que nos exportations sont parfois bloquées pour de mauvaises raisons. Mais le Maroc en tant que pays crédible n’a de choix que de combattre les mauvaises pratiques et non pas d'agir par réciprocité", a-t-il souligné.
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