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Lorsque le patron de Facebook commente les élections américaines

Face au Brexit qui fait vaciller l'Union européenne et aux engagements protectionnistes du prochain président des Etats-Unis, Donald Trump, le sommet de l'Asie-Pacifique prône en réponse toujours plus de connectivité pour accroître la prospérité.

Lorsque le patron de Facebook commente les élections américaines
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Le 21 novembre 2016 à 10h11 | Modifié 21 novembre 2016 à 10h11

Invité à plancher sur la "révolution de la connectivité" lors de ce forum, qui réunit à Lima patrons d'entreprises et dirigeants des 21 économies de la région, le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, a délivré un message très politique.

La victoire inattendue de Donald Trump a laissé le secteur technologique américain dans une position inconfortable, obligé de composer dans l'avenir avec un président dont il ne voulait pas et confronté au risque de politiques défavorables pour lui.

"Comme nous l'avons appris cette année, et élection après élection, bien que la mondialisation permette d'augmenter la taille du gâteau, elle crée aussi des inégalités. Elle aide certaines personnes mais en blesse d'autres. Nous ne devons laisser personne derrière", a déclaré le fondateur du réseau social, accusé d'avoir contribué à la victoire du magnat de l'immobilier en laissant circuler de fausses informations sur son réseau.

"Nous sommes face à un choix fondamental pour combattre l'inégalité", a déclaré Mark Zuckerberg.

"Nous pouvons déconnecter, risquer moins de prospérité et espérer que les emplois perdus reviendront", a-t-il dit dans une allusion à peine voilée au candidat républicain.

Donald Trump a su capter la colère d'un électorat populaire laissé sur la touche de la mondialisation en promettant un tour de vis protectionniste censé protéger l'emploi américain de la concurrence low-cost chinoise ou mexicaine.

"Ou nous pouvons nous connecter davantage, essayer de réaliser de meilleures choses. Développer la prospérité et tout faire pour la partager entre tous", a poursuivi Mark Zuckerberg.

"Sacré retour de bâton"

"Il n'y a aucun doute que la seconde voie est la meilleure. Mais il faut reconnaître que c'est aussi la plus difficile. Déconnecter est relativement facile", a estimé le dirigeant du réseau aux 1,79 milliard d'utilisateurs.

Améliorer la connectivité mondiale, en contribuant à apporter un accès internet aux personnes qui n'en ont pas encore, est l'une des grandes priorités à dix ans affichées par Facebook, parallèlement à des travaux sur l'intelligence artificielle et sur la réalité virtuelle.

Ses différents produits ou projets, dont les drones solaires quasi géostationnaires pour apporter internet dans les régions les plus reculées du globe, étaient présentés ce week-end au sommet de l'Organisation de coopération économique Asie-Pacifique (Apec).

Google a un projet un peu similaire, Loon, qui utilise des montgolfières.

"La connectivité qui s'oppose au repli sur soi, c'est la nouvelle gauche et droite de la politique", a résumé lors d'une table ronde Matthew Bishop, un des responsables de la revue The Economist.

Dans leur projet de déclaration finale, les dirigeants des 21 pays de l'Apec, qui représentent 60% du commerce mondial et 40% de sa population, soulignent d'ailleurs que "le renforcement de la connectivité va permettre de trouver de nouvelles sources de croissance économique et de rapprocher les économies de l'Apec en tant que communauté".

Mais "si vous donnez internet à quatre milliards de personnes ou Facebook à sept milliards de personnes, vous allez avoir un tas de gens qui sont profondément mécontents avec le statu quo, qui se méfient au plus haut point de Mark Zuckerberg ou de Microsoft, des PDG, des banques, de l'Apec, de l'ONU, de nos gouvernements...", a prévenu Ian Bremmer, le président du cabinet Eurasia Group.

Avec internet et les réseaux sociaux, "vous leur donnez des mégaphones et cela va provoquer un sacré retour de bâton", a-t-il ajouté.

"Ce qui ne veut pas dire que nous ne voulons pas les connecter, mais qu'il faut être prêt à en assumer les conséquences politiques", a souligné M. Bremmer.

(Avec AFP)

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