Football: Un derby sur fond de crise financière au Raja et au WAC
Ce dimanche, le 121e derby se joue sur fond de crise financière chez les Verts et chez les Rouges. Avant le coup d’envoi du match, analyse des comptes des deux clubs.
Inédit dans l’histoire des rencontres WAC-Raja, les deux clubs disputeront un deuxième derby consécutif loin du stade Mohammed V à Casablanca.
Après Tanger, le derby se jouera au Grand stade d’Agadir, le 27 novembre. Ce déplacement forcé tombe mal pour les deux clubs qui traversent une crise financière. Déclarée chez les Verts, silencieuse chez les Rouges.
Au Raja, les caisses sont vides
Le 6 juin 2016, l’association Raja club athlétic (RCA) a un nouveau président en la personne de Said Hasbane. Le nouveau patron du club hérite d’une lourde ardoise de 20 millions de dirhams (MDH). Une dette cumulée durant le mandat du président sortant Mohamed Boudrika.
L’ère de ce jeune président se termine en outre sans l’adoption d’un rapport financier final. De facto, le club casablancais est plongé dans un profond coma financier. Cette situation se traduit par des arriérés dans les paiements de fournisseurs, des impayés à la CNSS, des joueurs sans salaires ni autres primes depuis six mois, et pour couronner le tout, l’association a été interdite de chéquier durant des mois. En clair, le club est au bord de la cessation de paiement.




M’hamed Fakhir, coach du club, menace de jeter l’éponge si le président n’intervient pas pour remédier à cette situation. Malgré ce contexte déplorable, Hasbane, nouveau président du Raja, se veut rassurant et promet de régler une partie de ces arriérés d’ici fin novembre 2016.
Le club compte sur les recettes du derby pour renflouer sa trésorerie. D’ailleurs, le Raja a doublé le prix des tickets du derby, dans l’espoir d’augmenter ses recettes.
Au WAC, «Merci, président»!
Du côté du WAC, la situation n’est meilleure qu’en apparence.
L’association Wydad athlectic club (WAC) n’a pas tenu son Assemblé générale (AG) annuelle cette année.
Le flou entoure le rapport financier qui n’a pas été adopté par les adhérents depuis deux saisons. «L’AG se tiendrait à la mi-décembre», annonce un membre du comité directeur du WAC. Et de préciser: «La situation financière n’est ni mauvaise ni excellente. Nous sommes presque à l’équilibre. La saison dernière, nous étions pénalisés par la fermeture du stade Mohammed V, ce qui représente un manque à gagner important». Ces pertes ont été compensées, partiellement, par les primes réalisées grâce au parcours du WAC en Ligue des champions d’Afrique.




Sauf que les finances du WAC continuent d’être plombées par une dette de 27,7 MDH envers l’ex-président Abdelilah Akram (11 MDH) et l’actuel président Said Naciri (16 MDH). Bien sûr, tous ces chiffres sont provisoires et devraient être confirmés par le nouveau rapport financier, très attendu en décembre prochain.
Cette situation financière complexe de deux grands clubs casablancais trouve son explication dans l’évolution budgétaire de la Botola Pro. Face à l’explosion des charges, en l’occurrence des salaires des joueurs et des entraîneurs (voir graphiques) la situation financière de tous les clubs est fragile.
Au final, la bonne santé financière du WAC ou du Raja est tributaire de la capacité d’un président à mobiliser des fonds sous formes de prêts ou dons à son club.
«Si le WAC arrive à se maintenir, c’est grâce au soutien continu de son président. Nous sommes plus dans une situation de mécénat que dans une gestion économique saine», lâche ce membre dirigeant du WAC.
Une situation de dépendance qui peut mal se terminer. D’ailleurs, l’ex-président Akram poursuit en justice, via son entreprise Plein Ciel, le WAC pour recouvrir des dettes de fournisseur.
Le temps d’un derby, ces hostilités financières devront connaître une trêve. Durant 90 minutes, les deux camps, WAC et Raja, supporteront leur équipe pour le meilleur et pour le pire.
Indicateurs clés: (en millions de DH)
Raja (saison 2015-16)
Produits: 100 MDH
Charges: 120 MDH
WAC (saison 2014-15)
Produits: 64,5 MDH
Charges: 60 MDH
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