Céréaliculture. “A ce stade, l’année est normale”
Les dernières pluies ont permis de réduire considérablement l’effet de la gelée causée par la vague de froid. Il faudra toutefois attendre le déroulement du printemps pour se prononcer sur l’état de la récolte.
"Pour les céréales, l’année a bien commencé grâce aux précipitations de novembre. Les agriculteurs ont semé majoritairement à temps. La levée (apparition des premières pousses) a été relativement homogène partout au Maroc et c’est un très bon signe. Seulement, il y a eu un petit retard de pluie entre décembre 2016 et janvier 2017. Les dernières pluies ont équilibré la situation. Elles sont tombées à point nommé puisqu’elles ont également coïncidé avec deux opérations capitales: le désherbage et les apports d’engrais de couverture". C’est ainsi qu'Abdelmoumen Guennouni, ingénieur agronome, nous résume la situation.
"D’un point de vue météorologique et en faisant la moyenne des trente dernières années, c’est une année normale, ni mauvaise, ni exceptionnelle", en conclut-il.
En revanche, pour les agriculteurs, il est difficile de se prononcer dès à présent sur les prévisions de la campagne. "Le déroulement du printemps est déterminant pour la récolte céréalière", poursuit notre interlocuteur.
Les dernières pluies ont réduit les dégâts de la gelée
La vague de froid ayant touché ces derniers jours tout le pays, s’est accompagné parfois de gelée. "Heureusement, les dernières précipitations ont stoppé les gelées blanches", souligne M. Guennouni.
Selon la direction de la météorologie nationale, le froid persistera. Un temps stable est prévu jusqu’au 26 janvier, avec des températures toujours basses, notamment sur les reliefs de l’Atlas, les hauts plateaux et le sud-est du Royaume.
"Le froid n’est pas toujours une mauvaise chose. Les plantes en ont besoin dans leur cycle. C’est la gelée qui est à craindre car pouvant causer des brûlures si elle n’est pas suivie de pluie", explique-t-il.
Un taux de remplissage des barrages de 52,7%
"C’est un taux faible, même si on ne peut pas juger à partir d’une moyenne. Il faut savoir également qu’il y a un minimum de 25 à 30% d’envasement dans un barrage, ce qui revient à dire que la moyenne n’est que de 22 à 27%", analyse M. Guennouni.
"Il faudra faire également la différence entre les barrages à usage agricole et les autres. Ce sont les premiers qui comptent pour le secteur, mais ces données sont rarement communiquées", ajoute-t-il.
Les retenues des principaux barrages du Maroc, tous usages confondus, ont atteint plus de 8 milliards de m3 à la date du 23 janvier 2017, enregistrant un taux de remplissage de 52,7%. Ce niveau reste inférieur à celui de 2016 à la même période (65%), selon la situation journalière des barrages publiée par le ministère chargé de l’Eau.
Une forte progression a été relevée dans certains barrages tels que Dkhila qui est passé de 63,3% en 2016 à 93,2%, Sidi Driss (92,9% contre 68,9%) et Nakhla (98,2% contre 10,7%).
Les barrages Bouhouda, Sidi Said Mâachou et Mokhtar Soussi ont atteint un taux de remplissage optimal de 100%.
En revanche, les réserves d'eau ont chuté dans plusieurs barrages, notamment celui Hassan II qui est passé de 77,2% en 2016 à 18,7%, M.B.A Al Khattabi (de 53,2% à 16,7%), Hassan Addakhil (de 70% à 38,3%), Youssef Ben Tachfin (de 60,9% à 36,3%), Al Massira (de 73,7% à 42%) et Bin El Ouidane' (de 72,2% à 5%).
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