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Forum d’Alger: la politique intérieure prend le dessus sur l’investissement en Afrique

Le Forum sur l’investissement en Afrique tenu à Alger les 4 et 5 décembre a révélé une mauvaise organisation et d’importantes différences entre le gouvernement et le secteur privé. Ci-dessous, nous publions une synthèse des témoignages d’observateurs anglo-saxons spécialisés dans le risque en Afrique du Nord, qui se trouvaient sur place.  

Forum d’Alger: la politique intérieure prend le dessus sur l’investissement en Afrique
Jamal Amiar
Le 19 décembre 2016 à 14h22 | Modifié 11 avril 2021 à 2h39

Les principaux enseignements de l’événement algérois sont “qu’en fin de compte, l’Etat a toujours raison“ et que s’agissant des acteurs privés ou challengers de l’autorité de l’Etat, “il ne faut voler ni trop haut, ni trop près du soleil“.

Un troisième enseignement  du Forum d’Alger est que ces luttes intestines entre membres de la nomenklatura politico-militaire et les chefs d’entreprise n’aboutissent au bout du compte qu’à affaiblir le pays et à entretenir sa vulnérabilité, dans un environnement fragilisé.

Outre le fait que l’Algérie gère ses affaires avec un Président malade depuis plusieurs années et un prix du pétrole à la baisse, les frontières du pays, plus de 6.000 km au total, sont fermées côtés marocain, libyen, malien, nigérien et partiellement côté tunisien!

Selon des observateurs présents à Alger les 4 et 5 décembre derniers, la mauvaise logistique de l’événement est apparue dès les premiers moments, avec des retards dans le respect du programme, des problèmes au niveau du transport des invités et même une importante désorganisation durant les pauses cafés.

Dès l’ouverture du forum et la prise de parole du Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, les premiers couacs allaient faire surface. Alors que M. Sellal finit de parler et que le ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra devait prendre la parole, ce fut le patron du Forum des chefs d’entreprise algériens (FCE, patronat)  Ali Haddad qui monta à la tribune. C’est cet instant que le Premier ministre Sellal et sa suite de cinq ministres (AE, énergie, industrie, commerce, télécommunications) choisirent pour se lever et quitter  la salle.  (vidéo ci-dessous)

D’un coup, plus de 50 personnes s’étaient levées et quittaient la salle au milieu du discours du président du patronat algérien.


Protocole et bras de fer

Selon le programme de l’ouverture du forum, le président du FCE Ali Haddad ne devait intervenir qu’après les discours de Sellal, mais aussi de ses ministres des AE et du commerce.

Interrogé par la presse, Ali Haddad du FCE expliquera qu’ il ne fallait pas donner plus d’importance à ce passage,  car le Premier ministre devait partir. Ce forum de l’investissement en Afrique est censé marquer le début d’une offensive du secteur privé algérien en Afrique et donner une image de sérieux et de crédibilité aux invités de l’événement. Cependant ni Issab Rebrab, principal investisseur algérien en Afrique, ni la présidence de la Banque africaine de développement (BAD) n’ont estimé nécessaire d’être présents à Alger début décembre.

Selon un observateur présent sur place, les invités du forum, au lieu de passer leur temps à traiter leurs affaires, ont du coup passé beaucoup de temps à tenter de comprendre ce qui s’était passé entre le Premier ministre Sellal et le patron des patrons Haddad.

Pour certains, le forum a été l’occasion de “remettre Haddad à sa place“, pourtant considéré comme un proche de Saïd Bouteflika.  A Alger, l’Etat -ce que l’on en voit et ce que l’on en perçoit- est prééminent et il est prêt à tout pour garder sa prééminence. Même à humilier ses meilleurs entrepreneurs en public.

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Jamal Amiar
Le 19 décembre 2016 à 14h22

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