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ECONOMIE

Grande consommation: Un mois de janvier alarmant dans l'alimentaire

Des informations concordantes font état d'une forte baisse des ventes pour des produits alimentaires de grande consommation au cours du mois de janvier. Des marques de premier plan sont touchées. Les milieux concernés s'interrogent: Baisse conjoncturelle? Effet du froid? Recul psychologique provoqué par l'attentisme politique?

Grande consommation: Un mois de janvier alarmant dans l'alimentaire
M.B. & S.E.H.
Le 2 février 2017 à 18h12 | Modifié 2 février 2017 à 18h12

Le mois de janvier 2017 a connu une baisse spectaculaire, inattendue, parfois à deux chiffres, pour plusieurs produits de grande consommation dont des marques de premier plan, constate Médias24 auprès de sources professionnelles concordantes. Les produits laitiers, les sodas, les confiseries, le chocolat, les produits alimentaires importés, sont impactés fortement.

La baisse a touché aussi les produits d’hygiène et des détergents qu’une grande multinationale vend au Maroc. La chute a été qualifiée de catastrophique par une source sûre au sein de cette entreprise qui n'est pas très optimiste pour le mois de février.

Selon des professionnels et des experts, les baisses varient pour le mois de janvier dernier entre -7% et -15%, selon les produits et les filières, entre alimentaire et produits d'hygiène.

Une tendance baissière qui a été entamée au cours du dernier trimestre de l’exercice écoulé, et qui s’est accentuée en janvier 2017: "Les baisses observées à la fin de l’année dernière ont été très fortes, et ça s’est confirmé depuis quelques semaines. La nouveauté, c’est que ça touche même le secteur des grandes et moyennes surfaces (GMS)", estime un expert qui travaille sur le terrain et qui suit de près les évolutions de la grande distribution.

Le segment GMS est très souvent le moins touché par les baisses. Le circuit de distribution dit moderne, qui représente 15% du marché des biens de la grande consommation, a lui aussi enregistré une baisse, selon les mêmes estimations.

"L’année 2017 a commencé par une tendance de forte augmentation des prix des fruits et des légumes. Cette situation a eu un impact sur le budget consommation des ménages", analyse notre observateur. En d’autres termes, les Marocains sont obligés de faire des arbitrages dans leurs achats. Ils réduisent l’enveloppe destinée à tous les produits considérés comme superflus ou moins nécessaires. "Ceci confirme que les ménages sont dans une situation de plus en plus compliquée", remarque notre interlocuteur.

L'indice de confiance des ménages est au plus bas

"Nous avons aussi remarqué qu’il y a un manque de confiance qui s’est installé et les ménages ont davantage tendance à augmenter leur épargne", explique notre source.

Le dernier bulletin relatif à l'indice de confiance des ménages (ICM) livré par le HCP l’avait annoncé au moins de novembre dernier. "L’ICM est tombé à 73,8 points au lieu de 75,7 points un trimestre auparavant. Il s’agit du deuxième niveau le plus bas depuis que l’indice a été créé au premier trimestre de l’année 2008 ", peut-on lire sur cette livraison du HCP.

Un sentiment d’une détérioration du niveau de vie et une perception pessimiste de la capacité future des ménages à épargner sont les principales conclusions du HCP. "Les familles ont peur du futur et elles préfèrent épargner, et en parallèle, il y a une cherté de la vie qui les rattrape", ajoute notre source. 

Ce phénomène touche une grande partie des ménages marocains. "Nous sommes dans un environnement où presque 85% de la population fait partie des classes moyenne à pauvre, et dépense en moyenne 30 DH par jour dans les produits de grande consommation", conclut notre source. 

Un chef d’entreprise opérant dans plusieurs secteurs dont la grande distribution, confirme la tendance gravement baissière du secteur. Il affirme que ce trend a commencé à la fin du premier trimestre 2016, pour s’accélérer en janvier 2017.

Notre interlocuteur incrimine l’attentisme politique actuel, face au retard de la constitution d’un nouveau gouvernement. Il évoque également une hausse du chômage, une baisse du pouvoir d’achat, l’absence de visibilité…, soit une incertitude générale qui sévit au sein de la population. Selon notre source, l'attentisme touche les investisseurs, les contrats, les marchés, la trésorerie et par un effet domino, toute la population.

Un dernier interlocuteur pense que le grand froid du mois de janvier a aggravé la situation, les consommateurs réorientant leurs dépenses vers des produits liés à l'amélioration de leur confort dans la vie quotidienne, comme le chauffage, les couvertures, les vêtements adaptés au froid.

Dans sa dernière conférence, le haut commissaire au plan, Ahmed Lahlimi, signalait que malgré une amélioration globale du niveau de vie, appuyée par les chiffres de son institution, les enquêtes sur le ressenti des populations montrent que le sentiment de vulnérabilité, voire de pauvreté, s’accroît avec l’amélioration des conditions de vie.

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M.B. & S.E.H.
Le 2 février 2017 à 18h12

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