Le Maroc examine une ratification de l'Acte constitutif de l'UA
Le projet d'adhésion du Maroc à l’Union Africaine crée une situation d’urgence qui nécessite un déblocage rapide des institutions. C’est la lecture qui s’impose au vu de l’ordre du jour du conseil de gouvernement tenu ce lundi 9 janvier à Rabat. Un dossier aux implications politiques externes et internes.
Lundi 9 janvier: le conseil de gouvernement a examiné et pris connaissance du “projet de loi n°01-17 relatif à l’Acte constitutif de l’Union Africaine et de ses protocoles additionnels“.
Le projet de loi est probablement inscrit à l’ordre du jour du conseil des ministres de ce mardi 10 janvier. Ce qui signifie que le Maroc veut aller vite et lever à l’avance les obstacles mis par ses adversaires devant son adhésion.
Contacté par Médias24, Brahim Fassi Fihri, président fondateur de l'Institut Amédeus et excellent connaisseur des enjeux africains, estime que "le Maroc veut aller vite, pour siéger dès le prochain sommet sans attendre le suivant; et qu'il veut servir l'Afrique au plus vite".
Une portée africaine
On le sait, l’obstacle principal que mettent les adversaires du Maroc, est l’accusation selon laquelle le Maroc ne reconnaîtra pas l’Acte constitutif de l'UA. Voire d’exiger que la demande d’adhésion elle-même soit accompagnée de l’Acte signé.
Le Maroc a besoin de 28 voix. Il dispose déjà de plus de 40, favorables à son adhésion.
En principe, c'est le sommet qui prononce l'adhésion après que le nombre de voix requis ait été constaté par la commission. Ensuite, il faudra attendre de déposer les instruments de ratification. Ce qui signifie qu'au mieux, le Maroc ne siègerait qu'au sommet de juillet 2017.
Les adversaires du Maroc sont au nombre de cinq, l'Afrique du Sud, la Namibie, le Mozambique, l'Angola et l'Algérie. Ils essaient par tous les moyens de bloquer l'adhésion du Maroc.
Chaque année, à la mi-janvier, s’ouvre la grande rencontre annuelle de l’Union Africaine. Le sommet proprement dit est prévu pour les 29 et 30 janvier. Si le Maroc veut disposer de la ratification d’ici cette date, le délai est extrêmement serré.
Des implications intérieures
Il faudrait en effet l’adoption en conseil des ministres, qui aura probablement lieu ce mardi 10 janvier. Ensuite, faire démarrer le Parlement. Toute la difficulté est là.
Le dossier du Sahara est vital pour le Maroc. Le retour dans le cénacle africain viendra renforcer la position du Maroc.
Le second effet de cette ratification est d’ordre politique interne. Comment adopter ce projet de loi sans Parlement?
Le redémarrage du Parlement n’est pas chose aisé. En principe, il nécessite que la majorité soit constituée au préalable, car il faut élire le président, le bureau et les commissions. Ensuite, et seulement ensuite, adopter le projet de loi.
Il reste 20 jours pour le faire.
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