Pour Oxfam France, “les pays riches font la sourde oreille“
La COP22 a été aussi celle de la société civile, très active. Oxfam France, membre de la confédération Oxfam, “une organisation internationale de développement qui mobilise le pouvoir citoyen contre la pauvreté“, a diffusé le communiqué suivant, vendredi 18 novembre en fin d’après-midi, au moment où la COP22 touchait à sa fin.
“Les négociations onusiennes sur le climat, qui ont débuté le 7 novembre à Marrakech, n’ont pas réussi à combler les lacunes de l’Accord de Paris, laissant les pays pauvres et vulnérables sans réponse quant au soutien financier – indispensable – qu’ils pouvaient espérer de la part des pays riches.
“La 22e Conférence internationale sur le climat (COP22) aurait dû être celle de l’action et de la mise en œuvre concrète de l’Accord de Paris. Au lieu de cela, les ministres et les négociateurs des pays développés sont venus les mains vides. Ils se sont entêtés à faire la sourde oreille à la question du déficit de financement de l'adaptation et ont préféré fermer les yeux sur l’incapacité de l’Accord à protéger véritablement les personnes les plus touchées par le changement climatique", déclare Armelle Le Comte, chargée des questions climat et énergie pour Oxfam France.
“L’Accord qui a été signé à Paris l’année dernière ne précise pas le montant exact des financements qui doivent aller à l’adaptation dans les pays en développement, stipulant simplement la nécessité d’un 'équilibre' avec les fonds alloués aux efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Malheureusement, la réalité est toute autre.
“Les négociations de Marrakech accueillent favorablement la 'soumission' de la 'feuille de route', proposée par les pays donateurs, qui prévoit que seuls 20% des 100 milliards de dollars promis seront destinés au financement de l’adaptation d’ici 2020. En défendant cette proposition, les ministres des pays donateurs ont montré leur indifférence face à cet important déséquilibre.
"Il ne s’agit pas de chiffres déconnectés de toute réalité", insiste Armelle Le Comte. "Il s'agit de fournir aux agriculteurs en Afrique des semences qui résistent à la sécheresse pour leur permettre de nourrir leurs familles, de construire des digues afin que des millions de personnes vivant sur les côtes survivent à la hausse du niveau des mers, ou encore de mettre en place des systèmes d’alerte précoce."
"La réponse internationale reste pourtant largement en deçà des besoins sur le terrain. Il ne s’agit pas seulement de solidarité, mais de la responsabilité historique des pays développés envers les pays en développement."
“La France doit prendre sa part de l’effort. En votant, dans le cadre de l’examen du Projet de loi de Finances 2017, une Taxe sur les transactions financières (TTF) ambitieuse, élargie aux opérations intra-journalières, elle pourrait dégager de 3 à 5 milliards de recettes budgétaires supplémentaires, et ainsi augmenter significativement les financements dédiés à l’adaptation de manière considérable.
“Quant aux pays vulnérables, ils n’attendent pas pour agir: quarante-sept d'entre eux viennent de s’engager pour 100% d'énergie renouvelable. Les pays riches doivent également remplir leur part du contrat.
“Le résultat de l'élection américaine a jeté une ombre sur les négociations. Malgré l’incertitude, le reste du monde reste engagé dans la lutte contre le changement climatique. L’ensemble des pays a signé la 'Proclamation de Marrakech', confirmant leur volonté de lutter contre le changement climatique et 'd’inspirer la solidarité, l'espoir et les opportunités' pour les générations actuelles et futures».
“Le Premier ministre des îles Fidji, qui prend la présidence de la prochaine COP en 2017, a parlé avec force de la 'nouvelle ère terrifiante' à laquelle son pays est confronté en raison du changement climatique.
«L'accord de Paris a été sans aucun doute historique, mais des millions de personnes confrontées à des conditions météorologiques extrêmes et erratiques ne peuvent plus se permettre d'attendre. Nous espérons que la 'COP du Pacifique' attirera l’attention du monde entier sur les risques encourus par les petites îles du Pacifique et partout dans le monde, et poussera les pays riches à mobiliser les fonds dont les plus vulnérables ont besoin", déclare Armelle Le Comte.
à lire aussi
Article : Le musée du continent africain devrait ouvrir à la fin de 2027 (Mehdi Qotbi)
Porté par la Fondation nationale des musées, le futur musée du continent africain a franchi une étape décisive. Le président Mehdi Qotbi nous annonce que le plus grand complexe muséal d'Afrique, dont les travaux de gros œuvre ont dépassé 85%, entre dans sa phase finale avant une ouverture au public lors du dernier trimestre 2027.
Article : Le jardinier marocain de Jany Le Pen expulsé vers le Maroc pour séjour irrégulier
Selon une information révélée par Le Parisien, Hatim B., un Marocain de 32 ans qui effectuait des travaux de jardinage chez Jany Le Pen, veuve de Jean-Marie Le Pen, a été expulsé le jeudi 23 avril vers le Maroc. En situation irrégulière en France depuis 2017, il faisait l’objet d’une mesure d’éloignement décidée par le préfet des Hauts-de-Seine.
Article : Maghreb : une visite américaine dans un contexte de pression croissante sur l’Algérie
Annoncée par le département d’État, la tournée de Christopher Landau, du 27 avril au 1er mai, intervient dans un contexte marqué par l’implication croissante de Washington dans le suivi du dossier du Sahara et de ses prolongements onusiens.
Article : Ordre des experts-comptables : le scrutin s’annonce serré (liste)
Le scrutin du 21 mai pour le renouvellement du Conseil national de l’Ordre des experts-comptables met en concurrence 41 candidats pour 11 sièges. Parmi eux, se dégagent des profils issus de grands cabinets internationaux, comme EY, Deloitte, Mazars, BDO, KPMG ou Grant Thornton, des figures expérimentées déjà présentes dans les instances de l’Ordre et des profils plus récents, illustrant les équilibres internes de la profession.
Article : Protection des femmes victimes de violence : lancement officiel de la cellule centrale à Rabat
À Rabat, le ministère de la Solidarité a lancé la cellule centrale de prise en charge des femmes victimes de violence, chargée de renforcer la coordination institutionnelle, de superviser les structures territoriales et d'améliorer l’accompagnement juridique, psychologique et social des victimes.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI chute de 1,69%, les volumes grimpent à 667 MDH
La Bourse de Casablanca a clôturé la séance du 24 avril 2026 en baisse, avec un MASI en recul de 1,69% à 18.815,18 points. Les échanges ont atteint 667,11 MDH, dominés par Managem, Minière Touissit et Attijariwafa bank.