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Imposantes obsèques de Cheikh Hamza Boutchichi dans son fief de l'Oriental

Les obsèques du cheikh Hamza Ben El Abbas, décédé mercredi 18 janvier, ont eu lieu jeudi à Madagh, dans un climat de recueillement et des débordements d'émotion. Des milliers de disciples et de personnalités publiques étaient présents, notamment les conseillers du Roi, Fouad Ali El Himma, Yassir Znagui et Omar Azziman, le ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Taoufiq, le ministre de l'Intérieur, Mohammed Hassad.  

Imposantes obsèques de Cheikh Hamza Boutchichi dans son fief de l'Oriental
El Mehdi Berrada [Reportage à Madagh: Samir El Ouardighi & Mehdi Jaouhari]
Le 19 janvier 2017 à 17h58 | Modifié 11 avril 2021 à 2h39

La disparition du grand maître de la Tariqa Qadirriyya Boutchichiyya, cheikh Hamza Ben El Abbas a retenti au Maroc et à l'étranger. Le cheikh était une personnalité très importante dans le paysage religieux. 

Le 18 janvier 2017 restera une date pour le soufisme marocain, et mondial aussi. La disparition du grand maître de la Tariqa Qadirriyya Boutchichiyya,  à l’âge de 95 ans, a ému ses disciples dont une parte réside dans les quatre coins du globe. 

Ci-dessous, photo en 360° réalisée par Médias24 lors de la cérémonie de levée du corps. Avec le curseur, explorer la photo.

"Il a été le cheikh de la plus grande et plus importante confrérie en Afrique du Nord. Lors des évènements religieux qu’abritait la Zaouia, il y avait parfois des dizaines de milliers de personnes venues du monde entier", nous explique Mountassir Hamada, écrivain, chercheur au Centre marocain des études et recherches sur le Maghreb (CMEM).

Une réponse à un besoin

Le cheikh Hamza incarnait, lui et la Zaouia boutchichiyya, une certaine forme de soufisme dans laquelle de nombreuses personnes se retrouvaient. L’essor de la confrérie Boutchichiyya a commencé à l’époque de son défunt père, feu cheikh Abbas.

"La Tariqa en tant que confrérie est arrivée à un moment durant lequel il fallait répondre à des besoins et exigences spirituelles et mystiques d'une certaine catégorie de la population. Une frange beaucoup plus citadine et bien plus instruite composant la nouvelle classe moyenne urbaine s’y est retrouvée", explique un anthropologue à Médias24.

La Tariqa de la confrérie Boutchichiyya s’est installée comme une réponse au soufisme populaire qui existait au Maroc dans les années 60. Il était représenté par les Aïssawas par exemple. Ceux-là étaient avant tout moins savants que la Tijania ou la Boutchichiyya. Elles étaient aussi dans un syncrétisme plus festif, plus rituel et bien plus populaire.

Dans les centres urbains, il y a eu une sorte de "demande" et une ruée vers une mystique plus savante, plus axée sur les aspects spirituels. Le Maroc connaissaît à l’époque un changement, même au niveau de l’individu. Le "Marocain" devenait plus citadin, plus ouvert sur le monde et il commençait même à comparer l’offre spirituelle qui se présentait à lui.

"La Tariqa Boutchichiyya a donné à la religiosité une autre dimension qui s’oppose à la dimension revendicative et politique qu’on trouve chez les salafistes ou encore les islamistes politiques", soutient cet anthropologue. C’est aussi la raison pour laquelle on retrouve beaucoup d’intellectuels et de gens d’une grande importance qui se rendent à la Zaouia chaque année. "Elle est aussi encouragée par des forces politiques, rappelons-le", précise-t-il.

La personne du cheikh

C’est cet ensemble d’éléments qui procure à la Zaouia Boutchichiyya un rayonnement international. Il faut dire aussi qu’elle est importante parce qu’elle touche des élites, contrairement aux autres confréries. "Aujourd’hui, elle a de l’importance car beaucoup de décideurs en font partie, des intellectuels et l’élite marocaine aussi en plus du rayonnement à l’international", analyse notre interlocuteur.

C’est sur ce point précisément que la personne du cheikh peut être importante, dans le sens où c’est lui qui véhiculait le message et qui était la façade de la confrérie. "Il est vrai que la Boutchichiyya connut ses plus belles années avec le cheikh Hamza, mais nous ne pouvons pas réduire la Zaouia à la personne du cheikh", estime Mountassir Hamada.

Ce sont généralement les gens qui adhèrent à la confrérie qui vont chercher à sublimer l’image du cheikh. Ils vont en parler d’une façon émerveillée, alors qu’en réalité, les disciples adhèrent pour l’ensemble de l’offre spirituelle. "Quel que soit le cheikh qui va le remplacer, le principe est le même. Ils vont rester dans la continuité de ce qui a déjà été fait depuis les années 1960", prévoit notre anthropologue.

Ci-dessous, photo en 360° réalisée par Médias24 lors de la cérémonie de levée du corps. Avec le curseur, explorer la photo.

 

 

D’ailleurs, le recrutement des disciples se fait par cooptation et beaucoup cherchent désespérément à les rejoindre, selon nos interlocuteurs. Et pour cause, ils cherchent une distinction sociale ou encore le sentiment d’appartenance à un club où on côtoie des personnes très intéressantes. "Il y a aussi beaucoup de convertis qui trouvent dans cette mystique le prolongement d’une éducation chrétienne. Ils y trouvent d’une part la religion, l’amour, la compréhension et l’épanouissement", explique notre anthropologue.

Pour résumer, la Tariqa Boutchichiyya correspond à une attente des gens moderne qui cherchent du sens et c’est la raison de son impact actuel localement et internationalement. "Elle n’aurait pas eu cet impact dans un Maroc des années 1940. Les Boutchichis correspondent à un moment de l’histoire et à ses besoins", conclut notre interlocuteur.

Médias24 a retransmis en live une partie des obséques. Ci-dessous, l'une des vidéos diffusées par nos soins dans la journée.


 

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El Mehdi Berrada [Reportage à Madagh: Samir El Ouardighi & Mehdi Jaouhari]
Le 19 janvier 2017 à 17h58

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