Maroc-UA: “La vision royale est le principal ingrédient de ce succès marocain“
ENTRETIEN. A la veille de l’ouverture du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba lundi 30 janvier, le président du think tank Amadeus Brahim Fassi-Fihri répond aux questions de Médias24.
Médias24: Comment analysez-vous l’officialisation du retour du Maroc au sein de l’Union africaine (UA) qui doit intervenir en début de semaine prochaine?
Brahim Fassi-Fihri: Je me réjouis que seulement six mois après le message adressé par SM le Roi au sommet de l’UA de Kigali, ce retour devient possible et effectif. L’action du Roi rend le rôle du Maroc véritablement central sur les plans diplomatique, économique, humanitaire, et celui de la résolution des conflits en Afrique.
Aujourd’hui, nous nous trouvons devant une très large majorité de pays qui soutiennent le retour du Maroc au sein de l’UA. Outre, nos amis traditionnels, le Nigéria, le Kenya, le Rwanda, la Centrafrique et la Mauritanie appuient la décision marocaine. La grande majorité des pays africains estiment positif le retour du Maroc à l’heure du panafricanisme.
-Quels éléments ont permis ce succès diplomatique?
-Je pense que la vision royale en est le principal ingrédient. Celle-ci a déjà été déclinée dans des pays-amis tels le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Cameroun ou en Guinée-Conakry, en Guinée-Bissau et à Madagascar.
La coopération du Maroc avec ces pays s’est développée sur des bases gagnant-gagnant avec la participation des principaux groupes économiques marocains.
-Le Maroc est désormais présent partout en Afrique. D’acteur régional de premier plan, il est devenu un acteur continental de premier plan.
-Le tournant, je crois, est intervenu depuis l’année dernière avec les visites effectuées au Rwanda, en Tanzanie, au Nigéria et en Ethiopie. Le Maroc est sorti de sa “zone de confort“, est allé à la rencontre de nouveaux partenaires avec des projets forts et à haute valeur ajoutée dans le domaine de l’agriculture et de l’énergie notamment.
En Afrique, on aime se montrer aux côtés du Roi, aux côtés de ce qui représente le Maroc. Le Royaume est désormais présent partout en Afrique. D’acteur régional de premier plan, il est devenu un acteur continental de premier plan.
-Quelles sont les prochaines étapes de cette action diplomatique marocaine en Afrique?
-La prochaine étape devrait intervenir lundi avec la proclamation officielle du retour du Maroc au sein de l’Union africaine. Malgré les efforts de la présidente sortante de la commission de l’UA Mme Dlamini-Zuma de pervertir les règles juridiques de l’Union africaine, elle a échoué.
Les pays-membres ont peu apprécié de voir Mme Dlamini-Zuma, sortante, prendre en otage la bonne marche de l’institution panafricaine pour des petits calculs politiques encouragés par un ou deux pays obstinément opposés au Maroc.
-Fondamentalement, que change ce retour pour la défense de l’intégrité territoriale du Maroc sur le plan international?
-Ce retour signifie que la politique de la chaise vide n’est pas payante, même si en 1984, Rabat avait ses raisons de quitter ce qui était à l'époque l’OUA, l’Organisation de l’Unité africaine.
En 1984, l’OUA avait décidé d’admettre la prétendue RASD, un mouvement séparatiste et non un Etat. On peut dire que la nature a horreur du vide. Le Polisario était soutenu et financé pour gêner le Maroc.
Mais, le Maroc revient de loin. Il ne reste aujourd’hui que 17 pays africains qui reconnaissent les séparatistes du Polisario, et parmi ces 17 pays, la grande majorité soutient le retour actuel du Maroc au sein de l’UA.
-Que va changer ce retour du Maroc pour le futur de nos relations avec les pays africains?
-La première conséquence du retour du Maroc au sein de l’UA je crois, c’est qu’il va décomplexer les rapports de beaucoup de pays africains avec le Maroc et vice-versa.
Déjà à Kigali, en juillet dernier, lorsqu’une majorité de pays ont présenté une motion de soutien au Maroc, ils ont demandé le départ de la RASD. Après toutes ces années, les Etats africains ne veulent plus siéger au sein de l’UA aux côté d’une entité fantoche. On peut imaginer que le soutien dont bénéficie la RASD va beaucoup se diluer.
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