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Guergarate et Minurso discutés au Conseil de sécurité de l'ONU: voici les 3 options

Le Conseil de sécurité des Nations unies a tenu ce mardi 18 octobre une réunion à huis-clos sur le dossier du Sahara, sur le futur de l’action de la Minurso et la tension à Guergarate. Christopher Ross pourrait revenir au Maroc en marge de la COP22 et Kim Bolduc propose un nouveau processus de recrutement du personnel civil.

Guergarate et Minurso discutés au Conseil de sécurité de l'ONU: voici les 3 options
Jamal Amiar
Le 18 octobre 2016 à 18h17 | Modifié 11 avril 2021 à 2h38

C’est la deuxième fois depuis le mois de septembre que le Conseil de sécurité (CS) traitera du dossier du Sahara. Il est présidé par la Russie en octobre.

Sur la Minurso, le secrétariat général des Nations-Unies (ONU) et Rabat n’ont pas entièrement résolu leurs divergences après l’expulsion par le Maroc de 73 membres civils de la mission onusienne de Laâyoune en mars dernier.

25 de ces civils sont retournés dans le chef-lieu des provinces du Sud fin août, mais l’ONU et Rabat continuent de diverger sur le sens de “pleine fonctionnalité“. Rabat avait pris cette mesure  suite aux déclarations, début mars du secrétaire général sortant des Nations-Unies Ban Ki-moon  sur “l’occupation“ au Sahara au sujet de la politique marocaine de recouvrement de sa pleine intégrité territoriale.

La Minurso propose de nouveaux recrutements

Ce mardi 18 octobre, la responsable de la Minurso Kim Bolduc a proposé de mettre en place un nouveau processus de recrutement pour les membres civils de la Minurso qui pourraient revenir à Laâyoune. Rabat n’a pas encore réagi à cette proposition ce mardi soir.

Quant à la situation à Guergarate, on a appris ce mardi que la Minurso suit de près la tension près du mur de défense en menant des patrouilles sur le terrain et par hélicoptère.

A Guergarate au sud-ouest du Sahara,  le Maroc a entrepris à la mi-août d’asphalter une route frontalière avec la Mauritanie et de dégager des centaines de véhicules abandonnés par les trafiquants dans la zone.

 Militaires marocains et des membres du polisario se font face à quelques dizaines de mètres de distance des deux côtés du mur de défense édifié par l’armée royale. L’accord de cessez-le-feu conclu sous la supervision des Nations-Unies en 1991 prévoit l’absence d’hommes armés sur cinq kilomètres de chaque côté du mur.

La veille, lundi 17 octobre, l’ambassadeur du Maroc auprès de l’ONU Omar Hilale a accusé le polisario de “politiser“ une opération de sécurisation de la zone et de lutte contre le trafic de contrebande.

Depuis, chaque partie reste campée sur ses positions et l’ONU a déployé 12 observateurs militaires près de la ville-frontière à la fin de l’été.

Depuis le mois d’août dernier, le secrétariat général des Nations-Unies a envoyé plusieurs notes aux 15 membres du Conseil de sécurité les informant “des tensions croissantes et des risques de confrontation armée“.

L’ONU a également proposé une suspension du chantier de la route -4 km sur un total de 7 km- ou de le confier à une tierce partie. Le Maroc a objecté à ces propositions invoquant notamment le fait que le chantier était conduit avec l’accord de Nouakchott et après information du siège new yorkais des Nations-Unies.

De son côté, Christopher Ross à New York ce mardi a fait le point sur le dossier et indiqué qu’il poursuivait ses efforts pour organiser un 5e round de négociations entre le Maroc et le polisario comme préconisé par la résolution 2285 du 29 avril dernier.

C’est dans ce contexte que l’on apprend que Ross pourrait faire une escale à Rabat à la mi-novembre, en marge de sa venue à la COP22 à Marrakech. Ross avait souhaité se rendre à Rabat en septembre dernier, mais Rabat a invoqué la campagne électorale des législatives et les tractations pour former un nouveau gouvernement pour demander un report de cette visite.

Trois options

Au terme des rapports présentés par Christopher Ross et Kim Bolduc devant le CS de l’ONU ce mardi, trois options sont à l’étude selon des sources proches de l’ONU.

La première serait que le CS prenne note des rapports de Ross et de Bolduc et continue de suivre la situation.

La seconde serait pour le CS de publier un communiqué enjoignant aux différentes parties de renoncer à toute escalade et de se retirer de la zone-tampon proche de Guergarate.

La troisième option enfin, serait de reprendre le dossier dans sa globalité et demander aux parties de suivre les recommandations contenues dans la résolution 2285 du 29 avril dernier, c’est-à-dire de négocier sans pré-conditions afin d’aboutir à une solution politique.

Au sein du Conseil, la France, l’Espagne et le Sénégal défendent une implicationa minima du CS dans la double crise actuelle sur «la pleine fonctionnalité» de la Minurso et les tensions à Guergarate. Ces trois capitales souhaitent attendre l’entrée en fonctions d’Antonio Guterres pour explorer de nouvelles pistes diplomatiques.

Au sein du CS de l’ONU, Paris, Madrid et Dakar sont confrontés à l’opposition du Venezuela, de l’Uruguay ou encore de l’Angola et de la Nouvelle-Zélande.

A l’heure où Ban Ki-moon s’apprête à passer le relais du secrétariat général au diplomate portugais Antonio Guterres le 1er janvier prochain, il reste peu probable que le CS de l’ONU se saisisse d’une manière plus active du dossier cet automne.

Le départ de Ban Ki-moon pourrait notamment entraîner début 2017 la nomination d’un nouvel envoyé spécial du secrétaire général pour le Sahara, en lieu et place de Christopher Ross, qui a perdu la confiance du Maroc.

 En avril 2017 enfin, le CS devra se prononcer sur une nouvelle résolution de renouvellement du mandat de la Minurso. C’est là que se situe le principal enjeu diplomatique sur le dossier du Sahara au cours des prochains mois.

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Jamal Amiar
Le 18 octobre 2016 à 18h17

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