Clémentine. Le marché interne tire la filière vers le bas
Ce petit agrume termine 2016 et démarre 2017 en difficulté. Des prix très bas, des fruits mal calibrés, des restrictions imposées par le marché américain… La réorganisation du marché interne ainsi que la mise en place de nouvelles stations de conditionnement et d’entrepôts frigorifiques s’imposent, selon des professionnels.
Cette année, la campagne des petits agrumes, en particulier la clémentine de Berkane, a connu des difficultés. En plus des problèmes à l’export vers les USA à cause des larves de mouches, les fruits ont été pour une bonne partie abîmés et trop petits. Les prix de gros se sont effondrés pour atteindre 0,50 centime/kg, voire moins, alors que le prix au détail atteint 5-6 DH. En d'autres termes, les exploitants qui sont dans ce cas perdent de l'argent.
"Il s’agit d’une crise passagère due aux mauvaises conditions climatiques. Les fortes chaleurs de l’été ont fait que la taille des fruits n’a pas évolué. Les clémentines pour la plupart de petits calibres ont été difficilement commercialisables à l’export. Ces quantités ont été déversées sur le marché intérieur à des prix très bas", souligne Ahmed Derrab, SG de l’Association des producteurs d’agrumes du Maroc (Aspam).
"Cette crise conjoncturelle renvoie toutefois à des problématiques de fond relatives à l’organisation du marché local, absorbant 70% de la production, et profitant essentiellement aux intermédiaires. Elle renvoie également à la nécessité de mettre en place des stations de conditionnement dans la région du centre, de mettre à niveau celles déjà existantes et d’encourager la création d’entrepôts frigorifiques permettant de sauvegarder la qualité des fruits jusqu'à un mois et demi", précise-t-il.
Au Maroc, une quarantaine de stations de conditionnement existent, selon les professionnels. Plus des 2/3 de ces unités sont concentrés entre Berkane et le Souss. D’autres régions de production comme le Gharb, Beni Mellal et le Haouz en sont dépourvues.
L’idée est de subventionner ces stations qui permettront de disposer de fruits calibrés, triés, valorisés et pouvant obtenir de meilleurs prix. Selon les estimations de source professionnelle, une station de 20.000 tonnes nécessite un investissement variant entre 80 et 120 MDH, avec des difficultés d'exploitation provoquées par la saisonnalité.
La reconversion vers d’autres variétés d’agrumes est également évoquée par des professionnels. Cela peut se faire selon deux possibilités:
- En arrachant les anciens arbres et en plantant de nouveaux à la place, si les premiers sont vieux (35-40 ans). A cet âge, ils produisent peu et mal.
- Les garder et sur-greffer une autre variété. Dans ce cas de figure, il faudra compter deux à trois ans pour obtenir les premiers résultats.
L’objectif est de disposer in fine d’un verger diversifié et équilibré entre les variétés d’oranges (Navel, Sanguine et Maroc Late) et les petits agrumes dont la clémentine en faisant jouer la carte de l'appui de l'Etat.
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