Le cabinet BDO dévoile les résultats de son baromètre de transmission des entreprises au Maroc
Regroupant des données auprès de dirigeants de PME, ce baromètre se veut une cartographie des problématiques de transmission d’entreprise au Maroc et des leviers permettant de la faciliter.
40% des dirigeants d’entreprises familiales au Maroc n’ont jamais songé à la transmission de leur entreprise, et ne pensent pas le faire à moyen terme. C’est le chiffre dévoilé par le cabinet d’audit marocain BDO dans son baromètre de transmission des entreprises au Maroc.
A vrai dire, la préparation de la transmission est dans la majorité des cas plutôt subie (fatalité et transmission familiale via l’héritage, à titre d’exemple) qu’un choix véritable. Conséquence: les transmissions sont souvent mal ou pas du tout préparées et engendrent un risque sur la pérennité des entreprises.
Avec 35% de dirigeants ayant déjà réfléchi à la transmission ou en train de céder leur entreprise, ainsi que 25 % de dirigeants ayant repris ou racheté leur entreprise à un tiers ou à un membre de la famille, le marché actuel de la transmission représente 60% des entreprises familiales.
Les raisons incitant les dirigeants d’entreprise à vouloir céder ou transmettre leur entreprise sont de 4 ordres:
- La moitié des dirigeants questionnés invoquent des raisons liées au secteur d’activité (conjoncture économique, reconversion dans un autre secteur…);
- 3 à 4 dirigeants sur 10 évoquent le besoin de constituer un patrimoine financier ou des raisons liées à l’entreprise (répondre à des difficultés, opportunités de capitalisation, de développement);
- Un peu plus du quart (27%) des chefs d’entreprise parlent de raisons personnelles (départ à la retraite, santé…);
- Les entreprises familiales mettent en avant les raisons comme des difficultés liées à l’entreprise ou la nécessité de recapitalisation pour développer de nouvelles opportunités et pérenniser l’activité.
Par rapport à 2011, les entreprises sont deux fois plus nombreuses à évoquer les raisons liées au secteur d’activité (50% contre 28%), la recherche d’un bon deal financier (35% contre 15%), ou des raisons liées à la pérennisation de l’entreprise (27% contre 15%). Par contre, les raisons personnelles sont deux fois moins souvent citées : 27% contre 55% en 2011.
57% des dirigeants optent ou opteraient pour la vente de leur entreprise à un tiers. La transmission familiale est plutôt privilégiée par les entreprises familiales, même si elles sont moins nombreuses à préférer cette piste (53% en 2016 contre 67% en 2011). Ceci dit, aucune entreprise du panel n’a proposé l’introduction en Bourse comme moyen de transmission.
En outre, l’expert-comptable constitue le prestataire privilégié par les dirigeants d’entreprise pour les accompagner dans une opération de transmission et ce à hauteur de 70%.
Les amis, proches et autres relations professionnelles sont sollicités par 8% des interrogés, surtout les repreneurs (14%) et les entreprises familiales (12%).
Les partenaires juridiques (avocats, notaires) viennent en troisième position, avec 7% des préférences. Les cabinets de conseil sont surtout préférés auprès des entreprises familiales et les repreneurs, avec respectivement 12% et 7% des préférences, contre 3% en moyenne.
Seulement 4% des entreprises interrogées,, toutes des repreneurs, sont au courant de l’existence d’un portail de la transmission d’entreprise au Maroc. 90% des dirigeants seraient intéressés par l’utilisation de ce portail à l’avenir, s’ils se trouvaient dans la perspective d’acquérir ou de céder une entreprise.
L’étude débouche également sur quelques recommandations: à titre d’exemple, il est recommandé de désigner un organisme unique auquel les vendeurs pourront s’adresser pour obtenir des renseignements ou des conseils.
Les recommandations sont également d’ordre fiscal: Il est ainsi proposé d’exonérer la société cible de l’impôt sur les sociétés pendant les 3 ou 5 premiers exercices, de réduire l’impôt sur les plus values de cession, lorsque le profit revient au cédant ou si la plus-value est réinvestie dans une PME, et d’instaurer un statut fiscal spécial pour les capitaux privés mobilisés pour la continuité de l’entreprise et/ou pour l’investissement local.
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